Recensions et comptes rendusThéologie

Jean-Noël Aletti, Le Messie souffrant, un défi pour Matthieu, Marc et Luc : essai sur la typologie des évangiles synoptiques (Le livre et le rouleau). Namur, Éditions jésuites - Lessius, 2019, 14,5 × 20,5 cm, 183 p., ISBN 978-2-87299-372-7

  • Anne-Marie Chapleau

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  • Anne-Marie Chapleau
    Institut de formation théologique et pastorale, Chicoutimi

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Cover of Le bon pasteur : une métaphore parlante pour un <em>leadership</em> d’aujourd’hui ?, Volume 74, Number 2-3, May–December 2022, pp. 161-456, Science et Esprit

Les auteurs du monde grec antique recouraient au genre littéraire de la biographie (bios en grec) pour faire connaître et honorer les hommes illustres de leur époque. Seuls ceux qui s’étaient distingués par quelque haut fait – victoire militaire, oeuvre philosophique, scientifique ou culturelle, discours remarquable – pouvaient se qualifier pour un tel hommage. Il eût été impensable, pour un écrivain, de prendre comme sujet de son récit élogieux un pauvre hère condamné à une mort infamante sur une croix et ne jouissant aucunement de la reconnaissance (anagnôrisis) requise. Et pourtant, c’est exactement ce qu’ont fait les évangélistes ! Pour que leurs bioi soit recevables, ils ont dû relever l’immense défi de qualifier Jésus comme personnage remarquable. C’est, selon Aletti, l’utilisation de la typologie qui leur a permis de réussir ce tour de force. Son essai explique comment ils s’y sont pris. Le professeur émérite de l’Institut Biblique pontifical de Rome n’a guère besoin de présentation. Il est largement reconnu comme spécialiste du Nouveau Testament et, en particulier, du corpus paulinien, des évangiles synoptiques et des Actes des Apôtres. L’ouvrage dont il est question ici est en fait la suite d’un premier essai consacré « aux évangiles comme biographie ». Il en reprend les conclusions et s’appuie sur elles pour poursuivre son analyse. Le lecteur qui n’aurait pas lu cette première partie n’est pas pour autant largué ; Aletti veille à lui fournir tous les repères nécessaires pour qu’il suive bien ses explications. On peut d’ailleurs souligner d’emblée le souci pédagogique dont fait preuve l’auteur tout au long de son enquête. Même si l’ouvrage est d’abord destiné aux exégètes, il demeure accessible aux théologiens et aux personnes ayant une certaine culture biblique. Tout concourt à bien guider le lecteur : table des matières détaillée, chapitres, sections et sous-sections bien identifiés par des titres et sous-titres, index des auteurs et des passages bibliques, en plus, bien sûr, de la bibliographie. De nombreux schémas et tableaux émaillent le texte et facilitent l’examen des données bibliques. De plus, l’exégète prend soin d’énoncer clairement ses hypothèses de travail, de rappeler au besoin les thèses qu’il cherche à démontrer, de présenter au terme de chaque section les conclusions partielles auxquelles il en arrive, puis d’en faire la synthèse et le bilan dans la conclusion de chaque chapitre. Il évoque aussi périodiquement les fondements sur lesquels il construit son argumentation, pour éviter toute mauvaise compréhension de ce qu’il avance. Par ailleurs, il pointe lui-même les difficultés et les objections que l’on pourrait soulever à propos de ses démonstrations pour ensuite y répondre. L’essai d’Aletti se déploie sur six chapitres qui suivent une brève introduction. Les deux premiers chapitres exposent la question de la typologie des synoptiques et discutent de critères et de méthodologie. Les chapitres 3, 4 et 5 s’attardent chacun sur un des évangiles synoptiques. Enfin, le dernier chapitre joue le rôle d’une conclusion. Mais qu’entend-on exactement par « typologie » ? Aletti en fournit, en début de parcours, une définition classique : « la perception de correspondances significatives entre les caractéristiques et les circonstances de deux individus, institutions ou événements historiques, correspondances telles que chacun est compris comme une anticipation ou un accomplissement de l’autre ». À un type (ou figurant) de l’Ancien Testament, correspond un antitype (ou figuré) dans le Nouveau. Pour la tradition chrétienne, l’antitype est supérieur au type et vient l’accomplir. Mais Aletti, en examinant comment les auteurs synoptiques établissent des liens entre Jésus et certains personnages du Premier Testament, et notamment des prophètes, en conclut que « la relation typologique ne consista pas d’abord à raisonner …

Appendices