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775.Plus d’information
En France, la génération abreuvée d'anime japonais dans les années 1980 est devenue le premier lectorat des mangas durant les années 1990. Certains amateurs, au cours des dix dernières années, se sont mués en fans de dramas asiatiques. L'avènement du numérique et la globalisation ont permis l'émergence d'une véritable communauté de fans, organisée à l'échelle mondiale, autour d'une production collaborative et d'une division des tâches. Nous avons pu observer l'appropriation du « mystérieux » contenu culturel de l'Asie de l'Est, notamment des comédies romantiques sud-coréennes, sur un forum dédié, en effectuant une cyber-ethnographie. Consommateurs omnivores et élites interculturelles du monde globalisant, les fans français de dramas, essentiellement des femmes, défient l'hégémonie culturelle des séries américaines. Ce faisant, elles revendiquent leur autonomie émotionnelle et la spécificité de leurs goûts culturels en opposition aux normes patriarcales. Cette quête d'un plaisir spécifiquement féminin peut donner lieu à une lecture queer. Les pratiques de réception des dramas asiatiques par ces fans français peuvent être appréhendées comme une contre-culture féminine à l'ère numérique et globale.
Mots-clés : Hong-Mercier, drama, fans, séries télé, plaisir féminin, Asie de l'Est, Hong-Mercier, Drama, Fans, TV Series, Female Pleasure, East Asia, Hong-Mercier, drama, fans, series televisivas, placer femenino, Asia del Este
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779.Plus d’information
Le classement au patrimoine mondial de l'Humanité du Dôme de Genbaku (Hiroshima), en 1996, s'inscrit dans une tendance à distinguer un patrimoine du pire, comme Auschwitz, au nom de ses vertus supposément véritatives, éducatives et préventives. Pourtant, Barack Obama, premier président américain à se rendre sur les lieux du drame, déplorait le 26 mai 2016 « l'absence de perspective historique » de ce lieu de mémoire qui ne permettait pas une « compréhension » adéquate de la « tragédie d'Hiroshima ». La démarche patrimoniale pourrait-elle avoir pour effet pervers de déshistoriser ce qu'elle est censée mémorialiser, constituant ainsi un patrimoine sans mémoire, voire contre l'histoire ? Une stratégie de l'évitement et de l'innocentement aurait-elle transformé le Dôme en « lieu de dé-mémoire » ? C'est une manière de questionner le rôle de l'UNESCO dans les processus de construction des narrations patrimoniales et d'interroger les rapports complexes qu'entretiennent la mémoire, l'histoire et le patrimoine.