Documents repérés
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368.Plus d’information
RésuméQue tout commerce épistolaire repose sur une pragmatique du don, sur un geste qui, parce que sans garantie de retour, engendre une dette permanente entre les partenaires de l'échange, c'est ce que suggère la lettre de Saint-Denys Garneau écrite à Sainte-Catherine-de-Portneuf le 30 décembre 1932. Là, l'épistolier s'adonne à une intense activité comptable qui a pour effet de conférer à son offrande une valeur inestimable. La présente étude propose de replacer cette pratique du don épistolaire dans le contexte discursif du Québec des années trente, à une époque où le système du don apparaît aux principaux doxographes comme une alternative à la morale utilitariste et à l'économie de marché qui ont précipité le Québec dans la Crise. Profondément engagé dans l'idéologie de son temps, Saint-Denys Garneau fait également figure d'usurier épistolaire, spéculant sur la logique corporatiste du don afin d'amorcer sa carrière d'écrivain.
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369.Plus d’information
RésuméLes moments de ruptures biographiques, notamment certains grands moments dans le cycle de vie, semblent constituer des circonstances favorables à l'apparition de journaux personnels et autres récits écrits de soi chez celles et ceux qui disposent des compétences scripturales adéquates et entretiennent une certaine familiarité avec l'écrit. Les écritures de soi peuvent constituer alors des catalogues de situations vécues écrites, relues et retravaillées ou de situations fictives, préparatrices d'actions réelles. Elles sont potentiellement le lieu de la réflexivité sur soi, son passé et son avenir. Dans le temps même de la crise ou après coup, l'écriture permet de faire travailler les schémas de son expérience. Si l'existence d'une écriture personnelle est un bon indicateur d'une réflexivité (en cours, rétrospective ou prospective) du scripteur sur sa vie, l'étude des textes produits dans le cadre d'une telle activité d'écriture permettrait de détailler la nature et les fonctions de ce travail sur soi.
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370.Plus d’information
RésuméComme c'est le cas chez plusieurs de ses contemporains, Victor-Lévy Beaulieu met en question le rapport québécois à l'histoire, en particulier par l'entremise du rêve d'une oeuvre qui permettrait enfin de faire accéder le Québec à celle-ci. Ce « Livre », La grande tribu que Beaulieu promet depuis plus de trente ans sans jamais l'achever, s'avérerait la figure par excellence de ce temps en arrêt propre à l'historicité québécoise. L'auteur analyse ici les traces du Livre dans certains des romans les plus déterminants de Victor-Lévy Beaulieu et les conséquences qui découlent d'une telle écriture. Aux figures de l'historicisme qui conduisent à des contradictions, sera opposée la logique du messianisme comme principe de lisibilité. Ce messianisme, juif, est à distinguer du « messianisme canadien-français » sur lequel ironise Beaulieu dans Don Quichotte de la démanche (1974) et Satan Belhumeur (1981).