Documents repérés
-
2691.Plus d’information
RésuméQui est Donna Haraway ? Historienne des sciences spécialiste des hominidés, théoricienne du féminisme cyborg, elle s'est récemment tournée vers les animaux domestiques. Nous analysons les dispositifs rhétoriques (tropes) et biologiques (métaplasmes, symbiose) par lesquels Haraway hybride les disciplines et trouble les frontières théoriques, sans tomber pour autant sous l'étiquette « postmoderne ». Haraway opère une critique des dichotomies conceptuelles qu'elle reconduit pourtant en partie en multipliant les mots-valises (naturecultures, cyborgs). Puis nous analysons la conception harawayenne du sujet, à partir de trois lieux typiques de sa galaxie de personnages : primates, cyborgs, chiens. Chaque fois, Haraway s'ingénie à multiplier les dispositifs et les allégeances, de manière à échapper à toute étiquette définitive. Ces changements d'objets et de méthode contribuent à la rendre insaisissable et à renouveler la puissance corrosive de son équipement conceptuel.
-
2693.Plus d’information
Lorsque Brigitte Haentjens fonde Sibyllines en 1997, elle inaugure un nouvel espace de liberté artistique dont elle entend définir elle-même les règles et les orientations. L'étude de divers discours médiatiques – entrevues et critiques de spectacles parues dans la presse écrite francophone – consacrés aux spectacles Je ne sais plus qui je suis (1998) et Hamlet-machine (2001) permet de dégager les principales composantes esthétiques et philosophiques de cette entreprise dans les premières années de son existence, et ce, en comparant les points de vue de l'artiste, de ses collaboratrices et collaborateurs ainsi que des journalistes couvrant ces événements.
-
2695.
-
2697.
-
2698.Plus d’information
En 2002, la Cour suprême du Canada a rejeté la demande de Louise Gosselin fondée sur la Charte canadienne des droits et libertés qui contestait un règlement d'application relatif au programme d'aide sociale du Québec prescrivant une réduction aux deux tiers du montant des prestations de base pour les moins de 30 ans, obligeant ces derniers à choisir entre la faim et l'itinérance. Dans le présent texte, l'auteure analyse les conséquences de la décision rendue dans l'affaire Gosselin c. Québec sur les droits et l'inclusion constitutionnelle des personnes vivant en situation de pauvreté. Elle considère d'abord l'important pas en matière de jurisprudence franchi dans cette affaire : le rejet par la Cour suprême de l'argument, étant en contradiction avec les attentes des groupes défavorisés et les obligations internationales du Canada en matière de droits socioéconomiques, selon lequel l'article 7 de la Charte ne peut imposer d'obligations positives aux gouvernements. L'auteure s'intéresse ensuite au recul constaté dans l'affaire Gosselin : plus précisément, à l'approche des juges majoritaires à l'égard de la preuve et au traitement de l'argument de fond articulé par Louise Gosselin. L'auteure soutient que les demandeurs qui invoquent la Charte dans les dossiers relatifs aux droits des personnes en situation de pauvreté continuent d'être confrontés à des stéréotypes préjudiciables et à des fardeaux de preuve disproportionnés. Leurs demandes en vertu de l'article 7 sont aussi constamment reformulées par les tribunaux, puis jugées non recevables. L'auteure conclut que, en n'ayant pas procédé à la révision de l'arrêt Gosselin, ni même accordé l'autorisation d'interjeter appel dans toute affaire soulevant la question de la pauvreté depuis lors, la décision de la Cour suprême représente un échec important du constitutionnalisme au Canada.
-
2699.Plus d’information
Au premier regard, il semble que peu de journalistes bas-canadiens aient eu une sensibilité aussi développée que celle des journalistes radicaux new-yorkais sur les questions sociales et économiques reliées au développement du capitalisme commercial. Nous avons toutefois trouvé un exemple de cette sensibilité dans le discours du lieutenant politique de Louis-Joseph Papineau, Edmund Bailey O'Callaghan. Bien qu'il soit un promoteur acharné des positions du Parti patriote, O'Callaghan démontre parfois un esprit frondeur, et sa désolidarisation la plus remarquée se manifeste sur la question des banques et de leur rapport aux classes agricoles et ouvrières du Bas-Canada. En fait, sur cette question, il affirme une position nettement plus radicale que celle adoptée par ses collègues de La Minerve, et sa condamnation sans exception de l'effet de la manipulation du numéraire par toutes les banques, même la Banque du peuple, lui attire les reproches de certaines éminences du parti et crée un froid dont le Patriote irlandais se souviendra longtemps. En ce sens, O'Callaghan se rapproche des journalistes radicaux Democrats de la trempe de William Leggett qui mène une croisade contre les grandes banques des États-Unis au nom des travailleurs de New York et Philadelphie.
-
2700.Plus d’information
Les représentations de Papineau qui émergent dans le discours politique anglophone des années 1820 et 1830 se construisent à l'aide d'un vocabulaire politique et de dialectiques qui structurent la sphère publique locale, mais qui découlent de multiples traditions discursives observées dans les contextes britanniques, étatsuniens, ainsi qu'ailleurs en Amérique du Nord britannique. Les textes consacrés à Papineau entre 1827 et 1832 tournent sur la question de son aptitude à assumer les fonctions de président de l'Assemblée et de son rôle à la tête d'une cabale politique, que l'on désigne « Papineau faction ». Les journaux réformistes repoussent ces critiques et leur opposent une représentation de Papineau comme défenseur des droits du « peuple » bas-canadien au sens large du mot. Les attaques des critiques du chef patriote s'intensifient entre 1832 et 1834, alors qu'on insiste particulièrement sur la démagogie du chef patriote. Après 1834, les nombreux textes dédiés à Papineau le personnifient sous les traits d'un révolutionnaire français, parfois même de Robespierre, témoignent de la vigueur de la tradition anti-jacobine au Bas-Canada. Dans tous les cas, la figure de Papineau vient à incarner certains prototypes bien établis dans l'univers discursif de l'époque que les intervenants brandissent pour susciter la réaction du lecteur en renvoyant des images et des références historiques déjà très familières.
Mots-clés : Papineau, Louis-Joseph, Discours politique, Anti-jacobinisme, Tory, Bas-Canada, Constitution, Presse anglophone, Papineau, Louis-Joseph, Political Discourse, Anti-Jacobinism, Tory, Lower Canada, Constitution, English Language Press