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1801.Plus d’information
L'article aborde l'utilisation d'Internet dans les réseaux sociaux locaux et transnationaux de jeunes migrants en région au Québec, afin de cerner les rapports entre ces réseaux et les identités (au sens de sentiments d'appartenance). Les jeunes rencontrés utilisent tous Internet pour entretenir le contact avec famille immédiate et amis dans le pays d'origine, mais très peu et, surtout, différemment avec les nouveaux amis au Québec. Outre deux répondants qui rejettent totalement les appartenances, les migrants rencontrés s'identifient à leur pays d'origine et la plupart également au Québec. Ces derniers sont ceux qui, délibérément ou non, ont développé un réseau social incluant des Québécois d'origine. Ceci nous amène à réaffirmer le rôle d'autrui dans la construction des représentations de soi à l'ère d'Internet.
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1802.Plus d’information
RésuméCet article étudie le type de relations qui existent entre l'islam, entendu comme une tradition universalisante, et l'espace social sur lequel la République française affirme sa souveraineté. Comme tel, il cherche à reformuler le débat autour de la relation entre l'islam et la France d'une manière qui évite la dichotomie entre orientations nationale et transnationale. Son analyse se centre sur le cas de Sofiane Meziani, écrivain et militant associé à une importante fédération islamique française qui a déployé des efforts significatifs pour consolider sa position en France ces dix dernières années. L'étude du cas de Sofiane permet de cerner les effets politiques à la fois habilitants et contraignants qui dérivent de cet engagement discursif et pratique de l'islam dans le contexte français, plus particulièrement celui de la banlieue. Elle permet aussi d'examiner comment ces effets définissent la manière dont Sofiane peut se rapporter à la communauté plus générale de l'umma et concevoir son identité française, et comment, enfin, son engagement interagit avec la narration de sa biographie.
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1803.Plus d’information
RésuméLa ville se définit comme une somme de lieux et d'espaces. Le lieu serait de l'ordre de l'immuable, de l'être là, repères visuels, lieux commémoratifs, monuments, magasins. L'espace serait façonné par les actions, les mouvements, les visions des habitants ou des passants. Ainsi, les représentations des villes se construisent à travers la mise en mots des lieux et des espaces et les frontières urbaines, délimitation de quartiers notamment, se définissent à travers des territoires sociaux et langagiers. Dans un premier temps, nous confronterons nos approches en sociolinguistique et en géographie en particulier à travers les notions de lieu, espace et territoire. Dans un second temps, nous essaierons de voir comment des inscriptions urbaines multilingues dans des quartiers de Montpellier peuvent faire d'un lieu un espace social en changement et en mouvement et comment se redessinent, à travers des inscriptions, les limites de territoires.
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1804.Plus d’information
RésuméCet article présente l'application de deux techniques d'intervention, la carte de concepts et le résumé, dans le processus d'interprétation consécutive chez les apprentis-interprètes vietnamiens de l'École supérieure des langues étrangères de Hanoi. Se fondant sur une analyse quantitative des interprétations et particulièrement sur une analyse qualitative des entrevues semi-dirigées, les auteurs démontrent les influences tant convergentes que divergentes de la carte de concepts et du résumé sur quatre variables impliquées dans ce processus d'interprétation : la compréhension, la production, la prise de notes et l'état psychologique. Quelques suggestions relatives à l'apprentissage de l'interprétation assistée par la cartographie des concepts sont aussi offertes à la fin de l'article.
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1805.Plus d’information
Du fait de la continuité linguistique, bons nombres de jeunes Camerounais francophones ont toujours eu la France pour principale destination migratoire. Initiés par les pouvoirs publics coloniaux pour des fins de suppléance administrative, les flux de migrants pour études connaîtront au fil des temps des motivations différentes, tant de la part des différents « bailleurs » de fonds des études, que de celle des étudiants eux-mêmes. Ces mutations influeront par ailleurs sur le choix des études ainsi que sur celui des lieux et des établissements de formation sollicités particulièrement durant la double décennie 1982-2002.À la lumière des recherches menées dans le cadre des travaux du laboratoire du CRESC de l’Université de Paris 13 en Géographie visant à mettre en exergue la différenciation en matière d’intégration des migrants d’origine camerounaise en Ile-de-France, il nous a paru nécessaire d’apporter quelques éléments pour la compréhension des enjeux liés aux migrations pour études particulièrement actifs durant cette double décennie, et motivant par ailleurs les divers acteurs autant à titre de bailleurs de fonds des études, qu’à celui d’étudiants, ainsi que des institutions académiques qu’ils fréquentent. On se propose ainsi de répondre à trois questions fondamentales : dans quel cadre institutionnel, économique et social s’inscrit la migration pour études de Camerounais ? Quelles en sont les incidences sur le choix des études et des lieux de formation ? Quelles perspectives se dégagent-t-elles autant de la posture des étudiants eux-mêmes, que de celle des différents autres acteurs du secteur ?
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1806.Plus d’information
De récentes réformes concernant le droit de la responsabilité civile emportent des conséquences importantes quant à la responsabilité civile pesant sur les sociétés en général, et les sociétés anonymes en particulier. De nombreuses lois ont été adoptées depuis 2016, créant ou renforçant des régimes de responsabilité qui s'appliquent aux sociétés, telles la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages introduisant le préjudice écologique, l'ordonnance relative à l'action en dommages et intérêts du fait de la commission d'une pratique anticoncurrentielle ou encore la Loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre. La combinaison de ces lois permet de constater deux directions vers lesquelles la responsabilité civile des sociétés tend à s'orienter.La première direction est une plus grande moralisation des comportements des sociétés commerciales. En vertu de ces nouveaux textes, les personnes morales doivent suivre dans leur action une certaine norme comportementale, sauf à être sanctionnées au titre de la responsabilité délictuelle. La responsabilité sociétale des entreprises devient alors de moins en moins morale, et de plus en plus juridique.La seconde direction que le droit des sociétés veut emprunter est plus étonnante en ce qu'elle peut modifier un principe général du droit des sociétés. Plusieurs lois semblent introduire une responsabilité de la société mère du fait de sa filiale, qui paraît de prime abord être contraire au principe d'autonomie de chaque société au sein d'un groupe. La loi créant un devoir de vigilance permet ainsi de sanctionner la société mère en cas d'atteintes aux droits de la personne ou à l'environnement commises par sa filiale. Pour ce faire, il est toutefois nécessaire que la société mère ait manqué à son obligation de rédiger ou de mettre en oeuvre un plan de vigilance. Dans ce cas, le dommage réparé sera celui qui a été causé par la filiale, mais la faute ouvrant le cas à la responsabilité sera bien celle de la société mère. Cependant, une nouvelle règle, mêlant droit de la concurrence et droit de la responsabilité civile, peut aboutir à ce que la société mère soit responsable avec sa filiale sans même devoir prouver une quelconque faute de sa part. En présumant fautives toutes les personnes qui composent l'entreprise condamnée pour une atteinte anticoncurrentielle, le Code de commerce permet de prononcer un jugement contre une société mère si une de ses filiales a commis une faute anticoncurrentielle. L'importation d'une notion de droit de la concurrence — l'entreprise — en droit de la responsabilité civile entraîne alors une profonde mutation de la responsabilité civile au sein du groupe de sociétés.
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1807.Plus d’information
Isabelle Eberhardt a incarné son statut de transfuge en Algérie de façon ambiguë. Elle revendique une posture intellectuelle nomade dont l’ambivalence identitaire manifeste et volontaire est le reflet. Le regard qu’elle porte sur ses consoeurs algériennes et européennes, échappe aux normes de son époque et à l’horizon d’attente actuel qui voudrait en faire une figure féministe. D’une part, elle méprise la féminité occidentale étriquée et mondaine, et de l’autre, son costume masculin la prive d’un accès aux milieux féminins en Algérie, rendant leur présence moindre dans le paysage social qu’elle décrit. Néanmoins, les portraits de figures féminines marginales sont légion dans ses écrits et une finesse et une tendresse caractéristiques en émanent, malgré qu’ils ne soient pas toujours délivrés des clichés orientaux et de certains propos racistes et sexistes. Difficile donc de la considérer comme modèle d’émancipation féminine sans prendre en compte ces nuances. Notons cependant que certaines autrices du corpus algérien évoquent la figure d’Eberhardt dans le cadre d’une filiation intellectuelle nomade, relevant ainsi la part de complexité et d’opacité dans ses oeuvres et sa pensée, ce qui fait parfois défaut, notamment dans les lectures biographiques qui ont souvent limité sa réception critique.
Mots-clés : Eberhardt, Isabelle, Algérie, Écrivains voyageurs, Transfuge, Filiation féminine, Lotman, Youri, Jullien, François, Sebbar, Leila, Mokeddem, Malika
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1808.Plus d’information
Dans le contexte historique canadien, la traduction et la publication d’un livre d’un auteur autochtone impliquent des engagements complexes de la part de tous les acteurs intervenant dans le processus : la personne qui écrit, la personne qui traduit, la maison d’édition, les réseaux de distribution, etc. L’acte de traduction ressort nécessairement d’un engagement culturel militant. Cet article présente l’auteure mi’kmaq Rita Joe et examine le contexte de production de la traduction d’auteur.e.s autochtone.s et les enjeux linguistiques qui compliquent ce travail au Canada Atlantique.
Mots-clés : Rita Joe, Rita Joe, activist translation, Traduction militante, Mi’kmaw literature, Littérature mi'kmaw, decolonization, traduction littéraire, literary translation, décolonisation
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