FR:
Cet article s’intéresse à la manière dont s’articulent révisionnisme et négationnisme dans les écrits publics du militant Adrien Arcand (pamphlets, journaux, entrevues) selon une perspective à la fois diachronique et synchronique. Nous soutenons que ses positions révisionnistes, d’emblée extrêmes dans l’entre-deux-guerres, se radicalisent encore par la suite, en réaction à des événements marquants, comme les procès notoires de Nuremberg (1945-1946) et d’Eichmann (1961-1962), jusqu’à basculer dans le négationnisme. L’entreprise de révision de l’histoire d’Arcand, amorcée dès 1929, est régie par le schème métahistorique d’un complot mondial judéocommuniste. L’idéologue québécois s’ingénie à repérer les traces dudit complot à travers l’histoire, y compris l’actualité récente de son époque, voyant, par exemple, dans les deux guerres mondiales ou la Révolution tranquille, des victoires des complotistes juifs.
EN:
This article examines the mobilization of historical revisionism and holocaust denial in the published work (pamphlets, newspaper articles, interviews) of militant Adrien Arcand from a both diachronous and synchronous perspective. His revisionist positions, already extreme in the interwar period, were further radicalized in response to key historic events after 1945, notably the Nuremburg trials (1945-1946) and the trial of Adolf Eichmann (1961-1962), which led him to adopt a fully negationist position vis-à-vis the Holocaust. Already begun in 1929, Arcand’s revisionist project was informed by his evolving vision of a metahistorical scheme of global Judeo-Communist conspiracy. The Québécois ideologue sought traces of this conspiracy throughout history and in contemporary affairs, seeing in the World Wars and the Quiet Revolution, for example, proof of victorious Jewish plots.