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771.Plus d’information
À propos de Psyché au cinéma de Marcel Dugas, Claude Filteau analyse différentes définitions du poème en prose, pour voir si d'une part elles sont adéquates et si d'autre part elles conviennent aux textes de Dugas. Certaines de ces définitions envisagent le poème en prose du point de vue syntaxique et sémantique comme un « message » marqué par la clôture du texte et relevant de la fonction poétique telle que la concevait Jakobson. La définition du poème en prose dépend en dernier ressort de l'opposition traditionnelle entre vers et prose qui maintient le poème en prose dans l'histoire du poème en vers. Quelques textes de Dugas seulement se plient à ces définitions du poème en prose. La plupart manifestent une tendance à la description, l'argumentation, la conversation et ajoutons la narration qui les tire vers le genre de l'essai. Tout indique que le poème en prose est un genre stratégiquement non fixé pour Dugas. Dugas cultive en outre des digressions dans ses textes qui conviennent bien à l'ironie de l'« immoraliste » qu'il prétend être. Claude Filteau analyse pour terminer ce qui fait l'originalité du « cinéma en prose » de Dugas d'un point de vue phénoménologique : Dugas suppose qu'il n'y a pas de perception du réel sans une part d'imagination ou de fantasme.
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772.Plus d’information
L'écriture aujourd'hui est largement métafictionnelle. Il s'agira pour nous de démontrer le va-et-vient qu'un écrivain organise entre son oeuvre de fiction, son autobiographie ou son autofiction, et son travail théorique, qui est la plupart du temps une auto-théorisation ou une mise en rapport entre un autre écrivain qui est l'objet d'analyse et son propre travail d'écrivain, entre sa propre fiction et le cadre épistémologique dans lequel il se situe, entre sa propre écriture et une conceptualisation directe ou indirecte de celle-ci. Le travail de Serge Doubrovsky, à cet égard, retiendra ici notre attention.
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773.Plus d’information
Avec le personnage de Mik Ezdanitoff (« de la revue Comète »), Hergé a rendu hommage au Jacques Bergier de la revue Planète. Cet article propose de lire Vol 714 pour Sydney à la lumière de la philosophie, de la politique, voire de l'esthétique véhiculées au cours des années 1960 par cette revue dirigée par Louis Pauwels. On se demandera si l'intérêt que porte Hergé aux objets volants non identifiés et aux « civilisations extraterrestres » ne procède pas en partie d'une quête de rédemption politique, plus d'un quart de siècle après la « politique de présence » prônée par le roi Léopold III pendant l'Occupation de la Belgique, ce d'autant plus que, dans le texte d'introduction au premier numéro de la revue, Pauwels mobilisait une rhétorique transposant la résistance maquisarde sur le terrain du paranormal, où, cette fois, Hergé, comme d'autres anciens inciviques de la Belgique libérée (Raymond De Becker, Bernard Heuvelmans), pourrait être d'emblée du bon côté des choses, et racheter, à l'échelle cosmique, ses errances passées.
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774.Plus d’information
Cet article examine le rapport que l'individu entretient avec la société dans le roman contemporain. Comme le suggèrent les romans de Michel Houellebecq, le personnage contemporain ne se définit plus par le combat qu'il mène dans un monde opposé à ses désirs, comme ce fut le cas dans la tradition réaliste, mais par un combat d'un autre type en vertu duquel l'individu contemporain ne cesse de retomber en lui-même, de s'affaisser dans sa stérile lucidité. Mais comment cet individu triste et dépressif peut-il devenir un héros romanesque ? Houellebecq pose explicitement cette question et propose d'élargir le domaine de la lutte à tous les domaines de la vie humaine en décrivant les moindres rapports affectifs sur le modèle d'une vaste compétition sociale. À ce jeu toutefois, le seul combat possible est celui de l'effacement de soi. Chaque personnage de Houellebecq finit ainsi par disparaître sans laisser de traces, au milieu de la nuit et au plus près du néant, comme une dernière protestation contre le vide de l'existence.
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775.Plus d’information
Hebdomadaire culturel communiste né pendant la Résistance, Les Lettres françaises paraissent pour la dernière fois en octobre 1972. En guise d'éditorial, Louis Aragon, directeur du journal depuis vingt ans, y signe une nouvelle, « La valse des adieux », qui sera reprise huit ans plus tard dans le recueil Le mentir-vrai. Le texte, fortement lyrique, met en scène un je qui se propose en contre-exemple aux lecteurs, affirmant avec force l'échec de son existence pour mieux condamner l'aveuglement idéologique propre au militant. Mais voilà que ce qu'on peut décoder comme une autocritique s'exprime notamment par une promenade surréaliste dans Paris et sa périphérie, entre mémoire littéraire et histoire. À partir de la réflexion d'Aragon sur sa propre pratique de l'intertextualité, cet article entend montrer que la nouvelle, en phase avec la période romanesque de l'écrivain, exprime avant tout une lecture critique de l'histoire.
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777.Plus d’information
Cette étude examine divers aspects de l'identité locale dans la musique de Theodore Antoniou et d'autres compositeurs grecs contemporains. On y met en lumière les malentendus et les concepts historiographiques et esthétiques désuets implicites dans l'utilisation de termes tels que « centre » et « périphérie », ainsi que styles musicaux « élevés » et « bas ». On cherche, à travers un survol de l'histoire de la musique savante grecque, à atteindre une meilleure compréhension de ces questions dans ce contexte. La comparaison avec les compositeurs contemporains d'importance tels que György Ligeti, Luigi Nono et Mauricio Kagel soutient la nécessité d'un regard équitable sur toutes les manifestations se trouvant à être à la périphérie d'un centre donné. Le cas de la Grèce — le berceau de la civilisation occidentale — est un exemple important de l'approche problématique de l'historiographie occidentale au regard des concepts de « centre » et de « périphérie », et qui devrait être corrigé.
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779.Plus d’information
Le texte porte sur les enjeux et les débats théoriques clés sur les nations minoritaires et les petites nations en politique comparée. Il vise en particulier à évaluer la place qu'y occupent les analyses sur le Québec. Trois questions motivent la démarche proposée par les auteurs. Dans un premier temps, le texte étudie les principales questions et perspectives analytiques caractérisant l'étude comparée des petites nations. Entre autres, il examine le rôle clé des débats normatifs sur le nationalisme des petites nations comme la Catalogne, l'Écosse, la Flandre et le Québec, mais également les travaux empiriques dans le domaine de la gouvernance territoriale. Dans un deuxième temps, il évalue la contribution des études sur le Québec aux débats théoriques sur ces petites nations. Il passe en revue les travaux des spécialistes dans deux domaines, soit la paradiplomatie et les politiques publiques. Dans un troisième temps, les auteurs se demandent si la comparaison avec les petites nations ou les nations minoritaires est la plus appropriée pour saisir les dynamiques politiques propres au Québec. Ils proposent notamment d'élargir la comparaison du Québec à d'autres petites sociétés ou petits États souverains comme l'Irlande, Israël ou les pays scandinaves afin d'approfondir la compréhension de sa capacité d'action. En conclusion, le texte sert aussi à souligner les limites de la comparaison.
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