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481.Plus d’information
Ce texte propose une lecture critique du discours souverainiste sur la recomposition de l'espace public national québécois. L'auteur soutient essentiellement que la redéfinition de la nation souhaitée par les souverainistes québécois selon laquelle le Québec doit tendre vers l'accomplissement d'une nation dé-ethnicisée, fondée sur une logique civique et rationnelle, est en porte-à-faux par rapport à l'imaginaire social des Québécois et la réalité politique du Québec. Sous couvert d'adhésion à la raison universelle, cette redéfinition repose sur une mise au ban de l'ethnicité et des particularismes culturels et participe d'une volonté de subsomption à la fois de l'identité historique des Québécois et des identités autres qui composent désormais le tissu social du Québec en un espace public post-national et homogénéisant. Contrairement aux apparences, le sens de la nation qui dérive du projet théorico-politique des souverainistes cache en réalité un acte d'exclusion et des prétentions hégémoniques au profit de la nation historique. L'auteur soutient qu'il ne sert à rien d'évacuer la différence et l'altérité inhérentes à la dynamique politique québécoise. L'ethnicité et la culture sont des faits de conscience incontournables. Un véritable projet d'avant-garde de recomposition de l'espace public au Québec devrait plutôt chercher à en accepter les aboutissants et à réaliser une configuration institutionnelle flexible qui ne banalise pas l'altérité et la différence, qui ne hiérarchise pas les identités et qui ne soit pas fondée sur une conception préétablie de l'espace public. Cela implique l'abandon de la « Nation » comme pivot axiomatique de la communauté politique et une remise en question fondamentale des paramètres du libéralisme contemporain.
Mots-clés : Québec, souveraineté, nation, ethnicité, culture, identité, altérité, espace public, libéralisme, État, Quebec, sovereignty, nation, ethnicity, culture, identity, alterity, public space, liberalism, State, Quebec, soberanía, nación, etnicidad, cultura, identidad, alteridad, espacio público, liberalismo, Estado
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482.Plus d’information
RésuméTechniques de reproduction et reproduction de la société japonaiseLes nouvelles techniques de reproduction permettent de réaliser les désirs de procréation, là où c'était auparavant impossible. Ce texte décrit comment des femmes de Tokyo en âge de se reproduire réagissent envers l'accessibilité de la fertilisation in vitro et les tests génétiques. Ces réactions et l'analyse de leur contexte d'énonciation (notamment les notions de relations de genre au Japon) démontrent que l'interprétation de la praxis du corps en ce qui concerne ces techniques doit être mise en contexte, si bien que tout débat abstrait sur l'éthique de l'utilisation des techniques de reproduction est insuffisant. Les réactions de ces femmes sont contradictoires et révèlent, d'une part, une tension entre la rhétorique japonaise courante qui est en faveur d'un accroissement de l'individualisme et, d'autre part, les obligations envers la famille immédiate. Les techniques de reproduction sont utilisées avant tout pour créer un « contrôle des naissances » grâce auquel le rejeton « conviendra » aux attentes de la vie « normale » dans la société japonaise.Mots clés : Lock, épistémologie, savoirs populaires, techniques de reproduction, femmes, Japon
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483.Plus d’information
Nous nous proposons d'étudier deux périodiques de la presse féminine canadienne-française. La Revue moderne est publiée pour la première fois en novembre 1919, et l'année 1919-1920 apparaît comme le point de départ tout désigné de notre analyse. Nous poursuivrons avec les années 1939-1940 et 1945-1946 car elles nous permettront d'estimer l'influence de la deuxième guerre mondiale sur la conception du rôle social de la femme. Châtelaine fait son apparition en octobre 1960 et c'est une nouvelle orientation que nous nous attendons alors de trouver. Mais il s'agit d'une orientation susceptible de varier et les numéros de 1965, la dernière année complète que nous considérerons, nous permettront de les évaluer. Avant d'aborder notre analyse, il importe de préciser les perspectives et les limites du travail. Pareille recherche courait le risque de devenir un énorme inventaire allant des problèmes politiques aux soins de beauté. Il nous fallait centrer notre étude sur un thème susceptible d'en assurer l'unité. Nous chercherons comment la Revue moderne et ensuite Châtelaine conçoivent les modalités d'action de la femme dans la société. Pour ce faire, nous considérerons deux catégories de textes. Les éditoriaux et quelques articles de caractère général nous permettront de relever les modèles idéaux de comportement prônés par la revue. Des textes décrivant des situations concrètes et, plus précisément, des exemples de femmes jouant un rôle social, nous conduiront vers les modèles effectifs de comportement.
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484.Plus d’information
RésuméEn prenant comme espace de réflexion une recherche de terrain menée auprès des internautes qui socialisent dans les espaces d'échange en temps réel d'Internet, cet article propose une réflexion autour de quelques-unes des difficultés que pose la délimitation des frontières théoriques, disciplinaires et épistémologiques dans la pratique des terrains contemporains et de l'ethnologie du proche. Lorsque l'objet d'étude est un terrain non-spatialisé, est-il encore possible (et comment ?) de le circonscrire et de le baliser ? Comment peut-on penser une singularité disciplinaire dans un espace d'investigation où une multitude de disciplines, qui partagent souvent leurs méthodes et leurs a priori épistémologiques, se rencontrent, se croisent ou se superposent ? Enfin, dans quel espace épistémologique l'ethnologue du proche peut-il situer son analyse et sa démarche, alors qu'il enquête dans un univers qu'il partage avec ses participants et en regard duquel ceux-ci ont, bien avant lui, élaboré un ensemble de discours et de lectures permettant de lui donner sens ? À travers un cas concret, l'auteure propose une manière d'appréhender certaines de ces frontières et de circonscrire plus étroitement les questionnements auxquels l'ethnologue du proche et du contemporain doit faire face.
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487.Plus d’information
Ce texte s'insère dans le débat sur la dollarisation qui a lieu actuellement en Equateur, en Argentine, au Mexique ainsi qu'au Canada. Nous soutenons que, s'il est vrai que la dollarisation est un pocessus bien réel, le mode spécifique d'intégration qu'elle opère en est un dit « par la base » c'est-à-dire une intégration qui est le résultat des réactions des gouvernements et des agents économiques face à d'importants désordres politiques et économiques plutôt qu'une intégration, « par le sommet », dans laquelle l'union monétaire ne constitue qu'une partie d'un projet politique plus vaste. La thèse présentée dans cet article est que la dollarisation officielle ne se produit qu'après qu'un État ait subi d'importantes crises politiques et économiques: les situations les plus difficiles favorisent la dollarisation unilatérale.
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489.Plus d’information
Il est difficile de comprendre les changements majeurs en éducation à moins d’opérer un certain recul et d’épouser une vision plus large quant au paradigme dominant de gestion. Dans ce texte, on présentera quelques fondements théoriques sur la nouvelle gestion publique (NGP), paradigme de gestion à la base de la plupart des nouvelles réformes éducatives. Les principes peuvent se résumer à quelques mots : participation décisionnelle accrue des usagers vus comme consommateurs et électeurs, obligation de résultats quantifiables, décentralisation, imputabilité accrue, mise en place de cadres de contrôle. Il faut, dans l’application de la NGP en éducation, tenir compte de quelques constats tels que l’obligation de la mesure de la performance du système éducatif dans le contexte de la mondialisation, la reconnaissance de l’individualité de la personne, le rôle croissant des parents, les limites à l’absorption du changement et enfin l’émergence de la professionnalisation.
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490.Plus d’information
Durant le contexte de pandémie, nous avons entrepris avec les auteur.e.s de cette proposition une recherche préliminaire sur le racisme envers les personnes descendantes de migrants (PDM) asiatiques. Nous avons pris contact par l'entremise des médias sociaux avec un groupe qui s'est mobilisé durant cette période où le racisme envers les Asiatiques s'est amplifié dans la mesure où les premiers signes de la COVID-19 ont été identifiés en Chine. Pour cette recherche, nous avons effectué des consultations auprès de femmes descendantes de migrants (FDM) asiatiques au Québec. Au regard des résultats, et en nous appuyant de recherches antérieures sur l'héritage colonial concernant les PDM vietnamiens, nous proposerons une réflexion sur les effets du racisme, qui existaient bien avant la pandémie, dans la construction de soi des PDM asiatiques au Québec dans une visée de décolonisation des savoirs sur l'interculturalité en travail social.
Mots-clés : Racisme, descendants de migrants asiatiques, interculturalité, décoloniser, Racism, descendants of Asian migrants, interculturality, decolonizing