Recensions et comptes rendusThéologie

Claude Lichtert, Le prophète s’avance masqué. Commentaire et traversée biblique du livre de Jonas (Cahiers de la Revue Biblique, 100). Leuven-Paris-Bristol CT, Peeters, 2021, 16 × 24 cm, 127 p., ISBN 978-90-429-4453-4

  • Michel Proulx

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  • Michel Proulx, o.praem.

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Couverture de Volume 75, numéro 2, mai–août 2023, p. 157-315, Science et Esprit

Claude Lichtert (dans la suite : CL) compte à son actif plusieurs publications sur le livre de Jonas, notamment Traversée du récit de Jonas dans la collection Connaître la Bible. L’intérêt du présent ouvrage consiste dans l’usage conjoint de l’analyse narrative et de l’analyse structurelle, qu’il nomme également « rhétorique ». L’auteur estime que ces deux approches s’enrichissent mutuellement. Après une brève présentation de son approche méthodologique et une traduction littérale du texte, CL traverse l’ensemble du livre en prenant le personnage de Jonas comme fil conducteur de sa double analyse. Il organise son commentaire en fonction de la structure du livre à laquelle il accorde une grande importance. Selon lui, Jonas se subdivise en deux actes, composés de deux épisodes chacun. Le 1er acte, formé des chapitres 1 et 2, rapporte la fuite de Jonas sur la mer, son interaction avec des marins païens ainsi que sa prière dans les entrailles d’une « poissonne » (!). Le 2e acte raconte le vécu de Jonas en rapport avec les Ninivites, sa prédication et leur conversion, mais aussi sa colère face à la miséricorde de Dieu pour ces païens convertis. CL complète sa démarche par un long chapitre consacré à l’intertextualité narrative du livre de Jonas. L’ouvrage comporte aussi une riche bibliographie qui rendra service aux chercheurs. L’analyse narrative proposée par CL est particulièrement intéressante. Elle a le mérite d’attirer l’attention sur des détails qui passeraient facilement inaperçus aux yeux des lecteurs tout accaparés par les rebondissements du récit. Donnons deux exemples. Tout d’abord, en 1,10b, CL note l’usage d’une « régression chronologique » (p. 25). Alors que, comme lecteurs, nous croyions en savoir plus que les marins au sujet du destin de ce mystérieux Jonas, 1,10b nous révèle soudainement qu’ils en connaissent autant que nous et peut-être même plus. Nous découvrons qu’avant de fuir dans le sommeil au fond de la cale, Jonas s’était ouvert aux marins : « Car les hommes savaient que de devant YHWH il (était) fuyant, car il (le) leur avait raconté. » (1,10b) De ce détail, Richter conclut avec justesse : « À l’avenir, même s’il croit comprendre, le lecteur devra se méfier de lui-même. » Voici une salutaire mise en garde que tout interprète biblique devrait faire sienne ! Second exemple illustrant la finesse de l’analyse narrative de CL. En 3,5, par suite de la proclamation de Jonas, « les hommes de Ninive crurent en Dieu et ils proclamèrent un jeûne et ils revêtirent des sacs ». Or, aux versets 6 à 8 on précise que « la parole atteignit le roi de Ninive » et qu’il fit crier dans la ville : « Que l’humain et la bête, le gros et le petit bétail ne goûtent à rien (…) que l’humain et la bête se couvrent de sacs ». Richter fait remarquer que nous avons affaire à une « inversion chronologique ». La réponse de la population au décret du roi est placée avant sa proclamation. D’après CL, en racontant les choses de cette manière « tout se passe dès lors comme si le roi reprenait le mouvement du peuple pour l’authentifier et le prolonger par un décret » (p. 42). Le lecteur peut alors s’émerveiller d’un mouvement spontané de conversion de l’ensemble de la population. CL attire notre attention sur bien d’autres détails de ce genre qui enrichissent la lecture. L’analyse structurelle, pour sa part, ne s’avère pas toujours aussi heureuse. Si la structure globale du livre paraît pertinente et bien étayée, les structures concentriques que CL croit déceler à l’intérieur de chacun des épisodes paraissent souvent forcées. En …

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