Documents repérés
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962.Plus d’information
Dans Guelwaar, diffusé sous forme de film en 1992 et publié en roman en 1996, Ousmane Sembène offre une exposition détaillée de l'un de ses thèmes privilégiés : la religion comme obstacle au progrès social. Cet article examine comment Sembène, qui se considérait comme un « griot moderne », a habilement utilisé ses techniques cinématographiques et littéraires pour transmettre son message. Dans son film, il s'est concentré sur quelques éléments qu'il a su amplifier ; dans son roman, il a pu développer des nuances qu'il n'avait pu mettre en évidence dans son film. Le roman contient donc une description plus approfondie de la réalité. Subtil, frappant, le message de Sembène dévoile les aspects négatifs et positifs de la religion, ce qui lui permet d'atteindre son objectif : l'éducation de son peuple.
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963.Plus d’information
Ce mémoire traite de la prostitution d’un point de vue philosophique. Pour ce faire, il est nécessaire que l'on étudie le concept d’autonomie, puisqu’il est employé de part et d’autre par les intervenants dans le débat public et théorique. En évaluant les contributions de philosophes, ce mémoire esquisse une position mitoyenne. Ainsi, dans un premier temps, on rapportera la contribution d’auteurs de la tradition libérale, qui considèrent que la prostitution est un travail ou une vision de la sexualité acceptable. En dénonçant le lourd tribut d’une morale conventionnelle dépassée, ils ont montré que le respect des choix individuels est primordial et doit servir de guide au moment de penser l’intervention de l’État. Ce faisant, ils ont néanmoins omis de considérer dans leur équation des éléments …
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964.Plus d’information
(en) revenir (roman) (en) revenir est un roman autofictif rédigé à la première personne du singulier, composé d’un enchaînement d’épisodes anecdotiques permettant d’en connaître davantage au sujet de sa narratrice, Véronique. Dans le début de la vingtaine, la jeune femme raconte avec recul, introspection et humour son passage de l’adolescence à l’âge adulte, en y évoquant les rencontres marquantes qu’elle a effectuées durant ces années charnières de sa vie. Parmi celles-ci se trouvent Max, son ancien copain et premier amour, dont la narratrice est encore amourachée, et Amélie, meilleure amie excentrique et collègue de travail au Café Beausoleil à Saint-Roch, où une grande partie de l’action prend place. De ce fait, la Basse-Ville tient également un rôle central au sein du récit, puisque c’est dans …
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965.
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966.Plus d’information
RésuméCet article théorique pose un regard critique féministe sur la recherche et l'intervention récentes en matière d'éducation sexuelle au Québec et ailleurs. Deux courants de recherche se dégagent de la littérature scientifique : l'un concerne la prévention des problèmes sociaux liés à la sexualité et l'autre, la compréhension de la construction sociale de ces problèmes. L'attention accordée à des populations dites « à risque » appuie et renforce la thèse voulant que l'éducation sexuelle soit un phénomène marqué socialement, par le sexe et l'âge notamment, la sexualité des jeunes femmes faisant l'objet d'un plus grand contrôle social. Cette tendance s'observe dans plusieurs interventions d'éducation sexuelle : l'essentialisme, le naturalisme, l'hétérosexisme, l'âgisme, ainsi que les limites du discours préventif, sont abordés. L'auteure conclut en proposant l'adoption d'un modèle d'éducation sexuelle basé sur des principes féministes.
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967.Plus d’information
L'article porte sur l'attraction érotique que la Casbah d'Alger a constitué pour les touristes, en particulier dans les années 1930. Exotisée en tant que haut-lieu de l'orientalisme, la Casbah est essentiellement érotisée à travers la mise en scène de deux figures indigènes : la femme recluse et la femme publique. La première est à entr'apercevoir sous son voile ou sur sa terrasse, et c'est son interdit qui fonde son charme ; la seconde se donne à voir dans la rue, et c'est sa disponibilité qui fait son attrait. La visite touristique de la Casbah, qui se fonde sur un droit de regard typiquement colonial, constitue une forme de slumming dont la Mauresque est le motif principal. Analysant des guides de voyage, des cartes postales et divers types de récits, cet article montre le processus d'exo-érotisation à l'œuvre, qui fait de la Casbah un lieu de phantasme et de voyeurisme. Ce processus, qui exerce une certaine violence sur les habitantes de la Casbah, fonctionne pour partie sur un mode performatif, l'imaginaire touristique tendant à modeler le monde qu'il est censé refléter.
Mots-clés : altérisation, bas-fond, colonialisme, orientalisme, prostitution, sexscape, slumming
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968.Plus d’information
RésuméEngendré par les petites annonces des journaux, façonné par le discours des médias, des avocats, des médecins et des psychologues, le phénomène dit des "mères porteuses" est né d'une langue dominée par les métaphores corporelles, les phantasmes et les codes masculins. Ce morcellement de l'enfantement, étonnante opération du langage défaisant la mère de cette même langue qui a fait le père, est aussi un exemple magistral de la collusion des trois pouvoirs du langage, ces trois pouvoirs dominants de la société moderne, selon Michel Serres. On y voit le pouvoir performatif de l'administration (avocats, agences et tribunaux) s'associer au pouvoir séducteur des médias et au pouvoir de vérité de la science (médecins et psychologues) pour assimiler l'enfantement aux schémas masculins de la sexualité et de l'engendrement au profit du géniteur-acheteur. D'ailleurs, l'essence même de l'enfantement contractuel est de nier le caractère hautement symbolique et culturel de l'engendrement pour assujettir un corps féminin purement instrumental au langage, faisant ainsi prévaloir le signe (monétaire et contractuel) sur l'expérience et la conscience de la procréation ainsi que le fractionnement du corps "nous la payons pour son utérus", sur l'intégrité physique et psychique de la mère. Critique épistémologique et analyse sémantique de la construction lexicale du phénomène de l'enfantement contractuel, cet essai explore l'une des facettes de la transformation des rapports socio-sexués de procréation à l'œuvre dans les développements de la techno-économie de la reproduction.
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969.Plus d’information
Le thème de l'innocente menacée, récurrent dans l'oeuvre de Prévost, fait l'objet d'une même anecdote rapportée dans les Mémoires d'un honnête homme (1745) et dans le Monde moral (l 760), anecdote racontée respectivement par la victime et par le libertin séducteur. Ces deux versions, apparemment complémentaires, correspondent pour Prévost à deux manières d'appréhender le phénomène libertin, à des moments différents de sa production. Leur comparaison permet d'interroger le discours oblique qui est tenu sur le libertinage dans ces textes, en particulier les non-dits et les résistances des narrateurs vertueux (qui s'érigent en juges du « désordre ») et la fantasmagorie de ces épisodes (la figure du père libertin, séducteur incestueux, ressort de l'histoire des Mémoires d'un honnête homme , tandis que le récit du Monde moral exhibe la faillite de tout libertinage conquérant). Prévost propose en termes de séduction et de censure une vision critique d'un libertinage contaminé, en quelque sorte, par le moralisme des deux narrateurs qui ne savent que gémir sur la dépravation des moeurs. N'est-ce pas un moyen pour Prévost de traduire certaines angoisses liées au comportement libertin - exhibition phallique, si l'on considère le modèle de Don juan ? Cette hypothèse permettrait de reconsidérer le libertinage immature de des Grieux ou le libertinage velléitaire de l'ambassadeur de l'Histoire d'une Grecque moderne. Après 1740, les tentations libertines apparaissent chez Prévost sous forme d'obsessions et de désirs de violences sexuelles plus ou moins refoulés.