Documents repérés

  1. 521.

    Article publié dans Recherches sociographiques (savante, fonds Érudit)

    Volume 7, Numéro 1-2, 1966

    Année de diffusion : 2005

    Plus d’information

    Il y a moins de dix ans, les intellectuels étaient d'avis que la société québécoise était parvenue à un moment critique de son existence. Nombre d'entre eux se groupaient dans le Rassemblement des forces démocratiques. Leur diagnostic était des plus déprimants : (( stérilité » de l'esprit, « monolithisme » de la pensée, « omniprésence » de la droite, bref, le corps social tout entier, selon eux, était menacé de mort. Aujourd'hui, cependant, les intellectuels définissent la situation d'une manière bien différente : ils parlent généralement de « dynamisme », de « croissance » et de « révolution ». Comment expliquer cette étonnante volte-face des états d'esprit en si peu de temps ? L'observation un peu attentive des faits nous amène à conclure que les conditions sociales, bien qu'elles aient évolué dans ce court intervalle, ne sont pas fondamentalement aussi différentes que l'antinomie des slogans qui servent à les caractériser ne le laisse supposer. Le contraste des perceptions paraît tenir surtout à des facteurs psychologiques. Il y a dix ans, le Québec touchait à la fin d'une longue ère de conservatisme politique : l'impression d'immobilisme social et intellectuel s'en trouvait amplifiée ; aujourd'hui, nous venons d'entrer dans une ère de progressisme politique : la conscience du changement social et intellectuel s'en trouve accrue.Inversement, l'ampleur de l'évolution dans certains secteurs était alors méconnue tandis qu'aujourd'hui on sous-estime souvent l'importance des foyers de conservatisme. Une enquête un peu poussée, menée en 1958 par l'Institut d'éducation des adultes auprès de différents milieux, révélait chez les membres d'associations les plus diverses, en même temps qu'une conscience aiguë de l'emprise du traditionalisme, l'adhésion à des normes démocratiques élevées de même qu'aux valeurs propres à la civilisation moderne. Par contraste, le débat sur le Bill 60, moment critique de l'évolution récente, manifesta la fermeté de l'emprise des convictions anciennes sur un grand nombre d'associations et d'individus. Au delà des apparences, aujourd'hui comme il y a dix ans, la divergence des aspirations et des mentalités parmi les agents sociaux est intense. Dans les deux cas, cependant, par suite d'une disposition d'esprit particulière, on magnifie dans les perceptions globales un aspect de la situation idéologique et on réduit l'importance de l'autre aspect. Comment rendre compte de ce comportement insolite ? Peut-on aller au delà de l'explication psychologique élémentaire que je viens d'esquisser ? Le problème posé peut se formuler ainsi : comment se fait-il que le stock des idéologies dont dispose la société — entendant par idéologie un système plus ou moins élaboré de représentations en vue de l'action — soit assurément beaucoup plus diversifié qu'il ne semble aux acteurs sociaux ? Comment se fait-il qu'une série entière d'idéologies reste toujours sous-utilisée, voire même ignorée au plan global, et que les idéologies qui paraissent activer le cours des choses fassent généralement partie elles aussi d'une seule et même série d'idéologies ?Tout se passe comme s'il existait dans la société des mécanismes de polarisation qui entraînent les idéologies sociales particulières, dès qu'elles acquièrent une fonction et une signification globales, dans l'orbite de deux constellations idéologiques dominantes que j'appellerai le « conservatisme » et le « progressisme ». Par ces deux termes, j'entends deux orientations d'esprit opposées, l'une, le conservatisme, s'attachant à la consolidation et à la défense des valeurs et des institutions existantes, et l'autre, le progressisme, visant à l'implantation de valeurs et d'institutions nouvelles. J'emploierai ces deux notions d'une manière synthétique, c'est-à-dire comme exprimant deux dynamiques, différentes et opposées, de polarisation des idéologies. Dans le présent exposé, je veux m'attacher à identifier les mécanismes de polarisation des idéologies, à supposer qu'ils existent, et à examiner les effets qui résultent de la polarité sur le comportement et le destin des idéologies. L'identification des mécanismes de polarisation, je vais la chercher, d'une part, dans la nature même du tissu social qui enveloppe les idéologies, c'est-à-dire les pouvoirs, et, d'autre part, dans la voie d'analyse généralement empruntée pour l'étude des idéologies et qui consiste à considérer celles-ci selon l'optique des pouvoirs plutôt que selon celle des agents sociaux. À la suite de cet exposé forcément abstrait, je décrirai brièvement comment la question de la polarité des idéologies se pose au Québec.

  2. 522.

    Le Texier, Emmanuelle

    L'engagement impossible ?

    Article publié dans Politique et Sociétés (savante, fonds Érudit)

    Volume 24, Numéro 1, 2005

    Année de diffusion : 2005

    Plus d’information

    RésuméLa participation politique des exclus a le plus souvent été analysée sous l'angle de l'apathie politique, du fait de la conjonction de déterminants socioéconomiques négatifs. Les femmes immigrées qui résident dans des enclaves ethniques ségréguées des villes américaines, « triple minorité » (de genre, de classe et d'origine ethnique), paraissent se heurter à l'impossibilité de l'engagement. Pourtant, le questionnement sur les « frontières du politique » montre que la distinction public / privé restreint l'appréhension de l'engagement des exclus. L'étude empirique d'un barrio, quartier mexicain ségrégué de la ville de San Diego (Californie), révèle l'existence de « pratiques politiques du quotidien ». Le présent article décrit d'abord comment la gentrification devient un enjeu mobilisateur pour les femmes du barrio pour ensuite démontrer que la constitution d'un « capital social féminin », vertical et horizontal, forme la base fondamentale de cet engagement.

  3. 523.

    Article publié dans Cahiers d'histoire (savante, fonds Érudit)

    Volume 34, Numéro 2, 2017

    Année de diffusion : 2017

    Plus d’information

    La République de Venise s'est efforcée, du XVe siècle jusqu'à sa chute, de charger sa puissance politique et commerciale d'une double justification, politique et religieuse. En se servant des légendes orales qui circulaient depuis sa fondation, et en mettant en place une interprétation officielle de sa propre histoire, elle a fabriqué un mythe théologico-politique dont elle est le héros. Au tournant des XVIe et XVIIe siècles, alors que ce mythe atteint l'apogée de son influence chez le plus grand nombre des penseurs politiques européens, des contestations apparaissent, encouragées par les mutations de la méthode historique. Est-ce à dire que le mythe de Venise vit ses dernières heures ? Cet article se propose d'interroger la présence de traces du mythe politique vénitien chez les intellectuels français du XVIIe siècle. Ceux-ci, certes acquis à la lutte de Venise contre les abus politiques de la papauté depuis l'affaire de l'Interdit vénitien de 1606, prirent néanmoins part à un certain renouvellement méthodologique de l'écriture de l'histoire.

  4. 524.

    Article publié dans Cahiers de géographie du Québec (savante, fonds Érudit)

    Volume 29, Numéro 77, 1985

    Année de diffusion : 2005

    Plus d’information

    La combinaison de concepts marxistes et du « spatialisme » dans l'analyse géographique n'a pas conduit à une géographie particulièrement marxiste et originale. La leçon de Marx, il faut la prendre dans sa loi du profit qui peut inspirer la conceptualisation d'une loi du pouvoir à partir des concepts d'énergie et d'information. Si la formule A-M-A' (argent-marchandise-argent) peut nourrir une géographie économique, la formule l-E-l' (information-énergie-information) peut nourrir une géographie politique.

    Mots-clés : Marxisme en géographie, échange, géographie politique, État, énergie, information, Marxism in geography, exchange, political geography, State, energy, information

  5. 525.

    Article publié dans Cahiers de recherche sociologique (savante, fonds Érudit)

    Numéro 49, 2010

    Année de diffusion : 2011

    Plus d’information

    Depuis le milieu des années 1980, le hip-hop en Afrique de l'Ouest, parmi les rares genres musicaux communs à toute la région, a considérablement contribué à la vitalité du secteur musical local et au changement social au sein de la jeunesse ouest-africaine. La musique hip-hop s'est entre autres affirmée à travers l'articulation de perspectives socioculturelles et idéologico-politiques nouvelles. En retraçant les géographies désormais mondialisées du hip-hop et de son expression musicale, ce texte propose une analyse de la production politique de la musique hip-hop à partir des initiatives du collectif ouest-africain, AURA. La mobilisation de ces acteurs hip-hop illustre ainsi une lecture de la politique différentielle et de la politique de la différence inscrites dans ce genre musical en Afrique de l'Ouest.

    Mots-clés : hip-hop, AURA, production politique, Afrique de l'Ouest, musique-rap, hip-hop, AURA, political production, West Africa, rap music, hip-hop, AURA, producción politízale, África del Oeste, rap-música

  6. 526.

    Penwill, Kathryn, Pharand, Gaëtane, Sirois, Ghislaine et Toone, Louise

    Action politique à la mode de chez nous

    Article publié dans Reflets : Revue ontaroise d'intervention sociale et communautaire (savante, fonds Érudit)

    Volume 3, Numéro 2, 1997

    Année de diffusion : 2007

  7. 527.

    Article publié dans Voix plurielles (savante, fonds Érudit)

    Volume 18, Numéro 2, 2021

    Année de diffusion : 2022

    Plus d’information

    Bataille, Barthes et Foucault ont envisagé à un moment de leur vie de se soustraire à la communauté politique. Selon eux, la communauté politique — sous la forme élargie (nation, patrie, État, etc.) ou universelle (le genre humain) — ne permet pas la vie différenciée, tant dans ses rythmes que dans ses formes. Tous ont voulu se mettre à distance de la société en cherchant à s'arrimer à de nouvelles communautés, restreintes et électives. Ils ne conçoivent donc pas le retrait comme une voie solitaire. Barthes a fantasmé des communautés idiorrythmiques ; Foucault a réfléchi aux potentielles nouvelles façons de vivre dont les communautés homosexuelles pourraient être porteuses et Bataille s'est essayé à diverses tentatives de communautés secrètes, d'Acéphale au Collège de sociologie. Pourtant, toutes ces tentatives communautaires se sont révélées décevantes, dès lors qu'elles n'étaient plus simple fantasme ou utopie. Nous voudrions montrer que dès l'instant où il y a « calcification » d'une forme commune, il s'ensuit une atteinte au rythme individuel et à l'irréductible singularité que poursuit l'écrivain. Soit la communauté est rattrapée par la norme, ou appelée à se généraliser, et alors elle ne permet plus la vie différenciée. Soit elle est réinvestie par des relations de pouvoirs, et la figure d'un chef finit fatalement par émerger. Soit elle se dissout en l'absence d'une œuvre à produire ou d'une cause commune à laquelle s'arrimer. C'est ce que nous appellerons l'aporie de l'impossible communauté.

    Mots-clés : Bataille, Georges, Barthes, Roland, Foucault, Michel, communauté

  8. 528.

    Article publié dans Laval théologique et philosophique (savante, fonds Érudit)

    Volume 47, Numéro 1, 1991

    Année de diffusion : 2005

  9. 529.

    Article publié dans Politique et Sociétés (savante, fonds Érudit)

    Volume 16, Numéro 2, 1997

    Année de diffusion : 2008

    Plus d’information

    RésuméL'objet de cet article est de saisir l'impact des initiatives des deux dernières présidences républicaines aux États-Unis sur l'évolution des variations interétatiques du niveau de couverture du programme d'aide sociale AFDC. La fragmentation de la gestion et du financement de ce programme occasionne des disparités importantes entre les états. L'environnement politique qui conditionne ces variations est mis en évidence ainsi que la valeur relative de la décentralisation annoncée avec le Nouveau Fédéralisme. Il ressort que l'existence des variations interétatiques peut statistiquement être reliée à la variable culture politique. L'appartenance à une culture politique induit des comportements différenciés comme en témoigne l'évolution contrastée des niveaux de couverture de l'aide sociale dans les divers états. Toutefois, aucun accroissement des variations interétatiques entre les cultures politiques n'a pu être observé. Il y a inertie sur le plan de la différenciation spatiale de l'aide sociale entre 1980 et 1992, et ce, en dépit du Nouveau Fédéralisme républicain.

  10. 530.

    Article publié dans Politique et Sociétés (savante, fonds Érudit)

    Volume 20, Numéro 1, 2001

    Année de diffusion : 2008

    Plus d’information

    RésuméDans Democracy's Discontent, Michael J. Sandel démontre, comme nul autre défenseur contemporain du républicanisme civique, l'ampleur de l'appauvrissement de la vie politique lorsque l'idéal républicain est éclipsé par le libéralisme procédural. On ne saurait douter de l'apport du républicanisme de M. Sandel comme instrument de critique sociale, grâce auquel est dévoilée l'indigence morale et civique de la société libérale moderne. Mais sa théorie sociale offre-t-elle vraiment un remède contre les maux du libéralisme? Pour répondre à cette question, il faut établir plus justement que ne le fait M. Sandel le rapport entre théorie et pratique. L'article tente de préciser ce qui fait la force de la démarche de cet auteur et d'évaluer de façon critique son interprétation du rapport entre théorie et pratique.