Mot de la directionLe racisme, une histoire qui se répète

  • Laurent Jérôme,
  • Éric Chalifoux et
  • Marie-Pierre Bousquet

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  • Laurent Jérôme
    Directeur de Recherches amérindiennes au Québec

  • Éric Chalifoux
    Rédacteur de Recherches amérindiennes au Québec

  • Marie-Pierre Bousquet
    Rédactrice en chef de Recherches amérindiennes au Québec

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Couverture de Imaginaires, territoires et marginalisation, Volume 49, numéro 3, 2019, p. 3-94, Recherches amérindiennes au Québec

Ce troisième numéro du volume 49 de Recherches amérindiennes au Québec regroupe sept articles hors thème que la rédaction a réunis en associant trois mots clés : imaginaires, territoires et marginalisation. Ces trois perspectives sont abordées à travers différents ancrages disciplinaires (histoire, anthropologie, foresterie, sociologie, architecture) valorisant les perspectives et les réalités de différents groupes autochtones à travers le monde : les Innus, les Mi’gmaq et les femmes autochtones du Québec, les Nahuas du Mexique ainsi que les Kanaka Maoli de Hawaï. Basés sur des recherches ethnohistoriques, ethnographiques et sociologiques, les articles abordent différents thèmes, comme les relations entre humains et non-humains (Beaucage et al., Duchesne et Simard-Émond), les trajectoires missionnaires (Dubois), l’aménagement du territoire (André-Lescop), les valeurs associées au développement de la foresterie communautaire (Blouin et al.) et les processus de marginalisation et d’exclusion vécus par les peuples autochtones (Cunningham, Duhaime). Ce numéro a été édité dans un contexte particulier. Ces derniers mois, l’actualité de la Revue et de la Société Recherches amérindiennes au Québec (SRAQ) a été marquée par plusieurs deuils. Le départ de Rémi Savard et de Sylvie Vincent, à quelques mois d’intervalle et dans l’année des cinquante ans du projet qu’ils avaient tous les deux contribué à façonner, restera comme un croc-en-jambe du destin. La Revue fêtera donc ses 50 ans, en 2021, sans deux de ses fondateurs. Un demi-siècle durant lequel l’engagement social a inspiré la ligne éditoriale d’un espace scientifique de réflexions, de diffusion et de solidarité avec les Premières Nations et les Inuit du Québec, et plus largement avec les peuples autochtones à travers la planète. Cet automne, les membres de la Revue et de la Société, comme l’ensemble des citoyens et citoyennes du Québec, ont été indignés par un autre départ : celui de Joyce Echaquan, femme atikamekw originaire de Manawan, mère de sept enfants, décédée sous les insultes de membres du personnel soignant d’un hôpital du Québec. Son décès a été largement médiatisé et a entraîné une vague de condamnations à travers le monde. Comme d’autres organismes et individus, la Revue et la SRAQ ont pris position : Avec le décès de Joyce Echaquan, de nombreuses personnes découvraient ce que les Atikamekw de Manawan et d’autres membres des Premières Nations savaient déjà depuis de nombreuses années : il est possible, et il arrive régulièrement, que du personnel d’institutions publiques se permette de dominer, d’humilier et d’insulter des Autochtones en raison de leur appartenance identitaire, sur la base de traits supposément caractéristiques et partagés par l’ensemble des membres de ce groupe. Certes, certains programmes universitaires en sciences infirmières mettent en valeur l’approche humaniste caring : C’est le cas notamment de l’Université de Montréal qui a développé un modèle humaniste des soins infirmiers pour guider la formation des futurs infirmiers et futures infirmières au cours de leur cheminement académique (Cara et al. 2016). Dans ce programme, il existe un cours de santé communautaire, « Expérience de santé des communautés », dans lequel sont abordées les compétences culturelles et les questions autochtones. Sur trois ans de formation, seule une petite partie d’un seul cours est donc consacrée aux réalités des Premières Nations et des Inuits du Québec. Le système actuel n’est sans doute pas pensé pour encourager le développement d’attitudes, de gestes, de paroles ou d’actions racistes et discriminatoires. Comme dans bien d’autres domaines, l’exception n’est pas la règle. Le racisme, dans les milieux de soin au Québec, n’est pas systématique. Mais les derniers mots entendus par Joyce Echaquan dans ce lieu où elle venait chercher la compassion, le soin et l’empathie ne sont pas non plus l’expression d’une exception. C’est …

Parties annexes