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24231.Plus d’information
L'oeuvre autobiographique de Gary-Ajar constitue un unicum dans le panorama de la littérature française contemporaine : en travaillant à la frontière des genres, l'auteur arrive à réaliser un déracinement total afin de mettre en doute la validité d'une identité stable, miroir d'un sujet défini. À travers une analyse de l'incertitude formelle qui marque La promesse de l'aube, La nuit sera calme, Pseudo et Vie et mort d'Émile Ajar, il s'agira de voir comment Romain Gary arrive à déplacer l'intérêt du lecteur de questions comme l'authenticité ou la véridicité de l'écrit et à dépasser la partition entre document et fiction, pour accomplir son « rêve d'un roman total, à la fois personnage et auteur ». En s'attaquant à ce qu'il considère comme les tendances intimistes de son époque, Gary oblitère le caractère narcissique propre à l'écriture autobiographique pour donner le jour à une forme qui permet au sujet de s'engendrer.
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24232.Plus d’information
Le rêve de Nabuchodonosor et sa vision de la statue composite dans le second chapitre du livre de Daniel appartiennent au folklore de la tradition judéo-chrétienne depuis l'Antiquité. Le personnage de Nabuchodonosor étant basé en grande partie sur Nabonide, le dernier roi de Babylone (556-539 av. J.C.), le présent article offre quelques réflexions sur les origines de cette vision, arguant notamment que le motif de la succession des empires remonte au règne de Nabonide, et que les exigences de Nabuchodonosor envers les Chaldéens contiennent une réminiscence de l'obsession de Nabonide pour ses propres rêves et leur aspect prémonitoire.
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24233.Plus d’information
RésuméAuteur, traducteur, éditeur et publiciste très prolifique juste avant la Révolution, Louis d'Ussieux (1744-1805) a signé à Paris une production variée et largement diffusée à travers l'Europe, mais peu étudiée. Cet article offre un survol des nouvelles illustrées de son Décaméron françois dont l'action se situe à l'extérieur de l'Europe, en Orient ou en Amérique, pour montrer ensuite comment, en homme des Lumières, il transforme dans Thélaïre, nouvelle mexicaine (1775) l'image idyllique des Aztèques, véhiculée au cours des années 1750 dans l'Histoire générale des voyages de l'abbé Prévost, en scène tragique. Les gloires coupables de Cortés, des Espagnols et des Européens s'en trouvent ternies.
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24234.Plus d’information
Qu'avons-nous appris de la récente floraison de travaux sur l'Atlantique français de l'époque moderne menés par les historiens francophones et anglophones ? Ce bilan historiographique se penche sur trois aspects importants de la question : le raffinement et la remise en question du modèle de l'Atlantique en tant qu'espace économique cohérent et intégré ; l'esclavage, ses conséquences et ses résistances ; et la création et la circulation des savoirs. Les études portant sur des particularités locales, voire individuelles, s'y révèlent particulièrement éclairantes. Quelques avenues de recherches ultérieures sont également proposées.
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24235.Plus d’information
Dans cet article, l'analyse du roman de Michelle Maillet L'Étoile noire, cahier de notes d'une jeune femme noire martiniquaise emportée dans les affres des camps allemands, invite à une réflexion sur l'intentionnalité d'un genre littéraire fusionnant la forme des récits sur l'Holocauste à celle des récits sur l'esclavage. Ce schéma permet l'élaboration d'un cadre de références géographique et rhétorique novateur pour la pensée sur le fascisme et la remise en question de la place de la mémoire coloniale dans l'histoire nationale française. L'intention ici est de décloisonner études juives et postcoloniales, afin de pourvoir une histoire caribéenne « multidirectionnelle ».
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24236.Plus d’information
À partir des Confidences d'écrivains canadiens-français (1939) d'Adrienne Choquette, je propose d'étudier la place et le discours de femmes dans l'entretien littéraire. En partant de l'avant-propos de Choquette, qui explique les visées de son entreprise, et à travers l'étude de la posture des auteures interrogées, je montre comment l'enquêtrice et les écrivaines négocient mutuellement l'acceptabilité de leur discours au sein d'un contexte énonciatif médiatique et littéraire particulier. A fortiori, je montre que les femmes, dans les Confidences d'écrivains canadiens-français, livrent un autre témoignage de la littérature des années 1930 au Québec.
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24237.Plus d’information
Dans cet article, nous proposons une incursion dans l'univers des sensibilités entretenues à l'égard du territoire, en nous attardant aux représentations véhiculées par les discours tenus sur la forêt dans les oeuvres littéraires produites au cours de la première moitié du XXe siècle. Le travail mené ici propose une lecture des oeuvres littéraires comme discours articulé au contexte social, culturel, politique et économique d'expansion territoriale et se veut une première esquisse des possibilités de décloisonner ces univers interdépendants. Dans un environnement intellectuel où la forêt semble immobilisée entre la domination d'une idéologie tournée vers la terre et l'essor des sciences, en introduisant la forêt dans leurs oeuvres, les auteurs engagent un dialogue collectif sur la place qu'occupe celle-ci dans la société, et par extension plus largement sur les rapports sociaux entretenus au territoire. Les oeuvres littéraires permettent de saisir qu'à l'instar des actions menées par l'État, l'appropriation du territoire se présente comme un geste collectif multidimensionnel.
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24238.Plus d’information
RésuméRapprochant certaines théories de Kant et de Hegel sur la folie, cet article interprète « Mademoiselle Bistouri », un des poèmes en prose du Spleen de Paris de Baudelaire, par le biais d'une nouvelle interprétation de la monomanie. Entre les mains du narrateur, l'idée fixe de mademoiselle Bistouri devient un antidote à la conscience malheureuse de Hegel. Ses obsessions médicales vont redonner une raison d'être à un monde qui s'est libéré de tout système de croyance. L'ouvrage de Gladys Swain, Dialogue avec l'insensé, sert de support théorique à l'article.
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24239.Plus d’information
Résumé La surface de la limite marine durant la déglaciation est une topographie virtuelle illustrant l'augmentation des altitudes depuis la déglaciation. Les données disponibles sur l'altitude des limites marines (n = 929), trois fois plus nombreuses que celles publiées dans les synthèses récentes, permettent d'obtenir une surface plus détaillée de la région glaciaire de l'Amérique du Nord et du Groenland. Certaines surfaces lacustres de grande superficie sont similaires aux surfaces marines, sauf que leurs gradients ne sont pas affectés par la remontée du niveau de la mer. Ces surfaces reflètent collectivement la géométrie de la calotte glaciaire ainsi que les taux régionaux et locaux de recul des marges glaciaires. En conséquence, elles constitutent d'excellentes cibles additionnelles pour la modélisation glacio-isostatique, étant mieux distribuées que les courbes du niveau marin relatif.
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24240.Plus d’information
Beaucoup d'attention a été donnée aux écrits antisémites des intellectuels catholiques canadiens-français. De Lionel Groulx au Devoir en passant par Jeune-Canada, les années 1930 présentent un contenu particulièrement riche pour qui s'intéresse à la question de l'antisémitisme dans le Québec catholique et les travaux sur cette période se sont multipliés. Bien que le catholicisme ait souvent été identifié comme un moteur de l'antisémitisme, on ne s'est pas encore arrêté sur le rôle de l'Église catholique comme institution. Cet article porte sur le regard de l'Église catholique sur l'antisémitisme et sur ses manifestations, plus particulièrement sur son rapport au Parti national social-chrétien d'Adrien Arcand. L'Église a-t-elle encouragé l'antisémitisme de ses fidèles, l'a-t-elle condamné ou était-elle au contraire passive sur la question ? Les évêques eux-mêmes nourrissaient-ils des préjugés, voire une certaine appréhension à l'endroit des Juifs ? Les archives récemment ouvertes des archevêchés de Québec et de Montréal permettent de démontrer qu'à défaut d'avoir tendu la main à la communauté juive et appelé ses fidèles à l'ouverture et à la compréhension, l'Église nourrissait une méfiance certaine à l'endroit du parti d'Arcand et goûtait peu son discours violent à l'endroit des Juifs. C'est ce qui sera démontré par un retour sur le débat sur les écoles juives de 1930, la relation entre l'Église québécoise et le Parti national social-chrétien et le discours antisémite de quelques prêtres du diocèse de Québec.