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111.Plus d’information
Cet article s'intéresse à de nouvelles explorations littéraires de la quête d'identité. Les exemples retenus (principalement La logeuse d'Éric Dupont et Les taches solaires de Jean-François Chassay) ont en commun d'offrir un rapport distancié et même volontiers parodique à ce motif. Ce traitement suggère que, dans ces romans, il s'agit moins de penser le concept d'identité que de recourir à une obsession de la littérature québécoise, c'est-à-dire à un matériau littéraire chargé d'une mémoire et de codes. Dès lors, ce corpus invite à revisiter une catégorie qui a nourri les premiers travaux sur la littérature québécoise contemporaine.
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112.Plus d’information
Les sites de rencontres reflètent et produisent des dynamiques de pouvoir visibles à travers les représentations du couple, de la conjugalité et des identités sexuelles qu'ils délivrent. Les rapports sociaux de genre, de race, d'ethnicité, de classe, d'âge et de sexualité y sont particulièrement actifs et tangibles. En tant qu'espaces dédiés au commerce de la mise en relation et de la rencontre amoureuse, ces sites constituent un prisme idéal à travers lequel s'expriment des représentations collectives de la sexualité et de la conjugalité, ainsi que les normes relatives aux diverses formes de sexualité au sein de la société. L'auteure leur consacre une recherche afin d'analyser les modalités contemporaines d'un contrôle social de et par la sexualité, c'est-à-dire de l'ordre social assuré par les règles qui régissent les interactions et le processus de mise en couple. À travers une approche intersectionnelle, l'auteure s'appuie sur cet objet d'étude pour interroger la pertinence, les limites et les dangers du concept de capital érotique défini par la sociologue Catherine Hakim. L'auteure s'interroge sur les modalités de représentation de ce qui est érotique ainsi que sur les rapports de pouvoir qui structurent les définitions de l'érotique et des sexualités légitimes dans et par la culture populaire dominante.
Mots-clés : sites de rencontres, scripts sexuels, critique intersectionnelle, représentations sociales, espace public, catherine hakim
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115.Plus d’information
Avant la traduction du livre Le Dit du Genji par Suematsu en 1882, l'information disponible en Occident sur ce chef-d'oeuvre de Murasaki Shikibu était vague et erronée. Le traducteur s'était donné pour objectifs de redorer le statut politique du Japon en démontrant sa riche tradition littéraire et de faire connaître aux Occidentaux la véritable « cultural scripture » du pays (Rowley). Les réactions à sa version furent contradictoires : les lecteurs et les critiques se sont avérés curieux de ce monde littéraire auparavant insoupçonné, mais ils eurent du mal à le comprendre ou à y trouver des points de repère. Cet article se concentre sur les circonstances qui ont rendu possible cette première représentation de la littérature japonaise en Occident, mais qui, paradoxalement, ont empêché le Genji d'être lu et admiré à plus grande échelle, jusqu'à la publication de la célèbre traduction de Waley, environ quarante ans plus tard. Je considère que Suematsu, en se servant de cet ouvrage pour critiquer l'impérialisme anglo-américain, révèle toutefois son rapport ambivalent au texte et à son auteur. En outre, le public occidental n'était pas vraiment en mesure de juger ce qu'il avait sous les yeux ni prêt à accepter une interprétation non-européenne. Ce chef-d'oeuvre a donc longtemps tardé à être reconnu comme tel pour des raisons qui, en fin de compte, avaient peu à voir avec la qualité littéraire de l'ouvrage ou celle de la traduction.japonais
Mots-clés : Japanese, East-West, The Tale of Genji, Suematsu Kenchô, world literature, Est-Ouest, Le Dit du Genji, Suematsu Kenchô, littérature mondiale
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118.Plus d’information
Consécutivement aux avancées de l'éthologie (l'animal pense, souffre, se projette même dans le futur), aux données de l'anthropologie (l'animal, dans de nombreuses sociétés, est considéré comme un sujet à part entière) et aux déductions de la philosophie (s'il est un sujet, il a donc des droits), nous assistons aujourd'hui à une révision de la frontière homme/animal. Cette remise en cause, illustrée par des ouvrages comme Animal liberation (1975) de Peter Singer, a des effets collatéraux : en « libérant » les animaux elle dédouane aussi, et rend donc représentable, toute une série de fantasmes liés à la sexualité entre espèces différentes. Concevable sur un plan logique, cette révolution pose des problèmes d'ordre symbolique. Les rumeurs rattachées aux pratiques zoophiles, avec leur cortège de traumatismes, de maladies et autres « sanctions » (naturelles et surnaturelles) nous rappellent que l'abolition des différences, sur le plan de l'imaginaire, a des effets catastrophiques : loin d'assurer la paix, elle engendre le désordre et alimente les conflits.
Mots-clés : Dalla Bernardina, frontière homme/animal, zoophilie, antispécisme, éthique animale, initiation, anthropologie de la nature, Dalla Bernardina, Human-Animal Boundary, Bestiality, Anti-Speciesism, Animal Ethics, Initiation, Anthropology of Nature, Dalla Bernardina, frontera hombre/animal, zoofilia, anti-especiesismo, ética animal, iniciación, antropología de la naturaleza
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119.Plus d’information
Cette analyse aborde le cas singulier de la circulation de la chanson J'attendrai dans la culture des années 1940, dont l'analyse des variantes permet de cerner les rapports mouvants d'une chanson aux genres chansonniers et musicaux, aux goûts et aux pratiques du public, ainsi qu'à leur ancrage au sein des champs culturels nationaux. Elle permet même, parfois, de sonder les modalités de l'évolution des modèles des rapports sociaux entre les sexes présents dans différentes versions. Ce sont ainsi autant les enjeux artistiques, culturels, sociaux et intimes à l'oeuvre qui guident notre analyse de ce cas de transfert culturel, que le repérage de vecteurs permettant de formuler une équation de la circulation culturelle des chansons à succès.
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120.Plus d’information
Cet article met l’accent sur les expériences vécues des femmes militaires racialisées dans les Forces armées canadiennes (FAC). En m’appuyant sur des entrevues qualitatives avec des femmes militaires racialisées, je mets en question la fonction des initiatives contemporaines en matière de diversité et d’inclusion au sein des FAC. L’accent mis sur l’intersection de la race et du sexe dans leur vie fournit une réflexion précise sur les inégalités structurelles au sein des Forces armées canadiennes. En examinant comment ces structures de pouvoir fonctionnent au sein des FAC, nous sommes mieux placées pour comprendre comment les initiatives actuelles en matière de diversité et d’inclusion contribuent à consolider le pouvoir hégémonique. Guidée par les théories féministes critiques sur la race et la géographie critique, je suis les expériences des femmes militaires racialisées pour comprendre comment elles conçoivent leur inclusion et leur sentiment d’appartenance et comment elles évaluent leurs expériences quotidiennes dans le contexte des stratégies de diversité et d’inclusion fournies par les FAC. Leurs expériences vécues révèlent l’importance de la race et du genre dans leur vie et exposent les limitations des pratiques en faveur de la diversité et de l’inclusion et, en particulier, leur incapacité à aborder les enjeux structurels plus profonds de la suprématie blanche, de l’hétéronormativité et du patriarcat au sein des FAC. Bien que les concepts de diversité et d’inclusion portent généralement sur l’inclusion de personnes marginalisées, cette recherche suggère que nous devons enquêter sérieusement sur le travail théorique, pratique et politique des initiatives de diversité et d’inclusion dans un contexte multiculturel. Les inquiétudes au sujet de l’inclusion et de la diversité dans les FAC exigent que nous bousculions les structures de domination et que nous réfléchissions à la manière de re/conceptualiser et de ré/intégrer plus sérieusement et plus fondamentalement la différence dans l’ensemble de la vie institutionnelle au sein d’un Canada multiculturel.
Mots-clés : Canadian Armed Forces, diversity and inclusion, gender, intersectionality, race