Documents repérés
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111.Plus d’information
Raymond Plante, l'un des principaux auteurs pour la jeunesse au Québec, a publié sept romans pour adolescents entre 1986 et 1998. L'article propose une étude synthétique de cet ensemble en le replaçant dans les courants contemporains d'écriture pour la jeunesse. Le cadre spatio-temporel, les personnages, les techniques narratives, les fonctions de l'intertextualité, la thématique et l'axiologie sont successivement analysés. Un trait esthétique, le romantisme, retient particulièrement l'attention.
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112.Plus d’information
Michael Lucey s’intéresse à la création d’une communauté appelée « public intime » dans l’œuvre d’Hervé Guibert, notamment ses textes portant sur le sida. En parlant de « misfits » (détraqués, marginaux), Lucey s’attache à une définition de la sexualité « queer » qui ne l’isolerait pas d’autres variables sociales, une sexualité hors de l’ordinaire, certes, mais fondamentalement intersectionnelle. Il rapproche Violette Leduc et Hervé Guibert, deux exemples de praxéologues au sens bourdieusien du terme, dans leur création d’un contre-public intime et marginal.
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113.Plus d’information
RésuméEn publiant sous le titre de Sciomachie (1549) le compte rendu des festivités organisées à Rome par le cardinal Du Bellay à l'occasion de la naissance de Louis d'Orléans, second fils de Henri II, Rabelais prétend fournir un récit « extraict d'une copie des lettres escrites [au] Cardinal de Guise », alors qu'en fait il traduit, en la remaniant et en l'augmentant, la relation italienne d'un contemporain, Antonio Buonaccorsi. L'alibi épistolaire est entretenu dans le corps même du texte, puisque le narrateur se justifie d'abréger son entrée en matière par le souci de ne pas excéder « la juste quantité d'une epistre ». En réalité, il semble que cet alibi épistolaire cherche à inscrire le texte dans le genre de la lettre d'information (epistola nunciatoria) en général et de la lettre de Rome (Romsbrief) en particulier, pour mettre en avant son caractère apparemment véridique et factuel. Même si le souci de la datation et de la chronologie rapproche la Sciomachie de ce type de lettre, le récit s'assimile bien davantage à une lettre démonstrative par le recours aux répétitions symétriques, l'emploi de termes techniques ou les emprunts au latin, au grec ancien et à l'italien, en offrant au besoin des gloses en français courant. En outre, la composition même des descriptions, en particulier de la fausse forteresse construite pour le simulacre de bataille, répond très exactement à la méthode préconisée par Érasme dans son De conscribendis epistolis. C'est que l'alibi épistolaire cherche à donner à la propagande royaliste de la Sciomachie le caractère vraisemblable d'un compte rendu épistolaire d'individu à individu, même si, dans les faits, le récit est destiné au plus large lectorat.
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119.Plus d’information
Le terme « transnationalisme » renvoie à une certaine idée d'anhistoricité et suppose des relations de type vertical par opposition au terme « postcolonialisme » que son préfixe ancre dans une historicité vectorielle. En partant du postulat que le transnationalisme se traduit, du point de vue de la langue, par la métaphore (qui partage avec le transnationalisme cette idée de verticalité), l'auteure de cet article montre comment le roman de Pierre Nepveu, L'Hiver de Mira Christophe, use d'une stratégie de performativité pour illustrer les conséquences d'un mode de représentation qui serait métaphorique, examen qui se situe à la fois dans un rapport à la littérature et à sa glose, mais aussi dans une manière d'être au monde face à l'exil.
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120.Plus d’information
L'oeuvre de Sophie Calle se place d'emblée dans une relation ludique par rapport aux textes et au personnage de l'écrivain Hervé Guibert. Si No Sex Last Night s'ouvre sur l'annonce par Sophie de la mort de son ami Hervé, si Douleur exquise raconte un épisode d'intimité, celui du bain, entre Calle et Guibert, si Guibert fut le dépositaire négligent d'une photo d'enfance de l'artiste sur laquelle il écrit un texte que Calle recopie dans un de ses propres livres, force est de constater que le travail de Calle se met sous le signe de rendez-vous artistiques, sporadiques avec Hervé Guibert et ses écrits. Ces derniers se donnent d'ailleurs comme relances ou entraves au processus de création. Hervé Guibert serait un des spectres de Calle, une « image-fantôme », pour reprendre ici le titre d'un livre de Guibert, qui visite Sophie de temps à autre et dont celle-ci suit les demandes et les prières. Et c'est par le biais de cette photographie de Sophie enfant qui a été prêtée à Guibert, photographie qu'il a perdue puis retrouvée, qu'il nous est possible de réfléchir sur le « M'as-tu vue, Hervé? » que Calle lance sans cesse dans sa propre oeuvre.