Comptes rendus

Ranjard, Sophie. Usages et usagers de l’information : Quelles pratiques hier et aujourd’hui ? Paris : ADBS Éditions, 2012. 67 p. (Coll. L’essentiel sur…). ISBN 978-2-84365-141-0[Notice]

  • Nadine Desrochers

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En regardant cette plaquette, le lecteur peut s’étonner de voir le nom de la compagnie Kynos figurer entre parenthèses à côté du nom de l’auteur. La société, qui offre des services d’enquêtes et d’études en marketing, est mise à l’honneur à la fois sur la couverture et dans la biographie de l’auteure. En tant que cofondatrice de Kynos, Sophie Ranjard, par ailleurs titulaire du DESS de documentation et nouvelles technologies de l’Université Paris-8, porte un intérêt évident aux usages de l’information et aux divers services qui s’y rattachent. Ses vingt-cinq années d’expérience l’ont amenée à étudier, entre autres, les publics des bibliothèques, mais aussi des musées et des archives. C’est donc cette perspective à la fois large dans sa portée, mais affinée dans sa pratique, que Sophie Ranjard — et Kynos derrière elle — apporte à ce petit ouvrage qui n’a pas l’ambition d’être exhaustif, mais plutôt le but avoué de tracer les grandes lignes des tendances contemporaines pour un public de professionnels oeuvrant ou non dans le domaine de l’information et désireux de comprendre les besoins de leur public, voire de leur clientèle. Pour ce faire, l’auteure choisit une structure en quatre parties bien définies, construites autour de quatre thèmes : les usages, les usagers, l’infométrie et les méthodes d’enquête. Des sous-titres permettent une lecture en survol et offrent, au lecteur soucieux de trouver une réponse rapide à une question ciblée, de quoi se repérer facilement. La prémisse de l’ouvrage est claire et solidement ancrée dans une perspective numérique : aider les professionnels à comprendre les conséquences et enjeux d’une société de plus en plus numérique et dont les options comme les accès vont se multipliant. Il ne s’agit pas d’un ouvrage scientifique : ici, pas de revue de la littérature, et les sources citées vont des ressources éducatives ou scientifiques à des rapports d’enquêtes, en passant par le site Wikipédia, cité à quelques reprises. La première partie, sur les usages de l’information par différents publics, propose des définitions de base, ainsi que la présentation de certains modèles (dits ici logiques d’usage), dont ceux de Poissenot et Ranjard et de François Dubet (pour le milieu scolaire français). Les travaux de Jakob Nielsen sur la facilité d’utilisation (usability) sont évoqués. Dans le débat entre les termes « pratiques » et « comportements » informationnels, l’auteure se range du côté des pratiques, qu’elle décrit comme plus adaptables à différents contextes et moins axées sur un cheminement établi au préalable. Cela dit, le terme comportement reviendra plus loin. Plutôt que de présenter une typologie des usages, l’auteure les qualifie selon des critères tels que le contexte ou les connaissances existantes (de l’usager comme du professionnel). Par la suite, le rôle des professionnels et la nouvelle portée des services sont analysés sous forme de mise en garde : les nouveaux usages sont variés, surprenants parfois, imprévisibles souvent. L’accès est privilégié, mais les formats choisis demeurent diversifiés et peuvent changer selon les besoins. Des pratiques universitaires, professionnelles et sociales, sont présentées pour illustrer la gamme des contextes à considérer. Cette mise en contexte permet de faire le saut vers les usagers eux-mêmes, qui font l’objet de la deuxième partie — comptant à peine quatre pages. Ici, une typologie, basée sur les théories du type idéal de Max Weber : quatre catégories divisent les usagers selon qu’ils sont plutôt aptes à suivre toujours le même parcours, instinctifs, fortement influencés par l’opinion d’autrui ou stratégiques. Cette catégorisation sommaire est suivie d’autres ...

Parties annexes