Documents repérés
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596.Plus d’information
RÉSUMÉCet article se propose d'évaluer la qualité des dénombrements de la population canadienne réalisés entre 1685 et 1739. L'appréciation de la cohérence interne de ces documents permet d'abord de suspecter le sous-enregistrement de certaines catégories de la population, comme par exemple les femmes au 17e siècle et les jeunes garçons dans le premier quart du 18e siècle. Afin de mesurer l'ampleur globale du sous-enregistrement, la critique des données consiste ensuite à comparer l'effectif de la population enregistrée au nombre des personnes présentes au moment du recensement, tel qu'estimé par la technique du solde naturel cumulé. Il ressort de ce calcul que tous les dénombrements pèchent par défaut d'enregistrement. Avec un taux moyen d'omission d'un peu plus de 10%, les dénombrements sont finalement, pour l'époque pré-statistique, d'une qualité suffisante pour que leur exploitation puisse être entreprise avec profit.
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597.Plus d’information
Cet article interroge les relations entre mise en tourisme et patrimonialisation dans une banlieue chic de l'Ouest parisien. L'avenir de la ville de Boulogne-Billancourt dans la destination Paris sera également abordé par le biais d'une offre culturelle en devenir (vallée de la culture et pôle culturel de l'île Seguin), d'un tourisme culturel ou de formes plus participatives et non marchandes d'accueil des visiteurs (greeters). La ville de Boulogne-Billancourt offre un patrimoine multiple, à la fois architectural et mémoriel, industriel et moderne (architecture des années 1930), mais a choisi une narration patrimoniale loin de son passé industriel. L'article explore les enjeux multi-scalaires des stratégies touristiques et de la fréquentation actuelle et future d'une marge de plus en plus centrale dans la métropole parisienne.
Mots-clés : tourisme, patrimoine, banlieue, greeters, métropole parisienne, Boulogne-Billancourt, ville moderne
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599.Plus d’information
Est-il possible de retracer une rumeur ayant circulé au Québec dans les années 1770-1790 ? C'est ce que se propose de faire cette étude au sujet de bruits selon lesquels la France aurait voulu reconquérir le Canada. Parmi les sources exploitées : la correspondance d'une religieuse (Marie-Catherine Juchereau-Duchesnay), le témoignage de deux notaires (Jean-Baptiste Badeaux et Simon Sanguinet), une brochure de propagande (attribuée à François Baby) et une lettre forgée par George Washington et le marquis de Lafayette. En contextualisant la production et la diffusion de ces rumeurs dans la province, on tente ici de comprendre l'état d'esprit de la population rurale au moment de la guerre d'Indépendance américaine et dans les années qui suivirent. Cette étude de l'imaginaire de la reconquête se veut une contribution aux travaux sur la rumeur et à l'histoire des mentalités canadiennes par le biais des traces de l'oralité trouvées dans l'archive.
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600.Plus d’information
RésuméLe Québec et la France ont adopté des conceptions normatives différentes des rapports entre religion et école. En témoigne tout particulièrement la question de l'enseignement des religions qui a été à l'ordre du jour simultanément dans les deux sociétés. La France, marquée par la laïcité scolaire depuis plus d'un siècle, se montre plus craintive à l'égard d'une formation spécifique sur les religions dans le cursus scolaire. Le Québec a laïcisé son système scolaire un siècle plus tard, mais a défini la laïcité comme compatible avec une discipline consacrée à l'éthique et à la compréhension des visions du monde, religieuses et séculières. Les modèles français et québécois d'enseignement de la religion, bien qu'empruntant parfois des termes similaires, comme la tolérance et le dialogue, génèrent des effets différents quant à la prise en compte du pluralisme religieux dans l'espace scolaire. La France tend à privilégier une conception de l'école comme sanctuaire coupé des influences de la société civile, alors que le Québec entend porter à la connaissance critique de l'élève ce qui se vit en dehors de l'école en matière de religion. Néanmoins, de part et d'autre de l'Atlantique, la religion représente encore une possible pierre d'achoppement dans les consensus à propos de la laïcité de l'école.