Assurances et gestion des risques
Insurance and Risk Management
Volume 77, numéro 1-2, 2009
Sommaire (12 articles)
ARTICLES ACADÉMIQUES / ACADEMIC ARTICLES
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Réplication d’obligations risquées avec des modèles d’options
Asshvin Gajadharsingh et Van Son Lai
p. 1–20
RésuméFR :
Les obligations à hauts rendements ou (high-yield bonds (HYB)) ont la particularité d’être fortement corrélées avec l’équité contrairement aux obligations de haute qualité qui sont quant à elles fortement corrélées avec les obligations gouvernementales. Intuitivement, cela indique qu’il serait possible de répliquer la performance des HYB en utilisant des instruments qui dépendent directement de l’équité. En nous inspirant des travaux de Ramaswami (1991) et de Hussain (1993) pour reproduire la performance des obligations à hauts rendements, nous construisons des portefeuilles synthétiques dans le cadre du modèle d’options de Black-Scholes (1973) et Merton (1973,1974). Nous appliquons les résultats théoriques obtenus à diverses obligations actuellement transigées sur le marché pour tester la performance des stratégies de réplication. Nous avons constaté que les stratégies de couverture Δ – Γ – Θ fonctionnent mieux lorsque la volatilité de l’obligation risquée est comparable à celle de l’action.
EN :
High yield bonds (HYB) behave as equity unlike investment grade high quality bonds which are strongly correlated with government debts. This means that it is possible to replicate HYB performance using assets which are close to equity. Using equity option model (Black Scholes (1973)) combined with credit structural model (Merton (1974)) we extend Ramaswami (1991) and Hussain (1993) works to reproduce the performance of HYB by way of constructing synthetic portfolios. To assess the performance of the replication hedging strategies, we test our theoretical model on various bonds (namely of Ford, General Motors and Rite Aid) which are traded in the market. We find that Δ – Γ – Θ based hedging strategies perform best when risky bond returns volatilities are closed to those of firm equity.
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Valeur extrême et l’estimation de la prime pure en traité de réassurance en excédent de sinistre
Mohamed Dakkoun et Mohamed El Arrouchi
p. 21–31
RésuméFR :
Les valeurs extrêmes, aussi rares soient-elles, peuvent engendrer des dégâts considérables dans plusieurs secteurs et surtout dans celui des finances et de l’assurance. Dans cet article, nous nous intéressons à l’estimation de la prime pure en réassurance en excédent de sinistre dans le cas des risques lourds (queue épaisse). Dans un premier temps, nous allons nous servir des résultats des lois limites des valeurs extrêmes pour la tarification de ces plus gros coûts de sinistres. Deux approches de tarification, non paramétrique et semi-paramétrique , seront menées à l’étude. Dans un second temps, nous présenterons une application de telles approches sur des données réelles provenant de la compagnie d’assurance Zurich, Tanger, Maroc.
EN :
Extreme values, so rare they are, can cause considerable damage in several sectors and especially in the finance and insurance. In this paper, we consider the estimation of insurance premiums for excess-of-loss reinsurance policies in excess of a high retention level. In the first step, we’ll use the results of extreme value theory for pricing these larger costs of claims by two approaches: non-parametric and semi-parametric. In the second step, we will present an application of such approaches on real insurance data from Zurich Insurance Company in Tanger, Morocco.
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Protecting directors and officers against liability arising from aggressive earnings management
Martin Boyer et Amandine Hanon
p. 33–58
RésuméEN :
A lingering topic in corporate governance is whether corporate directors should be protected against shareholder lawsuits and whether such protection reduces the incentives of directors to monitor appropriately the behaviour of corporate officers. To achieve this goal, we examine whether corporations whose corporate managers’ wealth is protected under a directors’ and officers’ liability insurance policy (D&O insurance hereafter) are more to report accounting results aggressively. Using discretionary accruals as our measure of accounting aggressiveness, the results in our paper suggest that the magnitude of discretionary accruals has no real impact on the demand for D&O insurance, be it on the decision to purchase insurance or on the amount of limit chosen. The positivity of discretionary accruals appears, however, to have an impact on the decision to purchase insurance. Surprisingly, although these insurance policies protect directors and officers in the event they make a “mistake” in their role as representatives of the company, directors do not seem to see this as an invitation to be a little less careful when overseeing the firm’s accounting practices.
FR :
Un sujet qui demeure d’actualité quand on pense à la gouvernance des entreprises est le niveau de protection auquel les dirigeants devraient avoir droit en cas de poursuite par les actionnaires. Pour atteindre ce but, nous examinons s’il y a un lien entre la gestion agressive des courus discrétionnaires et la demande d’assurance de la responsabilité civile des administrateurs et dirigeants d’entreprise (ARCAD ci-après). Nous trouvons dans la présente étude que la taille des courus ne semble avoir aucun impact sur la demande d’assurance, que ce soit au niveau de la décision de souscrire un contrat ou du choix de la limite de la police. Le fait que les courus soient positifs semble toutefois avoir un impact sur le fait que les entreprises possèdent une ARCAD ou non. Nous demeurons perplexes de voir que même si l’ARCAD protège les dirigeants contre le coût de poursuites de nature civile, ces mêmes dirigeants ne voient pas cela comme une invitation au laxisme dans la supervision des pratiques comptables des entreprises.
ARTICLES PROFESSIONNELS / PROFESSIONAL ARTICLES
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La pratique de la finance islamique
Issouf Soumaré
p. 59–78
RésuméFR :
Le système financier islamique (SFI) repose essentiellement sur le principe de non pratique de l’intérêt (riba) jugé usurier par les lois islamiques et prône le partage des risques et profits/pertes. Au cours des dernières années, les actifs financiers islamiques ont connu une croissance moyenne de plus de 10 %. Cette croissante pourrait être plus importante dans le futur si le SFI arrive à pénétrer vigoureusement d’autres marchés au delà de la région du Golfe persique et du sud est asiatique, où il est présentement concentré. En effet, on constate une sous représentativité des banques islamiques dans plusieurs pays occidentaux tels que la France qui regorge d’une forte présence musulmane. Aussi, plusieurs grandes banques occidentales ont des divisions de finance islamique. Cependant, même si les principes de base de la pratique de la finance islamique pourraient apporter une meilleure éthique à la façon de pratiquer la finance, il n’en demeure pas moins que le SFI n’est pas à l’abri des mêmes abus que connait le système financier conventionnel. Néanmoins, étant donné que le SFI est à ses premiers développements, pour une meilleure gestion des risques, il est impératif de mettre en place : (1) une infrastructure de liquidité systémique, (2) une infrastructure juridique, (3) une infrastructure de divulgation de l’information et (4) un mécanisme d’assurance des dépôts.
EN :
Islamic finance prohibits the charge of interests (riba), being usury under Islamic law (Sharia), and promotes profit and loss sharing. Over the past years, Islamic financial assets have grown at an average rate of more than 10%. This growth can even increase in the future, if the Islamic Financial System (IFS) succeeds in penetrating other markets beyond the Persian Gulf and South East Asia, where it is currently concentrated. Indeed, Islamic banks are underrepresented in many western countries such as France with a substantial Muslim population. Also, many large western banks have Islamic banking windows. Although, Islamic finance principles can improve the ethics of the current practice of finance, the IFS is not immune against risks facing conventional finance. Nevertheless, being at its early development stages, putting a sound risk management system will require (1) a systemic liquidity infrastructure; (2) a legal infrastructure; (3) an information infrastructure; and (4) financial safety net mechanisms.
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La finance islamique – Questions pertinentes ou impertinentes ?
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Le risque de longévité : importance, mesure et implications : première partie
Patrice Boucher et Martin Boyer
p. 85–106
RésuméFR :
Se questionner à savoir combien d’années une population donnée vivra est un sujet d’une importance cruciale pour les assureurs et les entreprise et gouvernements aux prises avec des fonds de pension à prestations déterminées. Au Canada le coût des programmes de retraite et de sécurité sociale, dont la Sécurité de la vieillesse, le Régime de pensions du Canada et la Régie des rentes du Québec, dépendent fortement de la longévité de la population. Il en est de même pour les régimes de pensions et les compagnies d’assurance-vie, qui offrent à leurs bénéficiaires des prestations déterminées sous la forme d’une rente viagère. Nous présentons dans ce premier article d’une série de trois l’importance du risque de longévité, une méthodologie de mesure et les implications économiques d’un tel risque pour les entreprises et les gouvernements.
EN :
How long will live a given population? The answer to this question is crucial for insurers as well as for corporations and governments that have promised benefit payments upon retirement. For Canadians the cost of certain public programmes, such as Canada’s Pension Plan, depends directly on the life span of the population. This is also the case for private pension plans and the profitability of insurance companies that offer annuity services. We present in this first of three articles on longevity risk the importance, the measurement and the economic implications of longevity risk for corporations and governments.
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Australian General lnsurance: Paradigm shift in Distribution Model
Shishir Kumar
p. 107–141
RésuméEN :
Australian General insurance industry has witnessed historically strong profit. And, the profitability is expected to be strong in the years to come, as a result of continuous low enforcement and changing market dynamics. However, the industry is witnessing structural changes over the years. Government’s regulatory mechanisms to protect industry and investors are pushing small players towards consolidation. The intensified competition has also led to decline in the number of insurers and clustering amongst the local brokers. Brokers are expected to gain in the personal as well as commercial line of business in near term. Brokers’ gain in personal lines seems to be surprising.
FR :
L’industrie australienne de l’assurance de dommages a toujours connu une forte profitabilité, qui devrait perdurer dans les années à venir en raison d’un faible contrôle réglementaire et d’un dynamisme dans l’évolution des marchés. Toutefois, l’industrie a connu des modifications structurelles au cours des ans. Les mécanismes de réglementation gouvernementale qui protège cette industrie et les investisseurs ont forcé les joueurs de faible dimension à la consolidation. La concurrence accrue a également engendré une réduction des compagnies d’assurance et un regroupement des courtiers locaux. À court terme, on s’attend à ce que les courtiers en retire un profit, tant dans les lignes d’affaires personnelles – ce qui peut paraître étonnant – que dans les lignes commerciales.
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Les nouvelles sociétés à responsabilité limitée et l’assurance de responsabilité
Marie-Josée Teixeira
p. 143–156
RésuméFR :
Depuis 2001, le Code des professions permet aux professionnels de se regrouper au sein d’une société en nom collectif à responsabilité limitée (s.e.n.c.r.l.) ou d’une société par actions (s.p.a.). Ce texte propose, dans un premier temps, de faire le point sur la responsabilité civile de la société et des professionnels ayant choisi l’une de ses formes juridiques pour exercer leur profession. Dans un deuxième temps, il y est question des principales protections d’assurance de responsabilité qui s’imposent à ces nouvelles sociétés de professionnels. L’auteur fait notamment état du fait que si l’assurance de responsabilité professionnelle obligatoire peut s’avérer suffisante pour protéger le public, elle suffit rarement à protéger le patrimoine des professionnels et de leurs sociétés.
EN :
Since 2001, the Professional Code allows professionals to come together in a partnership with a limited liability partnership (L.L.P.) or a joint stock company. This article first proposes to review the liability rules of the partnership and professionals who have chosen one of the above mentioned legal forms to exercise their profession. ln a second step, the issue of main liability insurance protections required for these new partnerships is examined. The author states in particular that if the mandatory professional liability insurance may be sufficient to protect the public, it is rarely enough to protect both the professional’s patrimony and their partnership estates.
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Histoire de l’assurance canadienne de l’origine jusqu’à la Confédération
Rémi Moreau
p. 157–172
RésuméFR :
L’histoire moderne de l’assurance a débuté avec le grand feu de Londres, en septembre 1666, qui prit racine dans une boulangerie du roi et qui embrasa toute la Cité. Ainsi apparurent progressivement les premières compagnies d’assurance incendie, puis les premières initiatives d’assurance maritime, quelque vingt ans plus tard, dans le Café d’Edward Lloyd. Le début de l’assurance en Amérique, à la fin du XVIIIe siècle, principalement dans le Haut et le Bas-Canada, est donc marqué par le développement de l’assurance en Angleterre.
L’auteur ne manque pas de décrire les multiples dangers que durent affronter les Canadiens de l’époque, car un incendie pouvait facilement les acculer à la ruine ou encore détruire totalement les villes de l’époque. Il énumère les premiers assureurs incendie et assureurs vie à s’implanter au Canada, sans oublier les sociétés mutuelles et les sociétés de secours mutuels. Il précise comment l’assurance canadienne s’est développée, au début du XIXe siècle, sous l’impulsion de l’essor économique, par les premières initiatives des assureurs en matière de contrôle des risques, suivies par l’implication des gouvernements et par l’adoption des premières législations et règlementations jusqu’à la promulgation de I’Acte de l’Amérique du Nord Britannique en 1867.
EN :
The start of modern insurance is traced to London on September 1666 when fire spread in the king’s bakeshop and nearly destroyed the City. lnsurance companies against the risk of fire began at that time, following twenty years later by the marine insurance in Edward Lloyd’s Coffee House. The development of British insurance introduced the creation of fire insurance everywhere on the American continent at the end of the 18th century, including Upper and Lower Canada.
The author describes the fears and dangers under which Canadian people were living at that time, not the least was the peril of fire which could mean financial ruin for individual and major disasters for the cities. He identifies the first fire and life insurers established in Canada, as well mutual, benevolent and friendly societies. He points out the development of insurance in the 1800s, paralleled to the major economic changes over the years, to the needs for insurers to establish some rules of preventing and controlling the risks and to the Government involvement by the adoption of the first legislations and regulations till the promulgation of the British North America Act in 1867.