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Comptes rendus

Barbara Kelly et Christopher Moore (dir.), Music Criticism in France, 1918-1939. Authority, Advocacy, Legacy, Woodbridge, The Boydell Press, 2018, xii-346 p. ISBN 978-1-78327-251-8

  • Marie Gaboriaud

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  • Marie Gaboriaud
    Lectrice d’échange, Université de Gênes

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Couverture de Classicisme, néoclassicisme et autres découvertes, Volume 20, numéro 1, printemps 2019, p. 7-118, Les Cahiers de la Société québécoise de recherche en musique

Ce recueil d’essais, dirigé par deux grands spécialistes anglo-saxons de la critique musicale française et issu d’un colloque à l’Université d’Ottawa en 2011, se veut un ouvrage qui balaye largement son sujet et éclaire la critique de l’entre-deux-guerres dans son ensemble. S’appuyant sur l’histoire musicale, l’histoire des idées et l’analyse de texte, tout en étant redevable aux méthodes de la New Musicology comme aux théories de la réception et parfois de la sociologie bourdieusienne, le livre met au jour les réseaux et les motivations individuelles et générationnelles qui régissent la construction des réputations et des canons musicaux. Les directeurs de la publication et les auteurs font montre d’un effort réel pour proposer un ouvrage uniforme, dans lequel les articles se répondent les uns aux autres. Bien que l’approche de chaque chapitre soit souvent monographique, les discours musicaux sont toujours replacés dans le contexte professionnel et matériel de leur production ; la précision des analyses permet d’élucider les motivations concrètes des discours, et révèle toute la complexité et la richesse de la presse musicale de cette époque. Après avoir exposé les trois concepts autour desquels est structuré le volume, nous voudrions insister sur quatre thèmes qui nous semblent constituer une réelle avancée théorique. L’introduction constitue en elle-même une remarquable synthèse allant au-delà d’un simple résumé des différents articles, et restera un texte de référence sur la question. Elle éclaire notamment le choix de penser le recueil autour de trois grandes thématiques, qui ne régissent pas la table des matières, mais constituent le fil rouge des différents « chapitres » : autorité, défense (« advocacy »), et héritage. Il faut saluer ce vrai travail d’éditeur, qui donne son unité au volume. Premièrement, la bataille pour l’autorité du critique, déjà prégnante dans l’avant-guerre entre les différents styles de critiques (des moins techniques aux plus spécialisées), se voit encore renforcée dans l’entre-deux-guerres, où la question de l’expertise technique et musicale devient centrale en raison de la structuration de la musicologie autour de certains pôles (la Société française de musicologie créée en 1917, La Revue musicale en 1920, la Revue de musicologie en 1922). Deuxièmement, l’ouvrage permet de décrypter les stratégies de défense et de promotion employées par les différents critiques. L’entre-deux-guerres constitue une période durant laquelle la vérité absolue en termes de musique est contestée ; puisqu’il est admis que chacun puisse avoir un avis différent, les commentateurs prennent conscience du pouvoir de la critique et n’hésitent pas à en faire un usage vigoureux, pour défendre le debussysme (Vuillermoz), l’internationalisme (Prunières), ou la musique contemporaine (Honegger), parfois dans une perspective d’autopromotion. Troisièmement, l’héritage des générations précédentes reste fort, et les commémorations prennent une place importante dans la vie musicale : celles des personnages morts au combat comme celles des musiciens disparus pendant cette période, Debussy et Fauré en tête, respectivement en 1918 et 1924. Les éditeurs choisissent de concentrer l’étude sur cette période de l’entre-deux-guerres, particulièrement signifiante et instable, mais considérée comme injustement laissée pour compte par les chercheurs. Ils s’écartent aussi de la réception des « grandes oeuvres » pour aborder la question depuis le champ critique, mettant ainsi en lumière des pans inconnus de celui-ci. L’une des grandes nouveautés de l’ouvrage est de faire une place inhabituellement large à l’étude des conditions économiques de la critique, et du rôle du lectorat ou des auditeurs de radio, pour mettre en lumière des phénomènes jusque-là peu connus, comme les stratégies d’autopromotion des critiques, ou l’enchevêtrement entre les différents types de réseaux, professionnels, idéologiques ou générationnels, à une époque marquée par le traumatisme de la guerre et la perte d’êtres chers. Le premier …

Parties annexes