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512.Plus d’information
En protection de l'enfance, les enfants ayant des comportements sexuels problématiques (CSP) suscitent parfois des malaises chez les intervenants et provoquent de l'inquiétude en raison des torts qu'ils peuvent causer. Prenant appui sur un modèle explicatif adapté par Boisvert et ses collaborateurs, la présente étude visait à cerner les facteurs qui distinguent les enfants présentant des CSP des autres enfants pris en charge en protection de l'enfance. Des analyses secondaires ont été réalisées à partir des données de l'Étude d'incidence québécoise de 2008 sur les situations évaluées en protection de la jeunesse. L'échantillon comprenait 1020 enfants de 2 à 12 ans ayant fait l'objet d'un signalement retenu et fondé. Les enfants avec CSP (n = 72) ont été comparés aux enfants sans CSP (n = 948) sur un ensemble de variables personnelles et familiales au moyen d'analyses univariées, puis multivariées. Le modèle final de régression logistique révèle que les enfants avec CSP sont plus susceptibles de manifester une variété de problèmes de fonctionnement, d'avoir fait l'objet d'un signalement fondé pour agression sexuelle et d'avoir un père ou une mère qui a vécu un placement dans l'enfance. À l'inverse, ils sont moins susceptibles d'avoir fait l'objet d'un signalement fondé pour mauvais traitements psychologiques. La discussion traite de l'incidence des résultats pour l'intervention en contexte de protection.
Mots-clés : comportements sexuels problématiques, enfants, profil psychosocial, protection de l'enfance, Sexual behaviour problems, children, psychosocial profile, child protective services
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513.Plus d’information
Vox dei, vox demonium constitue une brève tentative de considérer une sorte de « pensée sonore » (sound thinking) qui soit particulière au film d'horreur. Cet article se penche principalement sur le statut de « subjectivité métaphysique » telle qu'elle est modulée par la « pensée sonore » de films d'horreur comme L'exorciste, Amityville : La maison du Diable et L'exorcisme d'Émilie Rose, parmi tant d'autres qui traitent spécifiquement de conceptualisations audios de la possession démoniaque et de l'invocation.
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514.Plus d’information
Le présent article se penche sur les traductions et adaptations françaises du classique féministe Our Bodies, Ourselves (OBOS) publié aux États-Unis en 1971. Nous explorons la diversité du « nous » dans l'expression « nous les femmes » à travers trois traductions et adaptations de OBOS réalisées dans des environnements francophones qui diffèrent par l'époque et la situation géopolitique. Nous postulons que ces projets de traduction témoignent des tentatives de représentations de la diversité du « nous » en recourant à la réflexivité et l'intersectionnalité, deux approches qui invitent les traductrices à réfléchir à leur propre posture vis-à-vis des autres femmes et à reconnaître les rapports de pouvoir inégaux qui peuvent exister entre elles. Dans la première partie de l'article, nous présentons les origines de OBOS avant de nous pencher sur les versions françaises réalisées respectivement en France et au Sénégal. Dans la deuxième partie, nous traitons de l'intersectionnalité, de son développement au sein du mouvement des femmes au Québec et de son rôle clé dans le processus d'adaptation adopté par la collective de militantes qui travaille actuellement au Québec à une nouvelle adaptation de OBOS. L'engagement des traductrices envers la réflexivité et l'intersectionnalité montre leur volonté de prendre en considération les rapports de pouvoir inégaux entre des femmes qui occupent différentes postures face au « nous les femmes ». De plus, le cas de OBOS illustre une approche de la traduction où la fidélité ne se mesure pas à l'aune de la retransmission exacte du texte; il s'agit plutôt d'une approche redevable au message et au projet politique d'une reprise de pouvoir des femmes sur leur vie.
Mots-clés : Our Bodies Ourselves, santé des femmes, adaptation culturelle, réflexivité, intersectionnalité, Our Bodies Ourselves, women's health, cultural adaptation, reflexivity, intersectionality
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515.Plus d’information
Jacques Roubaud, en bon oulipien, admire ce Moyen Âge littéraire qui a fait de la topique et de la combinatoire des éléments forts de la pratique romanesque. Il n'hésite d'ailleurs pas à emprunter à son tour aux grands réservoirs narratifs déjà fréquentés par ses pairs de l'époque. Toute son oeuvre, en effet, est traversée d'échos et de résurgences de vieux motifs, qu'il s'ingénie à dépoussiérer pour le plus grand plaisir du lecteur averti. Parmi ces motifs, tirés de l'oubli dans la réécriture, figure celui de la salle aux images, que l'on retrouve aussi bien dans la légende tristanienne que dans la production arthurienne. Jacques Roubaud s'en empare à trois reprises, dans trois oeuvres différentes, et donne ainsi à voir un travail de variation qui confirme l'accointance poétique de l'oulipien avec les pratiques littéraires du Moyen Âge.
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516.Plus d’information
Cet article présente la sexualité au rendez-vous avec le deuil et la mort à l'occasion de différents avatars de la fonction sexuelle : impuissance (dysfonction érectile, éjaculation précoce ou rapide, éjaculation retardée et anéjaculation), frigidité (absence de désir, baisse de désir, anorgasmie coïtale), vaginisme. Ces avatars sont caractérisés par des pertes, des peurs, des simulacres de la mort dans l'une ou l'autre de ses dimensions.
Mots-clés : sexualité, deuil, mort, sexuality, mourning, death
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517.Plus d’information
Pour obtenir des données qualitatives sur les façons dont les jeunes femmes s'informent sur la sexualité et négocient les rapports de pouvoir dont celle-ci est traversée, l'auteure a conçu une méthode qui tire profit des technologies de l'information et qui mise sur l'écriture et l'autonomie des femmes : le blogue « privé ». Dans sa recherche, 30 femmes de 17 à 21 ans ont décrit leurs expériences de la sexualité en tenant chacune un blogue sur le Web. L'auteure présente dans son article les caractéristiques de la méthode adoptée et ses avantages pour la recherche féministe.
Mots-clés : agentivité sexuelle, sexualité, blogues, méthodes de recherche qualitatives, usages du web
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518.Plus d’information
Cet article a trait aux manières dont de jeunes hommes dakarois mobilisent des contenus pédagogiques pour se former aux questions sexuelles. Il s'agira de montrer que les espaces de réunions entre groupes de pairs masculins peuvent être perçus comme des lieux d'apprentissages et d'initiation à la sexualité hétérosexuelle. Or, ce sont aussi des cadres de rivalités qui se focalisent autour de certaines compétences et de passifs sexuels considérés comme l'apanage d'une masculinité conquérante. La mise en récit de leurs expériences permet de comprendre sur quelles bases sont pensées les hiérarchies qui se mettent en place entre les membres du groupe. Si le passif relationnel et sexuel s'avère être au centre de ces jugements honorifiques, la perte de virginité de ces jeunes hommes semble symboliquement le critère initiatique par excellence de l'accès à une respectabilité. Les mécanismes et le contexte d'entrée dans la sexualité contribuent alors à réaffirmer des rapports de pouvoir entre hommes et femmes, mais aussi entre hommes. La perte de virginité des hommes peut alors être pensée comme un marqueur initiatique qui s'incarne dans ce cadre hétéronormatif.
Mots-clés : Sénégal, Sexualité, Virilité, Virginité, Séduction
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519.Plus d’information
Les sentiments d'insécurité des femmes face au crime semblent démesurés par rapport au nombre réel de crimes qu'elles subissent. Même si on reconnaît dorénavant que les femmes sont aussi souvent victimes de crimes que les hommes, il demeure difficile d'expliquer pourquoi elles ont plus peur du crime que les hommes. L'article propose une conception globale de la violence faite aux femmes. Si on tient compte des caractéristiques particulières des crimes contre les femmes et si on s'intéresse à la façon dont leur incidence est évaluée, la peur du crime des femmes devient beaucoup plus compréhensible. La peur du crime a des conséquences néfastes pour la santé mentale des femmes ainsi que pour leur qualité de vie. Ce constat pourrait suggérer le développement de programmes visant la prévention de la peur du crime chez les femmes. Cependant, les conséquences du crime étant beaucoup plus dévastatrices que celles de la peur du crime, il est important que le crime lui-même demeure la cible privilégiée de l'intervention.
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