Canadian Journal of Emergency Nursing
Journal canadien des infirmières d’urgence
Volume 49, numéro 1, printemps 2026
Sommaire (14 articles)
Peer Reviewed Articles
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The “reverse” Code Green: Stories of mass evacuation of correctional centres
Lorna C. J. Christensen et Shelly L. Egli
p. 4–10
RésuméEN :
Emergency preparedness is essential, especially given global climate change (World Health Organization, 2023, para. 1). Healthcare systems have formal plans for different types of disasters and emergencies so that when a disaster occurs, there is an outlined course of action. In most healthcare settings in Canada, a Code Green is called for an evacuation, and a Code Orange is called for a mass casualty event. Correctional health—a unique and often overlooked area in healthcare—is not immune to disaster events, and there is a considerable lack of literature specific to disasters and correctional health services. Over the last 2 years, our correctional centre has been the receiving site for two mass evacuations, both secondary to a natural disaster. In this article, we discuss lessons learned at our facility from these external disaster events, and summarize what we can do in future, including what might be helpful for other correctional and hospital sites. Some themes and mitigation strategies identified were moving clients, getting information, gathering supplies, and leading teams. We include a brief discussion of electronic health records and creative staffing strategies. Our biggest lesson was in the importance of planning ahead, and so it would be prudent for all correctional sites around the globe to consider what resources they have available to them if they were to send or receive a high volume of clients due to evacuation.
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Le « code vert inversé » : récits d’évacuations massives de centres correctionnels
Lorna C. J. Christensen et Shelly L. Egli
p. 11–19
RésuméFR :
La préparation aux situations d’urgence est essentielle, en particulier dans le contexte des changements climatiques mondiaux (Organisation mondiale de la Santé, 2023, paragr. 1). Les systèmes de santé disposent de plans formels pour différents types de catastrophes et de situations d’urgence afin de définir une ligne d’action claire lorsqu’un événement survient. Dans la plupart des milieux de soins de santé au Canada, un code vert est déclenché lors d’une évacuation, tandis qu’un code orange correspond à un événement impliquant des victimes en nombre massif. La santé en milieu correctionnel — un domaine unique et souvent négligé des soins de santé — n’est pas à l’abri des catastrophes, et la littérature portant spécifiquement sur les situations de crise dans les services de santé correctionnels demeure limitée.
Au cours des deux dernières années, notre centre correctionnel a servi de site de réception lors de deux évacuations massives, toutes deux consécutives à des catastrophes naturelles. Dans cet article, nous présentons les leçons tirées de ces événements externes dans notre établissement et résumons les mesures pouvant être mises en œuvre à l’avenir, y compris celles susceptibles d’être utiles à d’autres établissements correctionnels et hospitaliers. Les principaux thèmes et les stratégies d’atténuation recensés comprennent le déplacement des personnes incarcérées, l’accès à l’information, l’approvisionnement en matériel et le leadership des équipes. Nous incluons également une brève discussion sur les dossiers de santé électroniques et sur des stratégies novatrices de dotation en personnel. La principale leçon retenue souligne l’importance cruciale de la planification préalable ; il serait donc prudent que tous les établissements correctionnels à travers le monde évaluent les ressources dont ils disposent advenant l’envoi ou la réception d’un volume élevé de personnes en contexte d’évacuation.
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Palliative homecare patients’ emergency department visits near end of life: A retrospective homecare and emergency department chart review to determine characteristics and outcomes
Charlotte Pooler, Domhnall O’Dochartaigh, Joy Mekechuk, Christa Desrochers, Stephanie Chamberlain et Jude A. Spiers
p. 20–28
RésuméEN :
Background: Palliative patient visits to the emergency department (ED) may be necessary but also increase the likelihood of a hospital death. Risk factors for ED visits are reported in the literature. It is important to know more about characteristics of patients who go to the ED near end-of-life and their outcomes to determine strategies for care.
Methods: A retrospective descriptive study of palliative homecare adults who had one or more ED visits in their last 6 weeks of life was conducted within a large western Canadian health region. Between April 1, 2016, to March 31, 2017, there were 1,033 known ED visits by the 1,874 palliative homecare patients. Random and purposeful sampling were conducted to determine a sample of 191 ED visits by acuity, geographical settings, and outcomes. Detailed chart reviews were conducted between January 15, 2019, and February 19, 2020, on homecare and hospital charts.
Results: There were 191 ED visits reviewed by 170 unique patients within 6 weeks of death: 142 had a primary cancer diagnosis; 55.3% had more than one ED visit; 73.5% went to ED within 2 weeks before death. Forty patients had unusual outcomes: ED deaths, Intensive Care Unit admissions, and those who left ED. Most presented with a Canadian Triage and Accuity Scale (CTAS) rating of 1–3 (89.4%). The majority (63.5%) of primary concerns were pain, weakness/falls or dyspnea. Most patients had care that aligned with a palliative approach; however, most (88%) died in hospital although they indicated a preference for home or hospice death.
Conclusions: Patients visited ED primarily for urgent symptom management. Emergency department visits were associated with high risk of in-hospital deaths. Opportunities were revealed for earlier identification and referral to palliative resources and collaboration across sectors, including populations with chronic end-stage organ disease.
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Visites au service d’urgence des patients recevant des soins palliatifs à domicile en fin de vie : une analyse rétrospective des dossiers de soins à domicile et des services d’urgence pour déterminer les caractéristiques et les résultats
Charlotte Pooler, Domhnall O’Dochartaigh, Joy Mekechuk, Christa Desrochers, Stephanie Chamberlain et Jude A. Spiers
p. 29–37
RésuméFR :
Contexte : Les visites au service d’urgence (SU) chez les patients palliatifs peuvent être nécessaires, mais elles augmentent aussi la probabilité d’un décès à l’hôpital. Bien que des facteurs de risque de visites au SU soient documentés dans la littérature, il est essentiel de mieux comprendre les caractéristiques des patients qui se présentent au SU en fin de vie et leurs résultats afin d’orienter les stratégies de soins.
Méthodes : Une étude descriptive rétrospective a été menée auprès d’adultes recevant des soins palliatifs à domicile et ayant effectué une ou plusieurs visites au SU dans les six dernières semaines de vie, au sein d’une grande région sanitaire de l’Ouest canadien. Entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2017, 1 033 visites connues au SU ont été recensées chez 1 874 patients palliatifs à domicile. Un échantillonnage aléatoire et intentionnel a permis d’obtenir un échantillon de 191 visites selon l’acuité, les contextes géographiques et les résultats. Des analyses détaillées de dossiers de soins à domicile et d’hôpital ont été réalisées entre le 15 janvier 2019 et le 19 février 2020.
Résultats : Cent quatre-vingt-onze visites au SU effectuées par 170 patients uniques dans les six semaines précédant le décès ont été examinées : 142 avaient un diagnostic principal de cancer; 55,3 % avaient plus d’une visite au SU; 73,5 % se sont présentés au SU dans les deux semaines avant le décès. Quarante patients ont eu des résultats inhabituels : décès au SU, admissions à l’USI, ou départ sans avoir reçu tous les soins. La majorité s’est présentée avec un CTAS de niveau 1 à 3 (89,4 %). Les principaux motifs de consultation (63,5 %) étaient la douleur, la faiblesse/chutes ou la dyspnée. La plupart des soins reçus étaient conformes à une approche palliative; toutefois, la majorité (88 %) est décédée à l’hôpital alors qu’elle exprimait une préférence pour un décès à domicile ou en hospice.
Conclusions : Les patients se sont rendus au SU principalement pour une prise en charge urgente des symptômes. Les visites au SU étaient associées à un risque élevé de décès hospitaliers. Des occasions ont été identifiées pour une reconnaissance plus précoce des besoins palliatifs, une orientation vers les ressources appropriées et une collaboration accrue entre secteurs, y compris pour les patients atteints de maladies chroniques en phase terminale.
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Unpacking access to Northern Ontario’s sexual assault evidence kits: Qualitative insights into barriers to comprehensive rural emergency sexual assault care
Sydney Timmermans, Jodie Murphy-Oikonen et Kathleen Rice
p. 38–43
RésuméEN :
Background: Sexual assault evidence kits (SAEKs) are used to gather forensic evidence from survivors following sexual assault. This evidence collection coincides with comprehensive post-assault care and referrals to follow-up services. Many hospitals lack staff trained in SAEK use and sexual assault care, especially in rural areas. This study aimed to explore the barriers SAEK use in Northwestern Ontario.
Methods: Nine semi-structured interviews were conducted with healthcare providers to assess challenges facing access to sexual assault care in rural and Northwestern Ontario. Data were analyzed using thematic analysis.
Results: Three main themes were developed: 1) lack of training; 2) legal implications of the kit; 3) resource constraints. These themes invite discussion about the future of sexual assault care in rural emergency centers, specifically where it pertains to trauma informed care and forensic training, distance to care centers, hospital staffing and the medicolegal role of clinicians.
Conclusion: Sexual assault trauma hinders many survivors from seeking care, especially when care has been inadequate in the past. This research provides insights into rural health inequities in Northern and rural Canada, and thus lends insight into the gaps that exist within the juncture of health and justice systems.
FR :
Introduction / Contexte : Les trousses médico-légales d’agression sexuelle (TMLAS) servent à recueillir des preuves médico-légales auprès des survivantes et survivants à la suite d’une agression sexuelle. Cette collecte est normalement intégrée à une prise en charge globale post-agression, incluant des soins médicaux, psychosociaux et des références vers des services de suivi. Toutefois, plusieurs établissements, notamment en région rurale, ne disposent pas de personnel infirmier formé à l’utilisation des TMLAS ni aux soins spécialisés en agression sexuelle. Cette étude visait à explorer les obstacles à l’utilisation des TMLAS dans le nord-ouest de l’Ontario.
Méthodologie : Neuf entrevues semi-dirigées ont été réalisées auprès de professionnel·le·s de la santé afin d’identifier les enjeux liés à l’accessibilité des soins en agression sexuelle en milieu rural et nordique. L’analyse des données s’est faite selon une approche thématique.
Résultats : Trois thèmes principaux ont émergé : 1) le manque de formation du personnel ; 2) les implications médico-légales associées à l’utilisation de la trousse ; 3) les contraintes liées aux ressources humaines et matérielles. Ces résultats soulèvent des enjeux importants concernant l’avenir des soins en agression sexuelle dans les urgences rurales, notamment en ce qui a trait à la formation en soins tenant compte des traumatismes, à l’accès à des services spécialisés, à la dotation en personnel et au rôle médico-légal des infirmières et des autres clinicien·ne·s.
Conclusion : Le traumatisme vécu lors d’une agression sexuelle peut freiner l’accès aux soins, particulièrement lorsque les services sont inadéquats ou peu accessibles. Cette recherche met en lumière des iniquités importantes dans les soins offerts aux victimes d’agressions sexuelles en région rurale et nordique, notamment en ce qui concerne l’accès aux TMLAS et au personnel infirmier formé (infirmières SANE), et souligne les lacunes à combler à l’interface des systèmes de santé et de justice.
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Déballer l’accès aux trousses médico-légales pour agressions sexuelles dans le Nord de l’Ontario : éclairages qualitatifs sur les obstacles à des soins complets en milieu rural aux urgences pour les victimes d’agression sexuelle
Sydney Timmermans, Jodie Murphy-Oikonen et Kathleen Rice
p. 44–51
RésuméFR :
Introduction/Contexte : Les trousses médico-légales pour agressions sexuelles (TMLAS) sont utilisées pour recueillir des preuves médico-légales auprès des survivantes et survivants à la suite d’une agression sexuelle. Cette collecte de preuves s’inscrit dans une prise en charge complète post-agression et des orientations vers des services de suivi. De nombreux hôpitaux ne disposent pas de personnel formé à l’utilisation des TMLAS et aux soins en matière d’agression sexuelle, en particulier dans les régions rurales. Cette étude visait à explorer les obstacles à l’utilisation des TMLAS dans le Nord-Ouest de l’Ontario.
Méthodes : Neuf entretiens semi-structurés ont été réalisés auprès de professionnels de la santé afin d’évaluer les défis liés à l’accès aux soins pour les victimes d’agression sexuelle en milieu rural et dans le Nord-Ouest de l’Ontario. Les données ont été analysées à l’aide d’une analyse thématique.
Résultats/Constats : Trois thèmes principaux ont été dégagés : 1) le manque de formation; 2) les implications juridiques de la trousse; 3) les contraintes en matière de ressources. Ces thèmes invitent à une réflexion sur l’avenir des soins aux victimes d’agression sexuelle dans les services d’urgence en milieu rural, notamment en ce qui concerne les soins tenant compte des traumatismes et la formation médico-légale, la distance aux centres de soins, la dotation en personnel hospitalier et le rôle médico-légal des cliniciens.
Conclusion : Le traumatisme lié à l’agression sexuelle empêche de nombreuses personnes survivantes de rechercher des soins, en particulier lorsque les soins ont été inadéquats par le passé. Cette recherche met en lumière les iniquités en santé auxquelles font face les victimes d’agression sexuelle dans le Nord rural du Canada en ce qui concerne l’utilisation des TMLAS et l’accès à du personnel formé SANE, et permet d’identifier des lacunes à l’interface des systèmes de santé et de justice.
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Steps for individual providers to decrease mental health stigma in the emergency department: A narrative review
Eric C. Chan, Holly Breton, Jacqueline M Smith, Rachel Grimminck, Jason Fedwick et Emily Hilton
p. 52–61
RésuméEN :
Introduction: Stigmatization in mental illness can lead to negative consequences including reduced access to care, poorer physical outcomes and reduced willingness to seek help due to fear of judgment. Participants in previous studies have reported experiencing stigma following presentations to the emergency department (ED) for mental health-related reasons.
Methods: This article aims to provide a brief, practical overview of data on stigma with a focus on results that can directly inform clinical practice. We searched PubMed to identify recurring topics in the literature on mental health stigma. Using search terms related to stigma and mental health, we screened 600 results to identify commonly discussed themes across the literature. Language and communication, stigmatizing beliefs around mental disorders, engagement with individuals with lived experience, and systemic factors contributing to interpersonal stigma were identified as frequently recurring themes. All papers were screened and those addressing at least one of the identified themes were read, with findings compiled to inform this review.
Findings: We provide recommendations on language around mental health, including alternate ways of communicating to avoid labelling and foster a more collaborative approach to care. We also describe evidence that may address certain stigmatizing beliefs around mental disorders, including data to decrease pessimistic outlooks on disease prognosis. We also describe some principles around verbal de-escalation and trauma-informed care that can be incorporated into clinical practice. Given the importance of systemic issues in driving stigma, we also discuss some systemic factors contributing to the occurrence of interpersonal stigma in the ED.
Conclusions: Providers should be encouraged to examine their language, beliefs and skillsets in relation to mental illness to improve their abilities to provide quality care for patients. Advocacy aimed at stimulating systematic change is also necessary to improve the healthcare system.
FR :
Introduction : La stigmatisation des troubles mentaux peut entraîner de nombreuses conséquences négatives, notamment une réduction de l’accès aux soins, de moins bons résultats en santé physique et une réticence à demander de l’aide par crainte d’être jugé·e. Des participant·e·s à des études antérieures ont rapporté avoir vécu de la stigmatisation après s’être présenté·e·s au service d’urgence (SU) pour des raisons liées à la santé mentale.
Méthodologie : Cet article vise à offrir un aperçu bref et pratique des données sur la stigmatisation, en mettant l’accent sur les résultats pouvant directement guider la pratique clinique. Une recherche dans PubMed a été effectuée pour repérer les thèmes récurrents dans la littérature portant sur la stigmatisation en santé mentale. À partir de mots-clés liés à la stigmatisation et aux troubles mentaux, 600 résultats ont été analysés. Les thèmes les plus fréquemment abordés incluaient : le langage et la communication, les croyances stigmatisantes à propos des troubles mentaux, l’implication de personnes ayant une expérience vécue, ainsi que les facteurs systémiques contribuant à la stigmatisation interpersonnelle. Tous les articles abordant au moins un de ces thèmes ont été lus, et les constats en ont été extraits pour alimenter cette revue.
Résultats : Nous proposons des recommandations concernant le langage à utiliser en santé mentale, notamment des façons alternatives de communiquer afin d’éviter les étiquettes et de favoriser une approche plus collaborative des soins. Nous présentons également des données susceptibles de remettre en question certaines croyances stigmatisantes, comme les perceptions pessimistes du pronostic des troubles mentaux. Des principes de désescalade verbale et de soins tenant compte des traumatismes pouvant être intégrés à la pratique clinique sont aussi abordés. Enfin, compte tenu du rôle central des enjeux systémiques dans la perpétuation de la stigmatisation, certains de ces facteurs sont discutés en lien avec leur impact sur les dynamiques interpersonnelles au SU.
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Étapes à suivre par les prestataires individuels pour réduire la stigmatisation en santé mentale au service d’urgence : revue narrative
Eric C. Chan, Holly Breton, Jacqueline M. Smith, Rachel Grimminck, Jason Fedwick et Emily Hilton
p. 62–72
RésuméFR :
Introduction: La stigmatisation des troubles mentaux peut entraîner des conséquences négatives, notamment une réduction de l’accès aux soins, de moins bons résultats physiques et une diminution de la volonté de demander de l’aide en raison de la crainte du jugement. Les participants à des études antérieures ont rapporté avoir vécu de la stigmatisation après s’être présentés au service d’urgence (SU) pour des raisons liées à la santé mentale.
Méthodes : Cet article vise à offrir un aperçu bref et pratique des données sur la stigmatisation, en mettant l’accent sur les résultats pouvant informer directement la pratique clinique. Nous avons interrogé PubMed afin d’identifier les thèmes récurrents dans la littérature sur la stigmatisation en santé mentale. À l’aide de mots-clés liés à la stigmatisation et à la santé mentale, nous avons examiné 600 résultats pour repérer les thèmes couramment discutés dans la littérature. Le langage et la communication, les croyances stigmatisantes autour des troubles mentaux, l’engagement avec des personnes ayant une expérience vécue, ainsi que les facteurs systémiques contribuant à la stigmatisation interpersonnelle ont été identifiés comme thèmes fréquemment récurrents. Tous les articles ont été examinés, et ceux abordant au moins un des thèmes identifiés ont été lus, leurs conclusions étant compilées pour informer cette revue.
Résultats : ous formulons des recommandations quant au langage entourant la santé mentale, notamment des façons alternatives de communiquer afin d’éviter l’étiquetage et de favoriser une approche plus collaborative des soins. Nous décrivons également des données susceptibles de répondre à certaines croyances stigmatisantes concernant les troubles mentaux, incluant des informations permettant d’atténuer les perspectives pessimistes quant au pronostic des maladies. Nous présentons aussi des principes de désescalade verbale et de soins tenant compte des traumatismes, qui peuvent être intégrés dans la pratique clinique. Étant donné l’importance des enjeux systémiques dans la production de la stigmatisation, nous discutons aussi de certains facteurs systémiques contribuant à la survenue de la stigmatisation interpersonnelle au SU.
Conclusions : Les professionnels devraient être encouragés à examiner leur langage, leurs croyances et leurs compétences en lien avec les troubles mentaux afin d'améliorer leur capacité à offrir des soins de qualité aux patients. Une mobilisation visant à stimuler des changements systémiques est également nécessaire pour améliorer le système de santé.
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You don’t know what you don’t know: Insights into new graduate nurse transition to practice in rural emergency departments
Elizabeth M. Moon, Noelle Rohatinsky et Kelly Penz
p. 73–80
RésuméEN :
Background: Rural emergency departments (EDs) across Canada are increasingly reliant on new graduate nurses (NGNs) to maintain services, despite a longstanding belief that emergency practice is unsuitable for novice clinicians. While NGN transition has been widely studied in both rural and emergency contexts, little is known about how these challenges interact in rural EDs. Understanding NGNs’ experiences in this high-acuity, resource-limited setting is essential to supporting safe, sustainable workforce development.
Methods: This qualitative study used narrative inquiry to explore the experiences of three NGNs who worked in rural Albertan EDs during their first year of practice. Data were co-created through a series of in-depth, conversational interviews and analyzed through an iterative process of narrative construction and cross-narrative thematic analysis. Guided by Clandinin and Connelly’s three-dimensional narrative space (temporality, sociality, and place), the analysis focused on how NGNs experienced transition over time, in context, and through relationships.
Results: Four resonant threads were identified across participant narratives: peer and team relationships, learning on the job, becoming a rural emergency nurse, and developing confidence. Despite minimal orientation or formal education, participants generally described positive transitions, supported by strong collegial relationships, informal mentorship, and collaborative nurse-physician dynamics. Self-directed learning and experiential growth were central to their development. However, even isolated instances of exclusion, hierarchy, or poor leadership had a lasting negative impact on confidence and well-being.
Conclusions: These findings challenge assumptions that formal transition programs are always necessary, highlighting the power of informal peer support and team culture in shaping NGN experiences. Leaders and educators in rural EDs can enhance transition outcomes by fostering inclusive team environments, supporting interprofessional collaboration, and offering timely, context-specific learning opportunities that build both competence and confidence.
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On ne sait pas ce que l’on ne sait pas : éclairages sur la transition vers la pratique des infirmières et infirmiers nouvellement diplômés dans les services d’urgence ruraux
Elizabeth M. Moon, Noelle Rohatinsky et Kelly Penza
p. 81–88
RésuméFR :
Contexte: Les services d’urgence (SU) ruraux partout au Canada dépendent de plus en plus des infirmières et infirmiers nouvellement diplômés (IND) pour maintenir les services, malgré une croyance de longue date selon laquelle la pratique en urgence ne conviendrait pas aux cliniciens novices. Bien que la transition des IND ait été largement étudiée dans les contextes rural et d’urgence, on sait peu comment ces défis interagissent spécifiquement dans les SU ruraux. Comprendre les expériences des IND dans cet environnement à forte acuité et à ressources limitées est essentiel pour soutenir le développement d’une main-d’oeuvre sécuritaire et durable.
Méthodes: Cette étude qualitative a utilisé une démarche d’enquête narrative afin d’explorer les expériences de trois IND ayant travaillé dans des SU ruraux de l’Alberta au cours de leur première année de pratique. Les données ont été co-construites au moyen d’une série d’entretiens approfondis et conversationnels, puis analysées selon un processus itératif de construction narrative et d’analyse thématique transversale. Guidée par l’espace narratif tridimensionnel de Clandinin et Connelly (temporalité, socialité et lieu), l’analyse s’est centrée sur la manière dont les IND ont vécu leur transition dans le temps, dans leur contexte et à travers leurs relations.
Résultats: Quatre fils conducteurs ont émergé des récits des participantes : les relations avec les pairs et l’équipe, l’apprentissage en situation de travail, le fait de devenir infirmière ou infirmier d’urgence en milieu rural, et le développement de la confiance. Malgré une orientation minimale ou l’absence de formation formelle, les participantes ont généralement décrit des transitions positives, soutenues par de solides relations collégiales, du mentorat informel et des dynamiques collaboratives entre infirmières/infirmiers et médecins. L’apprentissage autodirigé et le développement expérientiel ont été centraux dans leur progression. Toutefois, même des épisodes isolés d’exclusion, de hiérarchie ou de leadership inadéquat ont eu des répercussions négatives durables sur la confiance et le bien-être.
Conclusions: Ces résultats remettent en question l’idée selon laquelle des programmes formels de transition sont toujours nécessaires, en mettant en évidence la puissance du soutien informel entre pairs et de la culture d’équipe dans la structuration des expériences des IND. Les gestionnaires et les éducateurs des SU ruraux peuvent améliorer les résultats de la transition en favorisant des environnements d’équipe inclusifs, en soutenant la collaboration interprofessionnelle et en offrant des occasions d’apprentissage opportunes et adaptées au contexte, qui renforcent à la fois la compétence et la confiance.
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Isotretinoin and seizures: A narrative review
Olga Muradov et Sarah Czar
p. 89–96
RésuméEN :
Background: Isotretinoin, or 13-cis-retinoic acid, is a vitamin A derivative, that has been widely used to treat moderate-to-severe Acne vulgaris (On & Zeichner, 2013). An estimated 75%–95% of all teenagers suffer from acne (On & Zeichner, 2013). Isotretinoin is considered effective, safe, and has been superior to other therapies for acne lesion counts (Vallerand et al., 2018). Several adverse events are described in the literature, most commonly dermatological (Vallerand et al., 2018). Neuropsychiatric and gastrointestinal side effects have been noted (Bremner, 2021; Kontaxakis et al., 2009; On & Zeichner, 2013; Vallerand et al., 2018) and a range of neurological symptoms have also been documented in case reports (Bremner, 2021), including headaches, pseudotumor cerebri, also referred to as idiopathic intracranial hypertension (IIH), and generalized encephalopathy in association with isotretinoin use. Seizures linked with isotretinoin are only present in the literature in the form of case studies, but may remain both under-recognized by clinicians and patients and subsequently under-reported.
Methods: A narrative literature review was conducted to identify all published clinical studies involving patients who use isotretinoin and de novo seizures, from Pubmed, MEDLINE, Embase, and Summons for KRS, yielding 35 relevant publication titles and abstracts. Two additional relevant studies were discovered through manual search of reference lists of included studies. After excluding non-related publications, 26 publications underwent full-text review and 21 of these studies were found to not specifically address seizures and oral isotretinoin use. Reporting of results was guided by the Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta Analyses Extension for Scoping Reviews (PRISMA-ScR; Appendix A).
Results: Data were organized into the following themes in the literature: reported seizure occurrence in patients using isotretinoin, associated ocular abnormalities, proposed pathophysiology mechanisms, and patient outcomes.
Conclusion: Case reports in the literature suggest a potential association between isotretinoin use and seizures. Clinician vigilance is essential in properly identifying isotretinoin use in patients presenting to emergency services with seizures. Early recognition impacts patient care both in-hospital and at post-discharge follow-up.
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Isotrétinoïne et crises d’épilepsie : une revue narrative
Olga Muradov et Sarah Czar
p. 97–102
RésuméFR :
Contexte : L’isotrétinoïne, ou acide 13-cis-rétinoïque, est un dérivé de la vitamine A largement utilisé pour traiter l’acné vulgaire modérée à sévère (On & Zeichner, 2013). On estime que 75 à 95 % des adolescents souffrent d’acné (On & Zeichner, 2013). L’isotrétinoïne est considérée comme efficace et sûre et a montré une supériorité par rapport à d’autres traitements pour réduire le nombre de lésions d’acné (Vallerand et al., 2018). Plusieurs effets indésirables ont été décrits dans la littérature, principalement dermatologiques (Vallerand et al., 2018). Des effets neuropsychiatriques et gastro-intestinaux ont également été notés (Bremner, 2021 ; Kontaxakis et al., 2009 ; On & Zeichner, 2013 ; Vallerand et al., 2018), ainsi qu’une gamme de symptômes neurologiques documentés dans des rapports de cas (Bremner, 2021), incluant céphalées, pseudotumeur cérébrale, également appelée hypertension intracrânienne idiopathique (HII), et encéphalopathie généralisée associée à l’usage d’isotrétinoïne. Les crises d’épilepsie liées à l’isotrétinoïne n’apparaissent dans la littérature que sous forme d’études de cas, mais elles peuvent rester sous-reconnues par les cliniciens et les patients et, par conséquent, sous-déclarées.
Méthodes : Une revue narrative de la littérature a été réalisée afin d’identifier toutes les études cliniques publiées impliquant des patients sous isotrétinoïne et présentant des crises de novo. Les bases de données PubMed, MEDLINE, Embase et Summons for KRS ont été consultées, donnant 35 titres et résumés pertinents. Deux études supplémentaires ont été identifiées par recherche manuelle dans les listes de références des études incluses. Après exclusion des publications non pertinentes, 26 articles ont fait l’objet d’une lecture complète, et 21 de ces études n’abordaient pas spécifiquement les crises et l’usage oral d’isotrétinoïne. La présentation des résultats a été guidée par l’extension PRISMA-ScR (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses Extension for Scoping Reviews ; Annexe A).
Résultats : Les données ont été organisées selon les thèmes suivants dans la littérature : survenue de crises chez les patients sous isotrétinoïne, anomalies oculaires associées, mécanismes physiopathologiques proposés et résultats cliniques des patients.
Conclusion : Les rapports de cas suggèrent une association possible entre l’usage d’isotrétinoïne et les crises d’épilepsie. La vigilance des cliniciens est essentielle pour identifier correctement l’usage d’isotrétinoïne chez les patients se présentant aux urgences avec des crises. Une reconnaissance précoce influence la prise en charge tant à l’hôpital qu’au suivi post-hospitalier.
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Barriers and educational gaps in the provision of end-of-life care by emergency department nurses: A scoping review
Ashley Woods, Anna Santos Salas et Lisa Weisgerber
p. 103–111
RésuméEN :
Background: The emergency department (ED) is regarded as unpredictable, chaotic, and unconducive to patient privacy. When patients present with end-of-life (EOL) care needs, nurses are not consistently educated or provided with the resources needed to give this type of care.
Methods: One reviewer searched five databases. Titles, abstracts, and full texts were screened by one reviewer to yield 15 studies. Inclusion criteria based on emergency department nurses caring for adult patients within Canada, Australia, United Kingdom, and New Zealand, with no limit on publication date. Only literature written in English was included.
Results: Emergency department nurses in Canada, Australia, United Kingdom, and New Zealand face similar challenges in the provision of EOL care. Research findings include the extensive environmental, educational, and communication barriers that work against the provision of EOL care by the ED nurse.
Conclusion: With the most prevalent barriers being the ED environment, lack of education, and communication skills, nurses are not properly equipped through undergraduate or continuing education to provide good EOL care to patients and families. Education directed toward addressing barriers in communication, the environment and educational barriers will improve the experience of nurses providing care to patients at EOL in addition to their families. Research into the initiation of EOL education at the undergraduate nursing level may provide insight into institutional barriers and further inform the educational needs of current nurses.
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Obstacles et lacunes en matière de formation dans la prestation des soins de fin de vie par les infirmières et infirmiers des services d’urgence : une revue de portée
Ashley Woods, Anna Santos Salas et Lisa Weisgerber
p. 112–121
RésuméFR :
Contexte : Le service des urgences (SU) est perçu comme imprévisible, chaotique et peu propice à la préservation de la confidentialité des patients. Lorsque des patients se présentent avec des besoins de soins de fin de vie (FDV), les infirmières et infirmiers ne reçoivent pas systématiquement la formation ni les ressources nécessaires pour dispenser ce type de soins.
Méthodes : Un évaluateur a effectué une recherche dans cinq bases de données. Les titres, résumés et textes intégraux ont été examinés par un seul évaluateur, ce qui a permis de retenir 15 études. Les critères d’inclusion portaient sur des infirmières et infirmiers des services d’urgence prenant en charge des patients adultes au Canada, en Australie, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, sans limite de date de publication. Seules les publications rédigées en anglais ont été incluses.
Résultats : Les infirmières et infirmiers des services d’urgence au Canada, en Australie, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande font face à des défis similaires dans la prestation des soins de fin de vie. Les résultats de recherche mettent en évidence d’importants obstacles environnementaux, éducatifs et communicationnels qui entravent la prestation de ces soins par le personnel infirmier en SU.
Conclusion : Les principaux obstacles étant liés à l’environnement du SU, au manque de formation et aux compétences en communication, les infirmières et infirmiers ne sont pas adéquatement préparés, ni dans leur formation initiale ni dans la formation continue, à offrir des soins de qualité en fin de vie aux patients et à leurs familles. Une formation ciblant les obstacles liés à la communication, à l’environnement et à l’éducation améliorerait l’expérience des infirmières et infirmiers dispensant des soins aux patients en fin de vie ainsi qu’à leurs familles. La recherche portant sur l’intégration de l’enseignement des soins de fin de vie au niveau de la formation initiale en sciences infirmières pourrait permettre de mieux comprendre les obstacles institutionnels et d’orienter les besoins éducatifs des infirmières et infirmiers en exercice.