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Depuis quelques décennies, les autochtones du Mexique ont fait de la marche politique une stratégie politique extra-institutionnelle de choix. À partir de données ethnographiques recueillies dans l’État du Guerrero, le présent article montre des parallèles importants entre ces marches et les échanges de pèlerinages religieux intercommunautaires. Ces parallèles font de la marche politique une mobilisation dont l’enjeu se situe souvent au-delà du simple exercice de communication politique entre les acteurs autochtones et non autochtones. L’exemple tiré de la communauté tlapanèque de Barranca Tigre démontre que les débats ayant entouré l’organisation d’une marche vers la capitale de l’État en 2001 étaient doublement liés à l’imaginaire des pèlerinages religieux, d’une part parce que la mobilité traditionnelle religieuse a servi de canevas de base pour penser la marche politique et son potentiel instrumental et, d’autre part parce que, comme toute mobilisation pèlerine qui sort du cycle rituel établi, l’organisation d’une marche politique est l’occasion d’une évaluation du devenir d’une communauté par ses habitants.