Humain objet, humain sujet : initiation à quelques notions de philosophie de l’histoire et d’épistémologie des sciences humaines
On aurait pu croire que les notions universelles d’humanité et d’histoire allaient céder leur place à des concepts moins idéologiques… On aurait pu croire aussi que le constructivisme allait finir non seulement par faire voir l’impotence de l’attitude empiriste mais encore par éveiller au rôle de l’humain dans la théorisation non pas en tant que subjectivité mais à titre d’agent de modélisation. Or, il n’en est rien… Les sciences sociales contemporaines en sont encore, dans une large mesure, à manipuler des catégories universelles indéfinies où l’on voit une humanité tout entière évoluer grâce à sa seule subjectivité et où la critique épistémologique la plus importante consiste encore à dénoncer la subjectivité ou l’intérêt de l’auteur d’une théorie.
One could have believed that the universal notions of humanity and history would someday give way to less ideological concepts… One could also have believed that constructivism would eventually not only reveal the impotence of the empiristic attitude but also awaken research workers to the role, in theorization, of the human being as an agent of modelization rather than as a subjectivity. Neither phenomenon, however, has occurred. For the most part, contemporary social sciences are still manipulating undefined universal categories through which humanity’s evolution is the product of its sole subjectivity and who’s most important epistemological critique still consists in denouncing the subjectivity or personal interest of a theory’s author.