Documents repérés
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571.Plus d’information
RésuméEn France, est-ce injurier quelqu'un que de taxer son propos d'antiaméricanisme ? Voilà la question à laquelle l'auteur de cette communication entend apporter quelques éléments de réponse en passant par une analyse de la pièce de théâtre La putain respectueuse et du tollé que ses premières représentations, en novembre 1946, soulevèrent dans la critique parisienne. L'étude amènera en outre l'auteur à se pencher sur le type particulièrement brutal de relation que, dans sa volonté d'engagement, le théâtre sartrien établit avec son public.
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573.Plus d’information
Pendant près de deux millénaires, « faux-Judéens » et « synagogue de Satan » de Smyrne et de Philadelphie (Ap 2,9 ; 3,9) ont été considérés comme des « Juifs », membres des « synagogues » de ces villes, hostiles aux « chrétiens » qu'ils auraient même dénoncés auprès des autorités. Dans la deuxième moitié du xxe siècle, dans un contexte qui a suscité tout un courant de réflexion critique sur l'antisémitisme chrétien, plusieurs ont proposé de voir dans ces « Juifs » des factions hostiles à Jean au sein des assemblées auxquelles il s'adresse. L'hypothèse qui est proposée ici est de voir, dans ces Judéens accusés de blasphème et taxés d'être de faux Judéens ou des Judéens menteurs, des membres de l'ethnos Judéens souillés, aux yeux de Jean, un prophète judéen sectaire, par leur intégration dans le tissu associatif de la cité. Quant à la « congrégation de Satan » qu'ils formeraient, elle ne doit pas être entendue comme la désignation d'une communauté judéenne ayant une existence réelle dans la cité, mais comme une pure construction de Jean, prophète de Jésus le Vivant qui ne se savait pas encore chrétien, visant à démoniser non pas tous les Judéens de ces deux cités, mais certains Judéens infidèles aux commandements et, donc, à leur identité judéenne.
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575.Plus d’information
Depuis le début des années 1970, Nairobi a pris une place centrale dans la fiction kenyane. Ville où convergent les migrants des campagnes et les exilés des pays en crise alentour, elle constitue « un microcosme, un monde en soi, qui représente, plus qu'un simple aspect de la société kenyane, ce qu'est véritablement le Kenya » . Pour les jeunes écrivains kenyans, elle est un personnage à part entière : « C'est une magicienne devenue prostituée. Elle est aussi psychotique. Et schizophrène » . Les écrits de cette nouvelle génération s'articulent ainsi autour de la figure ambivalente de Nairobi, ville qui, de simple décor réaliste, est devenue au fil des pages et du temps un lieu palimpseste, et qui à son tour imprime sa marque sur les corps qui la traversent. Écrire la ville, c'est avant tout s'écrire, projeter sur elle ses incertitudes quant à la place qu'on y occupe. Lieu liminaire, « espace ambigu [...] dans lequel les constructions du chez-soi et de l'ailleurs sont temporairement interrompues avant d'être réinscrites, réordonnées, en tout cas reconstituées » , la ville est aussi un lieu carnavalesque, où tous les retournements sont possibles et où l'identité de ses habitants est sans cesse remise en question. Nairobi, dans les textes de la nouvelle génération d'auteurs kenyans comme Yvonne Adhiambo Owuor, Binyavanga Wainaina ou Mehul Gohil, se fait donc texte et miroir, espace où se déchiffre la nature de la condition de l'homme kenyan.
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577.Plus d’information
Cet article se penche sur le film de Sam Garbarski, Irina Palm (2007). Un petit garçon, Ollie, est gravement malade et le coût du traitement dépasse les moyens financiers de sa famille. Pour amasser la somme, Maggie, sa grand-mère, se fait embaucher dans un sex-shop où, cachée derrière un mur, elle masturbe à la chaîne des clients. Satisfaite, la clientèle se multiplie et les hommes sont bientôt légion à fréquenter son isoloir et à fantasmer être livrés aux mains expertes d'une créature merveilleuse nommée Irina Palm. L'expérience de Maggie, qui pourrait être vécue comme une décrépitude morale, devient au contraire une occasion de perfectionnement. En s'occupant des autres et de son travail, elle devient à nouveau désirable et libre pour la première fois de sa vie. L'actrice Marianne Faithfull, qui l'incarne, sert au public féminin une leçon de vieillissement. Ce film traite du travail du care, du travail domestique et travail sexuel dans un continuum, dans la lignée du mythique Jeanne Dielman (1975) de la réalisatrice belge Chantal Akerman.
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