Documents repérés
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342.Plus d’information
Refusant les lois génériques et énonciatives du journal intime, Journal du dehors est un «anti-journal intime» (Ernaux) dans lequel le «je» de la scriptrice s'esquive souvent au profit de voix anonymes qu'elle fait entendre. L'orchestration habile des instances énonciatives crée une pluralité de discours où l'intime se fait public, l'individuel s'exprime de façon anonyme, et le personnel devient transpersonnel. L'ambiguïté, voire la porosité, du «je » est mise en évidence dans un extrait où la scriptrice se compare à une prostituée. Loin d'être incongrue, l'analogie déconcertante s'avère bien fondée, car elle relie trois fils conducteurs du texte : désir, argent et littérature. Prenant cette figuration extrême de la scriptrice comme point de départ, l'article étudie la façon dont les femmes sont représentées dans ce texte où s'entrecroisent paroles d'autrui et de soi.
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345.Plus d’information
L'occasion perdue est un motif courant dans les représentations littéraires et populaires qui accompagnent le ressouvenir. Traditionnellement, les regrets du « chemin qui n'a pas été pris » jettent un éclairage nostalgique sur la vie. Mais cela n'est qu'un des aspects de l'occasion perdue. Jusqu'ici, il semble qu'on ait négligé la façon dont ce motif apparaît dans les récits quotidiens, comment il est conçu et valorisé, comment il entre en relation avec les circonstances, les plans, les rêves et les désirs d'une vie. En s'appuyant sur des entrevues en profondeur avec des femmes d'origines et d'âges divers, l'article examine comment deux d'entre elles se situent par rapport à leurs choix de vie et par rapport à des chemins qu'elles n'ont pas empruntés. Le motif de l'occasion perdue est redéfini de manière à y reconnaître une triple orientation vers le passé, le présent et l'avenir, un motif dont la mise en oeuvre implique à la fois la mémoire et l'imagination. Le ressouvenir de l'occasion perdue apparaît ainsi comme un trait caractéristique de la construction symbolique du soi dans la vie quotidienne.
Mots-clés : mémoire, histoire, perte, imagination, temps, memory, history, loss, imagination, time, memoria, historia, pérdida, imaginación, tiempo
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349.
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350.Plus d’information
Le myriophylle à épis (Myriophyllum spicatum) est une plante vasculaire exotique envahissante qui colonise les lacs et les rivières de l'Amérique du Nord depuis plusieurs décennies. Nous avons reconstitué la progression historique de son invasion au Québec à l'aide de spécimens d'herbier, de bases de données, de rapports, de journaux et de périodiques. L'aire de répartition de la plante s'est beaucoup étendue depuis son introduction à la fin des années 1950. L'espèce s'est d'abord disséminée le long du fleuve Saint-Laurent. Elle s'est ensuite propagée à l'intérieur des terres à partir des années 1970. En 2017, 14 des 17 régions administratives du Québec comptaient au moins une mention de myriophylle à épis. Cela représentait 132 lacs, 16 rivières et ruisseaux — y compris le fleuve Saint-Laurent et ses lacs fluviaux — et 4 autres plans d'eau, tels que des étangs ou des voies navigables artificielles. À lui seul, le fleuve Saint-Laurent représentait 24 % des 322 mentions. Les régions avec le plus grand nombre de mentions sont celles de la Montérégie, des Laurentides, de l'Estrie et de l'Outaouais. Bien que l'envahissement par le myriophylle à épis semble avoir progressé de manière importante ces dernières années, il est possible que l'augmentation du nombre d'observations soit davantage le reflet d'une préoccupation grandissante des acteurs du territoire par rapport à l'envahisseur que d'une accélération réelle de l'invasion.
Mots-clés : bateau, herbier, lac, myriophylle à épis, Myriophyllum spicatum, plante exotique envahissante, boat, Eurasian watermilfoil, herbarium, exotic invasive plant, lake, Myriophyllum spicatum