Documents repérés
-
1373.Plus d’information
La pratique artistique de Tanya Tagaq se caractérise par le recours à de nombreux effets vocaux, issus tant du katajjaq que d'autres traditions musicales, que la chanteuse semble coordonner à des mouvements et des gestes expressifs. L'hypothèse est que les mouvements du bras, des mains, du corps de Tagaq sur scène possèdent, tout comme les sons qu'elle produit, une dimension symbolique pertinente pour la performance et se coordonnent dans une même expression. Peut-on identifier une typologie de correspondances voix/gestes lors d'une performance de Tagaq? Pour explorer son geste musical en rapport avec la production du son, les données ont été générées par la captation des mouvements et de la voix lors de performances scéniques (LARC et Palais Montcalm, Québec, janvier-février 2016), à partir d'un système de motion capture (VICON), d'un microphone de gorge et d'un traitement informatique. On explorera ici un terrain symbolique, éclaté, souvent inaccessible car métaphorique, et peu foulé par la recherche, notamment du fait de la singularité de Tagaq qui intègre autant des éléments de sa culture inuit que ceux de la culture transnationale. Étant donné sa signification expressive pour l'auditoire, il s'agit de saisir ce que pourrait signifier ou exprimer le mouvement corporel en lien avec les émissions vocales de l'artiste.
-
1375.Plus d’information
C'est à la suite d'une immersion en Chine en 2008 ainsi qu'après avoir franchi les nombreuses étapes préliminaires de la grande finale internationale, que Denis Gougeon est déclaré en mai 2010 grand gagnant du Concours international de composition du Festival Présences à Shanghai. Présélectionnés par la smcq, huit compositrices et compositeurs québécois ont été invités à se familiariser avec la culture et la tradition musicale shanghaiennes en vue de participer à ce concours. La finale québécoise a ainsi pris place en 2009, moment où tous devaient présenter une composition intégrant un instrument et une mélodie issus de la tradition chinoise. Les oeuvres créées à cette occasion par Simon Bertrand, José Evangelista, Denis Gougeon, Analía Llugdar, Pierre Michaud, Farangis Nurulla-Khoja, Sean Pepperall et Serge Provost, ont offert une vitrine de choix pour la diffusion de la création musicale du Québec à l'international. L'enquête donne un aperçu des différentes étapes ayant marqué ce concours par l'intermédiaire des souvenirs et des propos de Simon Bertrand, Walter Boudreau, José Evangelista, Denis Gougeon, Analía Llugdar et Pierre Michaud, passant autant par l'organisation de la participation québécoise que par la manière dont chacun a vécu cette expérience et a conçu son oeuvre.
Mots-clés : composition, concours, Festival Présences, Shanghai, smcq, competition, composition, Presences Festival, Shanghai, smcq
-
1379.Plus d’information
À travers quelques exemples de chansons de labeur ou de chansons de rogne empruntées à l'histoire de l'activité chansonnière française et québécoise, je montrerai comment la relation au travail sert de point d'appui théorique aux transformations relationnelles qui s'opèrent entre le chanteur et l'objet-chanson. Je montrerai d'abord la fonction symbolique et collective de la chanson : son rôle de vecteur, d'amplificateur des pulsions revendicatrices tout autant que son rôle cathartique. Avant l'avènement de la société industrielle et la société de consommation, c'est l'interprète-artisan (le « faiseur de chanson ») qui joue de sa chanson dans le cadre d'une pratique fonctionnelle et privée. Les bouleversements socio-économiques de la fin du XIXe siècle vont non seulement entraîner la disparition des métiers évoqués dans les chansons de tradition orale mais de surcroît la chanson se médiatise par le biais de salles de spectacles, puis par la radio, le microphone, etc. L'interprète-médiatisé participe à une médiatisation de la chanson, donc à une chanson sortie de son contexte de performance d'origine d'où l'usage péjoratif que nous avons fait du terme folklorique. Si l'on aborde le corpus chansonnier en considérant d'une part la chanson de tradition orale et d'autre part la chanson littéraire, c'est-à-dire à auteur et compositeur connus, et née dans un contexte éditorial, on remarque deux aspects qui les différencient : la nature de la pratique de l'interprète et la fonction du répertoire qu'il chante. Les interactions entre ces deux composantes se doublent d'une médiation évolutive du phénomène chansonnier. Ainsi, entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe siècle, la professionnalisation du métier de chanteur va de pair avec une disparition de la fonction première de la chanson de tradition orale. Si cette chanson, encore transmise oralement au XIXe siècle, accompagne les travaux des champs, les manoeuvres des marins, sa fonctionnalité première disparaîtra avec nombre de métiers. Elle fera place à une médiatisation de la tradition conjointe à une professionnalisation du métier de chanteur ce qui témoigne d'un passage de la sphère des métiers (privée) à la sphère publique et commerciale. Le travail n'est plus celui d'un interprète-artisan ‒ le marin ou le paysan qui transmet fidèlement le répertoire de la chanson de rogne de générations en générations ‒ mais d'un interprète médiatisé qui restitue la théâtralité du texte chansonnier sans pour autant participer du métier ou du travail qu'il décrit. On assiste ainsi à un changement de modi operandi des phénomènes chansonniers. Dans le présent travail, je m'attarderai à monter quelques exemples des phénomènes chansonniers caractéristiques des relations entre la tradition orale et le travail.