Documents repérés
-
251.Plus d’information
Au-delà de la vérité reçue d'une transformation radicale des pratiques métatextuelles - qui culmine dans la perception généralisée d'une hybridation irréversible du commentaire et de la fiction -, quelle est l'ampleur réelle des mutations formelles de la critique contemporaine ? Le présent article évalue les transferts entre la prose narrative et le métatexte postmodernes en analysant les modalités et stratégies énonciatives de textes critiques et, inversement, les enjeux critiques que s'approprie le récit métafictionnel (dont l'œuvre de Borges se veut le prototype). Tout en articulant une comparaison entre un corpus transnational et les pratiques discursives québécoises, l'étude nous conduit à nous demander si les réaménagements de l'espace métatextuel ne se réduiraient pas essentiellement à des changements d'ordre axiologique.
-
252.Plus d’information
À partir de l'analyse des autotraductions d'Álvaro Cunqueiro, un auteur appartenant au canon de la littérature galicienne et espagnole, nous étudions les éventuelles implications du bilinguisme endogène dans l'autotraduction. On constate ainsi une nette augmentation de la tension entre la tendance à la préservation littérale et littéraire de l'hétérolinguisme et, d'autre part le désir d'acceptabilité dans la culture d'arrivée. Ces deux forces opposées, exacerbées à l'extrême par un autotraducteur qui se sent libéré du fantôme de l'invisibilité engendrent, finalement, un texte trop hétérogène, marqué par des stratégies énonciatives variées qui, en même temps, laissent transparaître clairement une voix personnelle et « différente » de l'autotraducteur comme locuteur second.
Mots-clés : autotraducción, bilingüismo endógeno, heterolingüismo, biliterariedad, enunciación, autotraduction, bilinguisme endogène, hétérolinguisme, bilittéralité, énonciation, self-translation, endogenous bilingualism, heterolingualism, interliterary process, enunciation
-
253.
-
255.
-
256.Plus d’information
RésuméNous sommes confrontés aujourd'hui à l'apparition des formes interactives (jeux vidéo, hypertextes de fiction, oeuvres combinatoires) qui participent d'une narrativité manifeste, mais remettent profondément en cause les horizons d'attente et les habitudes interprétatives généralement déployés face aux récits. Devant ce bouleversement, plusieurs théoriciens ont proposé d'opposer radicalement interactivité et narrativité, comme on opposerait l'expérience à sa représentation. Tout en reconnaissant le caractère opératoire d'une telle position, nous voulons articuler ici la distinction entre formes narratives et formes interactives en dépassant l'antagonisme simple. Depuis l'angle de la sémiotique du récit, nous reconsidérons la critique récente des nouveaux médias, réexaminons les notions d'interactivité, de simulation et de monde fictionnel et tentons de réunir action représentée, action simulée et action interprétative au sein d'une même pratique : la lecture.
-
258.Plus d’information
Suivant la classification de Dollerup (2000) de la traduction relais et de la traduction indirecte (« T2 »), la présente étude situe ces deux pratiques comme des tabous de traduction dépréciés ou tolérés selon des variables culturelles diverses, expose leur codification au sein d'organismes de traduction, et lie en partie le fait qu'elles soient considérées comme de mauvaises pratiques à la doctrine de l'intraduisibilité. L'étude établit les causes principales de ces phénomènes, y compris des éléments extralinguistiques. Elle définit certaines sous-catégories d'une typologie des traductions dites « de seconde main » ou intermédiaires (par exemple, abrégements, adaptations, modernisations, traductions dont les originaux sont perdus, pseudo-traductions, auto-traductions, triangulations et transcréations). Elle envisage un relais « traductif » et « terminal » et des possibilités de retraduction directe et indirecte, la traduction interlinéaire, le plagiat par traduction et la traduction par assistance. Elle se penche sur le cas particulier des textes sacrés. Enfin, elle évalue de nouvelles orientations et des voies futures pour la recherche. Les éléments essentiels de l'intermédiation orale (le rôle des informateurs et de la traduction collaborative) et l'« intuition » des langues sources en dehors d'une connaissance fonctionnelle sont également pris en considération. L'article se veut une étude descriptive dans un domaine de recherche qui a entretenu un rejet viscéral de tout ce qui n'est pas traduction directe du texte source au texte cible sans que de telles études puissent faire la lumière sur les conditions socio-historiques de la production entourant la traduction intermédiaire.
Mots-clés : indirect translation, relay translation, intermediate translation, support translation, overt translation, covert translation, traduction indirecte, traduction relais, traduction intermédiaire, traduction assistée, traduction directe, traduction indirecte
-
259.Plus d’information
Ap. J.-C., avant-dernier roman de l'écrivain grec francophone Vassilis Alexakis, est un livre exemplaire sur la problématique de l'autotraduction. À la différence des écrivains francophones issus de la colonisation auxquels le français a été imposé, rien ne prédisposait Alexakis à écrire dans cette langue. Quelles sont les raisons qui l'ont poussé à utiliser une langue autre que sa langue maternelle pour faire carrière? Pourquoi écrit-il dans deux langues? Aborder l'oeuvre d'Alexakis sous l'angle de ce que l'on appelle l'autotraduction ne constitue pas en soi une nouveauté. Mais il semble que l'on assiste en ce moment à un retour vers le grec, puisque Ap. J.-C. a lui aussi fait l'objet d'une écriture en grec et d'une autotraduction vers le français. Quels sont les choix opérationnels effectués par l'auteur pour camper un contexte aussi éloigné que le mont Athos, autrement dit la Sainte Montagne, dans Ap. J. -C., dans le but d'atteindre des imaginaires si différents? Après un survol des personnages et de la thématique de l'oeuvre, nous tenterons, dans un premier temps, de répondre à cette question par l'analyse thématique de son ouvrage et de soulever, dans un second temps, les problèmes socio-linguistiques et culturels qui résultent du passage d'une langue à l'autre, plus précisément de l'autotraduction.
Mots-clés : traduction, autotraduction, francophonie, sémantique, lexicologie, translation, self-translation, Francophonie, semantics, lexicology
-
260.Plus d’information
Cet article se veut une réflexion sur les difficultés de traduction de discours issus d'une situation politique particulière. Celles-ci seront analysées à la lumière de la Théorie interprétative de Danica Seleskovich et Marianne Lederer et des concepts de naturalisation et d'exotisation de Lawrence Venuti. De façon plus précise, nous examinerons des extraits de traductions de deux romans nord-irlandais, Eureka Street de Robert McLiam Wilson (1996) et Divorcing Jack de Colin Bateman (1995). Ces romans font partie des « Troubles novels » (Kennedy-Andrews, 2003) ; ils prennent en effet comme arrière-plan le conflit de l'Irlande du Nord. De plus, chacun contient des mots et expressions qui renvoient à des concepts culturellement marqués liés aux tensions entre protestants et catholiques. Les traducteurs francophones, germanophones et hispanophone dont nous avons analysé les traductions ont ainsi été appelés à transposer des concepts politiques et visions du monde propres au contexte nord-irlandais dans un environnement culturel où ces concepts et visions n'ont pas de signification évidente. Il s'agit là d'une tâche qu'on peut imaginer d'autant plus difficile pour des traducteurs provenant d'un contexte culturel qui n'a pas été marqué par des situations de conflit. Nous nous proposons de démontrer comment une connaissance insuffisante de la situation locale peut donner lieu à des traductions erronées.
Mots-clés : marqueurs régionaux, littérature nord-irlandaise, Lawrence Venuti, Marianne Lederer, Danica Seleskovitch, local concepts, Northern Irish fiction, Lawrence Venuti, Marianne Lederer, Danica Seleskovitch