DÉPLACEMENT[Record]

  • Ingrid Cogne

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DÉPLACEMENT Ingrid Cogne L’utilisation de la notion de déplacement est née d’une inten/uition de (re-)créer du temps. Petit à petit, le déplacement est devenu un outil et/ou une méthode que j’utilise en tant qu’individu, artiste et chercheuse. Ce paradigme occupe une position d’activateur et de filtre. Le déplacement (re)présente des procédés de mouvement, d’organisation et de distraction. Le déplacement vise à conserver un processus en cours et limiter l’apparition de hiérarchie, de contrôle, de règles qui pourraient retenir les possibilités de changement. Il combat l’immobilité – l’arrêt sur image – des perceptions et représentations. J’appelle re/cherche, une pratique qui combine être dans le « faire » et l’« analyse du faire » dans un même temps – des « faire » simultanés. Le déplacement facilite – supporte, accompagne, marque, scande, filtre – mes processus depuis que re/chercher est au centre de mon questionnement. Je place ce moment en 2008. L’articulation d’une terminologie vise au remaniement d’une réalité physique et de la texture de connaissances pratiques. Le ton de mon écrit relève d’une approche orale. La parole, l’oralité et la conversation, tout comme la transition entre un matériel oral et un matériel écrit, sont au coeur de mes pratiques et méthodes. Vocabulaire, langage, et formulation utilisés créent une zone trouble – en raison de la quantité et de la complexité des informations présentées. À l’oral, gestes, regards, et autres formes de langage corporel sont des données au même titre que les mots. Je pense une – dramaturgie de la chorégraphie et une chorégraphie de la dramaturgie de la – connaissance basée sur la distraction et l’activation, la répétition ou la confrontation, en proposant des temps de suspension et de saturation. Le déplacement fait la circulation. Le déplacement invite et facilite la focalisation du placement sur ce qui est invisible, immatériel, ou caché. Vous pouvez l’utiliser pour resituer votre perception – projections et représentations – ou pour concentrer l’attention sur le réservoir de la connaissance qui n’a pas été (trop ou encore) articulé. Je travaille avec et sur la dramaturgie du « comment » et des relations entre « contexte », « contenu », et « format ». Le déplacement permet de réinstaller, d’avoir une utilisation réfléchie de situations existantes, et/ou de créer des situations appropriées. Le déplacement se fait dans un mouvement constant. Déplacer et être déplacée – bouger et être bougée – implique une lecture ininterrompue des contextes (qui sont aussi perpétuellement en mouvement). L’activation et la résistance sont des actions (au sein) de ces mouvements. Il y a des déplacements partout (de qui, de quoi) et leurs mouvements performent simultanément, parallèlement ou entremêlés (comment). Cette méthode de travail du déplacement a ses propres réalités, temporalités et espaces et entraîne des divergences et des superpositions. Je me concentre sur les processus et mouvements d’articulation, de transformation et de circulation. « Déplacer » c’est investir les éléments concernés (une personne, un objet, un mot, ou une autre chose) dans de nouvelles positions, dispositions, et donc fonctions. Tout mouvement est transformation. Un déplacement dé- et re-contextualise : il y a changement d’environnement. Une nouvelle disposition active la mise en jeu des relations. Figurons cette reconfiguration. Repositionnons-nous. La perception se redessine. Les échelles se transforment. Toute proposition contient invariablement une autre proposition. Il y a une multitude d’angles et de portes pour approcher les connaissances et la manière dont les données sont/peuvent être connectées entre elles. Les données sont des points de référence momentanés. Quand un élément est déplacé (bougeant de lui-même ou bougé) cela implique un changement de place. Le déplacement crée une nouvelle configuration des ...

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