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241.Plus d’information
L'étude du mouvement des Frères musulmans en Mauritanie dévoile ses transformations graduelles, passant de la restauration de l'idéal du califat perdu à l'idéologie réformiste centriste. Ils ont adopté une voie différente de leurs homologues égyptiens afin de répondre aux conditions sociales et politiques de leur pays. Contrairement à l'Égypte, la Mauritanie est une société tribale codifiée par l'islam, en tant que religion de l'ensemble des Mauritaniens, et en tant que source de législations, et elle est dominée par des régimes autoritaires putschistes. Dans ce contexte, les Frères mauritaniens ne pouvaient pas traiter la République islamique de Jâhiliyya ni réclamer l'État islamique de la Ḥākimmiyaẗ. En adoptant le « réformisme centriste », les Frères mauritaniens ont concilié la charia islamique et la démocratie, créant ainsi la « chouracratie », afin de former leur parti, participer aux élections et forcer l'État à se débarrasser de la casquette militaire. Ce virage politique avait des conséquences importantes sur les Frères du désert. Ils se sont divisés en deux courants opposés : l'un soutient le régime en place en empruntant une idéologie légitimiste, l'autre campe dans l'opposition en maintenant l'idéologie contestataire. Cet article mobilise les théories de l'utopie et de l'idéologie pour montrer que le changement vécu par les Frères mauritaniens ne peut être considéré comme un échec (Roy), mais plutôt comme une sortie de l'utopie vers l'idéologie. Ainsi, expliquer cette expérience par le biais de l'utopie et de l'idéologie permet de mieux comprendre les différentes dynamiques qui traversent l'islam politique contemporain.
Mots-clés : islamisme, islam politique, Frères musulmans, salafisme, wahhabisme, utopie, idéologie, Mauritanie, Tewassoul, autoritarisme, militarisme, chouracratie, réformisme centriste, pragmatisme, démocratie, radicalisme, Sayyid Qutb
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242.Plus d’information
Afin d'approfondir l'analyse de la pièce La maculée / sTain (2012) de l'autrice fransaskoise Madeleine Blais-Dahlem, le présent article s'appuie sur les concepts de l'identité-mêmeté et de l'identité-ipséité élaborés par Paul Ricoeur dans Soi-même comme un autre (2015 [1990]) et des modèles de croyance paléo-durkheimien et néo-durkheimien que Charles Taylor décrit dans A Secular Age (2007). En plus de m'attarder sur le pouvoir exercé par les personnages masculins et sur la violence physique et psychologique qui en résulte, je m'intéresse au partage des langues dans la pièce, dont la version originale en français contient de l'anglais et diffère de manière importante de celle traduite par l'autrice, qui conserve des répliques en français avec surtitres.
Mots-clés : théâtre fransaskois, hétérolinguisme, domination masculine, émancipation féminine, modèles de croyance
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244.Plus d’information
Le présent mémoire a pour objet la vérité dans les arts poétiques telle que la conçoit Paul Ricœur. Nous concentrant sur ce procédé de langage qu’est la métaphore, nous cherchons à montrer que même les productions langagières qui paraissent déliées des contraintes de la concordance au réel mettent en jeu une référence. Le déni de cette référence relève, selon Ricœur, d’une conception réductrice du langage et de la réalité induite par l’importation de présuppositions scientifiques dans les divers domaines de l’expérience humaine. À la faveur du déploiement d’une référence indirecte, la métaphore donne à voir et à sentir, sur le mode du « comme si », des aspects de la réalité qui ne passent pas dans les usages simplement descriptifs du langage. Il apparaîtra en …
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245.Plus d’information
RésuméCet article s'inscrit dans une vision éthique du rôle du traducteur dans le contexte de la mondialisation. Il souligne le comportement nécessaire du traducteur dans un monde global où l'humain et la connaissance sont placés en concurrence face à la marchandisation des rapports interpersonnels. Cette idée sera développée à l'aide de trois notions philosophiques que le traducteur est invité à intégrer dans sa pratique professionnelle : le besoin d'accroître le désir de l'« être-ensemble » ainsi que l'a défini Paul Ricoeur en s'appuyant sur les travaux d'Hannah Arendt ; sa responsabilité dans la protection et la diffusion du « bien commun » écrit ; et, enfin, l'importance de la « philosophie du dialogue » telle qu'elle est présentée par Buber et Marcel et poursuivie par Levinas. En ces temps d'échanges mondiaux, cette intégration vise à préserver l'unicité de la relation humaine.
Mots-clés : mondialisation, éthique du traducteur, philosophie du dialogue, bien commun, statut du traducteur
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246.Plus d’information
Alors que leur synagogue reste close presque toute l'année, qu'un programme immobilier les menace d'expropriation, qu'ils sont toujours trop peu nombreux à se sentir concernés, comment les membres de la communauté juive de Tarbes conçoivent-ils le devenir de leur présence ? La synagogue raconte la fragilité de ce groupe qui ne veut pas abandonner et tente de maintenir un projet dans son espace. L'article vise à repérer la gamme des positions adoptées en commun ou en privé, appuyées sur quelques aspects, ici mis en relief, de l'appartenance au judaïsme. De l'indignation à la résignation en passant par la nostalgie, on prétend encore s'animer dans un projet de synagogue, même si la ténacité peut ralentir un possible redéploiement.
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248.Plus d’information
Dans un contexte de mobilité humaine à l'échelle planétaire, l'implantation de l'islam au Québec est un fait de société qui entraîne une rupture avec la représentation classique des relations islamo-chrétiennes. On se demande comment envisager un renouvellement de la communication entre chrétiens et musulmans au Québec. Cette contribution s'attache à repérer les foyers de dialogue, ce qui rompt avec l'idée d'une absence de contact entre les deux communautés de croyants. Elle étudie la possibilité d'un Québec en tant qu'espace de dialogue, tout en s'interrogeant sur un cadre de référence pour un dialogue favorable à une cohésion sociale.
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250.Plus d’information
Prendre en compte les interrogations métaphysiques des enfants est une grande tendance de la littérature de jeunesse contemporaine. L'enfant n'est plus considéré comme un petit être innocent, mais comme un sujet qui se pose des questions fondamentales sur le sens de la vie et du monde. L'enfant fait à chaque instant l'expérience de l'étonnement devant le monde. La question de la Vérité notamment le passionne : Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est faux ? Quelle est la différence entre une croyance et un savoir, etc. La littérature de jeunesse permet de réfléchir sur ces questions métaphysiques. À l'école élémentaire, les enseignants peuvent ainsi mettre en réseau des ouvrages sur ces questions et engager, à partir des lectures, des discussions philosophiques.