Recensions

Joel Belliveau et Marcel Martel (dir.), Entre solitudes et réjouissances : les francophones et les fêtes nationales (1834-1982), Montréal, Éditions du Boréal, 2021, 330 p.

  • Julien Massicotte

…plus d’informations

  • Julien Massicotte
    Université de Moncton, campus d’Edmundston

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Options d’accès :

  • via un accès institutionnel. Si vous êtes membre de l’une des 1200 bibliothèques abonnées ou partenaires d’Érudit (bibliothèques universitaires et collégiales, bibliothèques publiques, centres de recherche, etc.), vous pouvez vous connecter au portail de ressources numériques de votre bibliothèque. Si votre institution n’est pas abonnée, vous pouvez lui faire part de votre intérêt pour Érudit et cette revue en cliquant sur le bouton “Options d’accès”.

  • via un accès individuel. Certaines revues proposent un abonnement individuel numérique. Connectez-vous si vous possédez déjà un abonnement, ou cliquez sur le bouton “Options d’accès” pour obtenir plus d’informations sur l’abonnement individuel.

Dans le cadre de l’engagement d’Érudit en faveur du libre accès, seuls les derniers numéros de cette revue sont sous restriction. L’ensemble des numéros antérieurs est consultable librement sur la plateforme.

Options d’accès
Couverture de Numéro 53, printemps 2022, p. 9-159, Francophonies d'Amérique

Les ouvrages collectifs peuvent laisser l’impression d’un équivalent livresque du potluck : un ensemble diffus, parfois inconsistant, de qualité variable. On y fait parfois quelques découvertes, on y trouve beaucoup de textes potables et, inévitablement, des calories vides. Ces collectifs universitaires, habituellement issus de colloques portant sur un thème général, sont la plupart du temps un assortiment de textes indépendants les uns des autres habitant le même livre, souvent avec peu de liens les uns avec les autres. Dans le cas de cet ouvrage collectif dirigé par Joel Belliveau, anciennement de l’Université Laurentienne et licencié injustement comme plusieurs dizaines de professeurs en avril 2021, présentement rattaché au Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa (CRCCF), ainsi que par Marcel Martel, professeur à l’Université York, nous sommes devant un cas d’espèce : un livre collectif dont la cohérence, le ton, la facture et la rigueur sont pratiquement uniformes de la première à la dernière page. Le livre se lit comme l’ouvrage d’un seul auteur. Les textes constituent véritablement des chapitres, au sens où l’on perçoit un enchaînement logique d’un texte à l’autre. Ces deux spécialistes de longue date de l’histoire des francophonies canadiennes nous présentent donc ici, avec quelques collaborateurs choisis – Marc-André Gagnon, Dominique Laporte, Serge Miville et Michael Poplyansky –, une histoire des fêtes nationales au Canada, de 1834 à 1982. Les auteurs, dans chacun des neuf chapitres que compte cet ouvrage, cherchent à décrire et à présenter l’histoire des fêtes nationales attachées aux francophonies canadiennes. La contribution des deux directeurs de l’ouvrage, Joel Belliveau et Marcel Martel, est importante : en plus de cosigner l’introduction et la conclusion de l’ouvrage, ils cosignent le premier chapitre portant sur la fête de la reine Victoria; Joel Belliveau signe seul le chapitre portant sur la fête de Dollard des Ormeaux, Marcel Martel ceux sur la Saint-Jean-Baptiste et la fête de la Confédération. Belliveau cosigne également avec Michael Poplyansky deux textes portant respectivement sur la fête de l’Assomption et du 15 août. L’ouvrage comprend aussi des chapitres portant sur la transformation de la portée du 24 juin (Marc-André Gagnon), l’importance de la Saint-Jean-Baptiste pour la communauté franco-ontarienne (Serge Miville), ainsi que sa présence dans l’Ouest canadien (Dominique Laporte). On découvre donc dans l’ouvrage l’origine de ces fêtes nationales, sise au siècle des nationalismes, le xixe siècle. Les auteurs décrivent la mise en place d’événements populaires visant à promouvoir, à encourager ou à mousser l’appartenance nationale. La fête de la reine Victoria célèbre les hauts faits de l’Empire britannique, la fête de Dollard des Ormeaux constituant en quelque sorte une « contre-tradition » ou une réponse, canadienne-française et catholique, à la fête de la Reine. Dans toutes les incarnations de ces fêtes nationales, en particulier celles enracinées dans le xixe ou au début du xxe siècle, on dénote l’entrecroisement de plusieurs communautés d’acteurs aux intérêts divergents. Le vecteur idéologique est toujours très présent pour les promoteurs de ces fêtes, qui tentent de mousser le sentiment d’appartenance à la nation ou à l’Empire. Le monde économique s’y rallie, par l’intermédiaire de ce que Benedict Anderson appelle le « capitalisme de l’imprimé » : ces fêtes nationales sont souvent un prétexte à de nombreuses ventes et promotions. Par ailleurs, les journaux jouent un rôle central dans la diffusion de ces événements, comme le montrent les premiers chapitres de l’ouvrage. Les auteurs notent toutefois qu’un monde sépare parfois les discours des élites et leur réception par la population. Ces fêtes sont perçues dans bien des cas comme des occasions de promenades ou de pique-niques, pour passer du temps en famille ou …

Parties annexes