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3285.Plus d’information
RésuméIl a été proposé, récemment, que l'héritage le plus important de la Révolution française serait celui d'un prototype de culture politique moderne et libérale. Le présent essai tente de démontrer que si certains éléments d'une telle culture politique sont apparus au cours de la décennie révolutionnaire, les révolutionnaires eux-mêmes n'ont jamais abandonné une conception plus ancienne de la souveraineté selon laquelle la volonté politique se doit d'être unique et indivisible. Cette croyance les a amenés à rejeter à la fois partis politiques, idée d'une opposition légitime et pluralisme. Les débats de l'Assemblée Constituante font déjà entrevoir ces tendances. Et si la Déclaration des Droits. de l'Homme, aux accents de droits individuels, a pu sembler offrir un contrepoids à ces tendances, deux de ses clauses, insérées à la demande expresse de l'abbé Sieyès, établirent que la souveraineté réside dans la nation et que la loi était l'expression de la volonté générale. Ces dispositions transformaient les droits de l'individu en droits du Leviathan. La croyance en une volonté unifiée s'exprimait aussi bien dans les symboles, personnages allégoriques et projets architecturaux de l'époque. Le personnage du demi-dieu Hercule, qui en vint à représenter le peuple, donnait l'impression d'une conception monolithique de l'ensemble des citoyens, à l'opposé de la conception que s'en ferait une démocracie libérale et pluraliste. Déplus, le faisceau, cet assemblage de tiges liées de façon si serrée qu'elles ne peuvent bouger séparément, suggérait une idée du corps politique bien éloignée de celle que détiendrait une société libérale bigarrée. En outre, au cas ou une telle unité n'aurait pas existé pas dans la réalité, les révolutionnaires entreprirent d'en assurer la création, par la promotion de rituels collectifs, ceux des « Temples décadaires », tenus tous les dix jours, lors du dimanche républicain. Ils menacèrent de coercition, voire de suppression, ceux qui ne voudraient pas se joindre à ces grands rassemblements. Finalement, la décennie vit naître plusieurs théories du gouvernement révolutionnaire à l'encontre des idées libérales — du pouvoir illimité d'une assemblée constituante, à la concentration du pouvoir aux mains d'un tribun ou d'un dictateur, en passant par la dictature d'un comité. De telles notions allaient, elles aussi, devenir importantes dans le futur.
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3286.Plus d’information
Cet article explore l’amitié entre l’homme saint Pierre de Thomas (1305-1366), Carmélite, diplomate, et patriarque de Constantinople et son biographe plus jeune, Philippe de Mézières (1327-1405) écrivain, conseiller royal et penseur politique célèbre. Une analyse du vocabulaire émotif montre que le texte de la Vie de Saint Pierre de Thomas (1366) s’inscrit dans une tradition biblique (les Cantiques) et classique de l’amitié. Ce qui nous intéresse ici c’est comment l’expression des émotions (réelles ou gouvernées par des formules – ou les deux ?) donne une forme au récit hagiographique qui distingue ce texte des productions hagiographiques contemporaines et offre un modèle de sainteté qui se détache en partie de la tradition. L’analyse se concentre sur une sélection de scènes particulièrement émouvantes : leur première rencontre lors d’une épidimie de la peste en Chypre; la mort de Pierre de Thomas et son apparition comme revenant.
Mots-clés : Emotions, hagiographie, Philippe de Mézières
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