La restriction d’accès aux articles les plus récents des revues sous abonnement a été rétablie le 12 janvier 2021. Pour consulter ces articles, vous pouvez notamment passer par le portail de ressources numériques de l’une des 1 200 institutions partenaires ou abonnées d’Érudit. Plus d'informations

Pour en savoir plus

Entreprises collectives. Les enjeux sociopolitiques et territoriaux de la coopération et de l’économie sociale, Louis Favreau (2008), Québec, Presses de l’Université du Québec, 332 p.[Notice]

  • Magali Zimmer

…plus d’informations

  • Magali Zimmer
    Doctorante en sciences sociales, Université du Québec en Outaouais
    zimm01@uqo.ca

L’auteur commence par dresser un portrait général de l’ESS au Québec. Alors que les richesses produites par le secteur privé sont souvent mises en avant, il convient de rappeler l’apport des entreprises collectives (les coopératives, les mutuelles et les associations qui exercent des activités économiques) à l’essor du développement économique et social de nos sociétés. Aujourd’hui, au Québec, les entreprises collectives ont un chiffre d’affaires global de plus de 20,7 milliards de dollars et emploient environ 132 000 personnes (dont 87 000 dans les coopératives) (p. 2). Qu’en est-il au niveau mondial ? Ces entreprises collectives représentent globalement 8 à 10 % de l’emploi dans les pays occidentaux. Le rappel de l’importance économique de ce secteur est suivi d’une mise en perspective historique de ce secteur. L’économie sociale apparaît au XIXe siècle, parallèlement à l’émergence du mouvement ouvrier qui caractérise la société industrielle naissante. Les syndicats en Amérique du Nord, inspirés par les Chevaliers du travail, soutenaient ostensiblement le modèle coopératif, certains d’entre eux s’occupant eux-mêmes de la mise en place de programmes d’assurance vie collective ou de magasins coopératifs (p. 27). La nouvelle économie sociale, issue principalement des mobilisations pour l’emploi et pour le développement de nouveaux services collectifs de proximité dans les années 1980, est caractérisée par trois types d’initiatives (p. 9) : Quelques exemples contemporains de ce renouvellement de l’économie sociale au Québec sont détaillés, tels que le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ) et l’Atelier du chômeur à Sorel. Dans le second chapitre, c’est le lien entre action publique territoriale et ESS qui est abordé. Longtemps méconnue des pouvoirs publics, la contribution de ce secteur au développement économique local est depuis les années 1980 de plus en plus reconnue. L’augmentation des financements publics vers ce secteur se traduit par l’émergence de ce que l’auteur appelle « une nouvelle filière institutionnelle de développement local ». Cette filière prend la forme de dispositifs variés, tels que les sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC), les centres locaux de développement (CLD), les coopératives de développement régional (CDR) ou encore les corporations de développement économique communautaire (CDEC), mais aussi de fonds de développement spécifiques, comme le Fonds local d’investissement (FLI), le Fonds d’économie sociale (aujourd’hui disparu), les fonds propres de certaines CDEC, les fonds d’investissement locaux (FIL) et les fonds de solidarité (FTQ). Cette nouvelle filière de développement repose sur une démarche inédite où se croisent le monde coopératif, syndical et associatif, le secteur privé (chambres de commerce locales) et le secteur public (municipalités et gouvernements centraux) afin de contribuer au développement local et régional. Trois exemples sont plus particulièrement détaillés dans ce chapitre : les sociétés locales d’investissement et de développement de l’emploi (SOLIDE), les sociétés d’aide au développement des collectivités (SDAC) et les centres locaux de développement (CLD). Une hypothèse est avancée pour expliquer l’émergence de cette nouvelle dynamique urbaine. Le mouvement ouvrier caractérisé par l’action syndicale dans le monde de l’entreprise qui prévalait jusque dans les années 1970 aurait laissé la place aux actions collectives prenant comme ancrage le quartier et tentant d’adresser des réponses aux problèmes de l’exclusion sociale (p. 59). Du monde de l’entreprise, le point d’action se serait ainsi déplacé vers le lieu d’habitation, et les problématiques liées au travail auraient évolué pour prendre en compte le « hors-travail ». Après avoir présenté les liens entre l’ESS et l’État, c’est à la dynamique propre du champ politique québécois dans lequel s’insère l’ESS que s’attelle le chapitre 3 de cet ouvrage. L’ensemble de l’ESS au Québec est représenté par deux grands regroupements : le Conseil québécois de la coopération et de la …