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273.Plus d’information
Connue des lecteurs modernes surtout comme la créatrice d'un des personnages féminins possédant l'identité féministe la plus forte de la littérature française du XVIIIe siècle, Zilia des Lettres d'une Péruvienne (1747), Françoise de Graffigny a également monté une pièce intitulée Cénie (1750) qui, elle aussi, contient un message féministe lié à l'identité féminine.
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274.Plus d’information
Les ontologies quechuas présupposent que les lieux constituant le paysage sont des êtres dotés de personnalité, d'intentionnalité et d'agencéité. Ces lieux, les montagnes tout particulièrement, sont donc des membres actifs et puissants au sein de la société. Construit dans cette perspective quechua, cet article replace dans un cadre historique les modalités changeantes de participation des montagnes dans les relations de pouvoir à Cuzco (Pérou). D'abord, il se penche sur les oppositions, les réactions ou les allégeances des montagnes dans leurs rapports avec les compagnies minières et les communautés locales, et ce, dans le contexte du récent boom minier associé aux réformes néolibérales des années 1990 et au prix élevé des métaux. Par la suite, à l'aide de travaux ethnographiques produits dans ces régions depuis les années 1930, l'article esquisse les différents types de relations entre les montagnes et les institutions étatiques, les grands propriétaires terriens et les communautés quechuas durant une bonne partie du xxe siècle, la réforme agraire de 1969 ayant constitué un point tournant.
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276.Plus d’information
L'auteur analyse une des premières oeuvres sur l'histoire de la révolution haïtienne, Voyage dans le Nord d'Hayti de Charles Hérard Dumesle, publiée en 1824. En la confrontant à la critique française de l'époque et à la situation sociale et politique en Haïti, cette analyse cherche à montrer les contraintes esthétiques et politiques qui ont inspiré à l'intellectuel haïtien une écriture polyphone. La juxtaposition de multiples traditions culturelles et philosophiques permet à Hérard Dumesle de mener un discours fragmenté qui correspond aux traces de la destruction, omniprésentes dans le pays. Ce livre de révolte contre les despotismes métropolitains et autochtones est resté enseveli sous les ouvrages de l'historiographie postérieure qui cherchait à s'adapter aux exigences du discours scientifique.
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278.Plus d’information
La domination coloniale implique une lutte d'interprétations. Les colonisateurs établissent quelle version de la réalité sera codifiée et deviendra dominante. Rompre avec ce récit dominant et officialisé comporte une lutte contre l'hégémonie. Traducteurs et interprètes subalternes ont souvent servi d'agents des colonisateurs. Cependant, ils contestent souvent les significations dominantes. Ils renversent les significations dominantes, car ils les transforment à travers la division coloniale. Théorisant les pratiques de la traduction de ce point de conjonction ou de contact colonial, cet article s'appuie sur deux exemples pour montrer l'utilité d'une méthodologie décoloniale pour éclairer la façon dont, entre les mains d'un traducteur astucieux, la traduction peut offrir un contre-discours qui déconstruit les systèmes coloniaux de sens. Les deux exemples sont la traduction intralinguale de Frederick Douglass de la signification de « the Fourth of July » (1852) et l'enregistrement par le chanteur Caetano Veloso de la traduction de Augusto de Campos de l'oeuvre de John Donne « Elegy 19: To His Mistress Going To Bed » (1654). Trois caractéristiques interreliées rendent une traduction décoloniale : 1) la traduction est abusive (Lewis, 2000; Venuti, 2013); 2) la langue ou la culture cible est un monde imaginaire, meilleur et plus juste que le monde dans lequel nous vivons (Santos, 2014); 3) la traduction est performative, dans la mesure où elle commence à donner vie à ce monde imaginaire par la performance de la traduction (Austin, 1975). Comme une étreinte déconstructive, ce genre de traduction met en lumière l'héritage colonial et le contexte colonial, voire le genre lui-même, c'est-à-dire son appropriation sélective (Spivak, 1995, p. 31).
Mots-clés : translation, colonialism, slave narratives, subaltern studies, decolonial, traduction, colonialisme, discours d'esclavage, études subalternes, décolonial
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279.Plus d’information
RésuméLes Voyages de Gulliver (Swift, 1726) connaissent un grand succès au xixe siècle en France. Les quelque cent éditions parues entre 1815 et 1898 présentent une quinzaine de révisions distinctes, de versions abrégées ou expurgées et de retraductions, quoique la traduction réalisée par Pierre-François Guyot, abbé Desfontaines, en 1727 reste prédominante. L'analyse de trois versions publiées entre 1832 et 1843 (une réédition du texte de Desfontaines, une retraduction et une version expurgée pour la jeunesse), révèle comment la notion de traduction a évolué en un siècle et demi. L'étude du discours paratextuel et d'exemples tirés des passages les plus problématiques – s'agissant du « bon goût » ou des convenances – montre que des positions divergentes en matière de traduction cohabitent tout au cours du xixe siècle, cependant que les éditeurs semblent s'entendre pour proposer au lectorat français des textes retravaillés, qui ont transformé notre lecture de Gulliver en le vidant de son essence et en l'infantilisant.
Mots-clés : Voyages de Gulliver, retraduction, réédition, monarchie de Juillet
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280.Plus d’information
RésuméCet article rend compte d'une mission effectuée en 2006 par Bernard Genest (ministère de la Culture et des communications du Québec) et Jean Simard (Société québécoise d'ethnologie) en Belgique dans le but d'approfondir leur connaissance du patrimoine culturel immatériel. La Belgique, en effet, est l'un des premiers pays d'Europe à s'être doté d'un outil législatif (Décret relatif aux biens culturels mobiliers et au patrimoine immatériel de la Communauté française) et de programmes pour assurer la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine immatériel. La Belgique a aussi obtenu de l'Unesco la reconnaissance de deux manifestations à titre de chefs-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité, soit le Carnaval de Binche (2003) et les Géants et dragons processionnels (2005). De son côté le Québec poursuit une réflexion sur la notion de patrimoine immatériel et a entrepris un programme d'inventaire qui attire l'attention de plusieurs pays dans le monde. Tout en faisant constamment des liens avec le Québec, Genest expose en quoi l'expérience belge peut être inspirante pour les pays qui reconnaissent l'importance de leur héritage culturel immatériel comme vecteur de leur identité et de leur diversité.