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Cet article vise à définir et analyser le concept de « disponibilité ». Ce dernier a été conçu, développé et précisé par le philosophe et sinologue François Jullien. À la croisée de la philosophie et de l’interculturalité, ce concept exprime une « ouverture à tous les possibles », offrant ainsi un éclairage pénétrant sur la pensée chinoise et, en contrepoint, une mise en perspective « du dehors » de la pensée française et occidentale. La disponibilité s’apparente sans doute au taoïsme, à son inclination au « désentravement » et à sa faculté d’« ouvrir des possibles ». Elle suppose une mise entre parenthèses du sujet, évitant ainsi les blocages et, par extension, les forçages. Sur le plan éthique et cognitif, elle s’affirme comme un anti-dogmatisme radical, illustré par la formule de Confucius : « Un sage est sans idée ». On retrouve cette posture dans le bouddhisme zen ou dans la psychanalyse freudienne, notamment à travers la notion « d’attention flottante ». Sur le plan politique aussi, la disponibilité sous-tend certains partis pris spécifiques. Elle se définit alors comme une ouverture au monde qui, à la différence de la liberté, refuse toute rupture avec l’ordre des choses et toute distanciation du plan d’immanence de l’existence.