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3931.Plus d’information
En 2021, le président de la France Emmanuel Macron a annoncé que le gouvernement français allait rendre accessibles les archives classifiées de la guerre d’Algérie 15 ans en avance sur le calendrier, dans le but d’améliorer les relations franco-algériennes. Cette annonce, qui fait suite à des décennies de demande de restitution des archives à l’Algérie, semblait être un effort de bonne foi pour remédier au difficile héritage de la France en ce qui concerne la guerre d’Algérie (1954–1962), en particulier l’utilisation généralisée de la torture et la « disparition » de dissident.e.s durant la guerre. La guerre d’Algérie a toujours occupé une place controversée dans l’histoire de la France, ayant été largement exclue des manuels d’histoire et qualifiée de guerre seulement après 1999. En rendant les archives accessibles en avance sur le calendrier, Macron semblait engager le gouvernement français à panser les blessures générationnelles et à améliorer les relations avec l’Algérie. La déclassification des archives algériennes a fait du statut de la guerre d’Algérie et, par conséquent, de celui des immigrant.e.s algérien.ne.s se trouvant en France, un sujet de discussion majeur pour les candidat.e.s de droite et de gauche lors de l’élection présidentielle de 2022. Alors que l’accès aux archives semble avoir mis fin au silence archivistique qui a occulté l’histoire de la guerre, cet article soutiendra que la France et ses acteurs politiques ont sélectivement levé le silence archivistique pour privilégier certains récits et continuer d’en étouffer d’autres.
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APPRENDRE EN LISANT AU PRIMAIRE EN RECOURANT À DES TEXTES INFORMATIFS ILLUSTRÉS : ÉTUDE EXPLORATOIRE
Plus d’informationUne situation de lecture essentielle à la réussite de l'élève dans toutes disciplines est l'apprentissage par la lecture (APL). Afin de soutenir leurs élèves en ce sens, des enseignants d'une école urbaine en milieu défavorisé ont développé de manière collaborative une approche type de situation d'APL qu'ils adaptent selon leurs groupes et selon la discipline enseignée. La présente étude a pour objectif d'explorer la relation entre la situation d'APL, conçue par ces enseignants de 3e cycle, comprenant les tâches à réaliser et les documents de lecture proposés, et les réponses des élèves aux diverses tâches. Les principaux résultats montrent que peu des tâches proposées demandent réellement de lire et que la source d'information principale demeure textuelle. Conséquemment, le recours à l'image comme support informatif reste encore marginal et la planification de tâches d'APL, de même que le choix des textes, reste un défi majeur à relever dans la planification d'une situation d'APL au primaire.
Mots-clés : apprentissage par la lecture, littératie illustrée, primaire, apprentissage autorégulé, lecture, learning through reading, visual literacy, elementary, self-regulated learning, reading
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3937.Plus d’information
RésuméEn 2001, Cay Dollerup et Silvana Orel-Kos de l'Université de Tampere signaient un article établissant l'importance de la coimpression dans le secteur de la littérature jeunesse. À partir d'un corpus de titres édités en France, Christian Robin (2006) suggérait plus récemment que la coédition serait devenue la norme dans le domaine du livre pratique. Mais qu'en est-il en dehors du livre illustré ? À quel point la coédition internationale se généralise-t-elle ? Quelles formes peut-elle prendre ? Que signale son essor pour les traducteurs et les éditeurs, et que laisse-t-il présager ? Enfin, en quoi cette pratique vient-elle modifier nos façons d'étudier la traduction ? Cet article tente d'apporter quelques éléments de réponse à ces questions. Prenant pour cadre d'études la pratique de quelques éditeurs et traducteurs du Québec, il vise à montrer que la coédition ne concerne plus uniquement les livres illustrés ni les « petits » marchés et les « petites » langues, mais se généralise au contraire à tous les secteurs, même aux plus littéraires, et aux langues internationales, prenant de multiples formes. Il interroge dans un second temps les implications théoriques et pratiques de ce constat.
Mots-clés : coédition, coproduction, traduction, Québec, mondialisation
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3938.Plus d’information
Quarante ans après la mort de l'écrivain, les romans d'Hubert Aquin ont continué de fasciner la critique littéraire et de susciter d'amples lectures aux présupposés interprétatifs variés, de choquer leurs interprètes et parfois même de provoquer la colère de lecteurs et de lectrices avides d'émancipation sociale ou communautaire, personnelle ou collective. Cette oeuvre romanesque, au-delà de la figure mythique de son auteur, a ainsi été (re) dessinée et montée (pour ne pas dire destinée) en tant que décor d'un théâtre politique au sein duquel l'objet d'affrontement, outre la composition d'un canon littéraire proprement québécois, en est devenu la constitution même de la communauté nationale. Or, le conflit interprétatif dont la réception de l'oeuvre aquinienne s'est montrée la scène ou le théâtre s'est non seulement déclaré de manière explicite entre des tendances critiques issues de mouvances politiques distinctes (aux herméneutiques différentes et parfois concurrentes), comme le féminisme et le nationalisme, mais s'est aussi joué de façon implicite à partir de tangences exégétiques certes divergentes, et pourtant également présentes au sein d'une même communauté interprétative. En témoigne, notamment, le cas particulier des lectures féministes des romans d'Aquin – auxquelles s'intéresse plus précisément cet article – et des usages politiques pour le moins contrastés auxquels elles ont tour à tour prêté l'oeuvre aquinienne, lesquels en ont fait autant un objet de domination que d'émancipation.
Mots-clés : Hubert Aquin, interprétation, lecture littéraire, communauté interprétative, usage politique, féminisme, nationalisme, littérature nationale (Québec), domination, émancipation
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3939.Plus d’information
Cette étude se propose de soumettre un cas de figure très singulier, analysé ici pour la première fois. En 1966-1967, le peintre français Jean Vimenet incarne, pour Mouchette, film de Robert Bresson, l’un des rôles principaux, celui du garde-chasse Mathieu. De l’expérience éprouvante du tournage va naître, sous forme de dessins, de toiles et de pierres peintes, ce que Vimenet appellera le « portrait d’un film ». Cette série, unique dans l’histoire de la peinture moderne et contemporaine, interroge la dialectique qui se met en place entre le travail filmique de Bresson et le travail graphique et pictural de Vimenet. Au-delà, elle engage à comprendre les transmutations et les codifications esthétiques qui vont en naître. Vimenet, en « cherchant » Bresson, découvre « le monde fantastique du cinéma jamais abordé en peinture ». Sa quête le pousse à renouer avec la problématique ancienne de la représentation de la lumière diurne, modifiée par la présence de puissants projecteurs modernes. Et, focalisant son travail autour du regard, de l’œil, du plan, de la composition du cadre et du chromatisme, il en vient à exposer, picturalement, toute la mécanique bressonienne. Du troisième œil à la rhétorique cinématographique, de la force et de la forme à la lumière et aux valeurs colorées, et comme en écho à certaines remarques de Gilles Deleuze et de Jacques Aumont, les deux disciplines s’observent en chiens de faïence.
Mots-clés : Robert Bresson, Robert Bresson, Jean Vimenet, Jean Vimenet, model, modèle, third eye, troisième oeil, frame, cadrage, shape and form, forme
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