Volume 66, Number 2, 2024 Sounding the alarm Sonner l’alarme Guest-edited by Alexandrine Boudreault-Fournier, Sue Frohlick and Karoline Truchon
Table of contents (17 articles)
Note from the Editors / Notes des rédactrices
Seedings: Sounding the alarm / Semences : Sonner l’alarme
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Les plantations climatiques au Québec : entre quantification de la nature et engagement socio-écologique
Nakeyah Giroux-Works
pp. 1–22
AbstractFR:
Les marchés volontaires de compensation carbone basés sur des projets forestiers sont les plus populaires à l’échelle mondiale. Or, ils sont appréhendés avec scepticisme et critiqués sur plusieurs fronts. Les études en sciences sociales les associent à des injustices environnementales comme l’accaparement des terres, la restriction d’accès aux ressources de la forêt et la responsabilité incombée aux pays du Sud pour le maintien « des poumons verts » de la planète. Qu’en est-il lorsque les plantations d’arbres sont réalisées dans des régions nordiques comme le Québec et servent à compenser les émissions d’individus de ces régions ? Faut-il sonner l’alarme pour ces initiatives ? Un regard critique sera jeté sur les initiatives de plantations climatiques réalisées dans l’enceinte de marchés et d’espaces environnementaux de l’Est-du-Québec, dans l’objectif d’évaluer et de mieux saisir les bénéfices socio-territoriaux de la compensation carbone et de ses arbres dans la société civile.
EN:
Voluntary carbon offset markets based on forestry projects are very popular globally. However, they are met with scepticism and criticism on several fronts. Social science studies associate them with environmental injustices, such as land grabbing, restricting access to forest resources and placing the onus on southern countries to preserve the planet’s “green lungs.” What about when tree planting projects are conducted in northern regions such as Quebec in order to offset the emissions of people in these regions? Should we raise the alarm about these initiatives? This article takes a critical look at climatic plantations carried out within the confines of markets and environmental areas in Eastern Quebec, with the objective of evaluating and better understanding the benefits of carbon offsetting and trees planted for this purpose in civilian society.
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Donner l’alerte à bas bruit : pour une éthique des soins agroécologiques au Chili
Consuelo Biskupovic, Béatrice Maurines and Mélanie Antin
pp. 1–28
AbstractFR:
Collectifs et individus ont sonné l’alarme depuis des décennies pour dénoncer le modèle de développement chilien et les dégradations socio-environnementales qu’il provoque dans le pays. Ce texte aborde comment de petits gestes manuels se multiplient dans divers territoires au Chili, pour faire face à la crise écologique, dans un contexte marqué par la production des industries extractivistes (production de saumons, pins, eucalyptus, fruits d’exportation cuivre, lithium). Cet article vise à mettre en évidence le développement de projets agroécologiques ou en transition agroécologiques au sud du Chili, à Chiloé et dans les régions de l’Araucanía, un territoire historiquement mapuche. Leurs pratiques contribuent à valoriser des savoirs et savoir-faire ancestraux, ainsi que leur transmission, autour de la conservation des semences, l’agriculture familiale et paysanne, l’entraide et l’organisation de collectifs de défense territoriale. Nous nous basons sur une méthode alliant enquête au long court et ethnographie patchwork, basée sur des séjours de recherche courts mais approfondis. Les données sont complémentées par des entretiens. Finalement, ce travail contribue à penser une éthique des soins à travers les projets agroécologiques menées par des femmes au sud du Chili.
EN:
Communities and individuals have raised the alarm for decades denouncing the Chilean development model and the resulting social-environmental degradation of the country. This article addresses how small manual actions are multiplying in various regions of Chile to respond to the environmental crisis, in a context marked by the production of extractive industries (production of salmon, pine trees, eucalyptus, fruit for export, copper, lithium). This article aims to underscore the development of agroecological projects or those transitioning to agroecology in the south of Chile, in Chiloé and in the regions of Araucanía, historically Mapuche territory. Their practices contribute to promoting and transmitting ancestral knowledge and expertise related to seed-saving, family and peasant farming, co-operation and the organization of territorial defence collectives. Our work is based on a method uniting long-term investigation and patchwork ethnography, based on short but in-depth research stays. Interviews complement the data. Lastly, this work contributes to considering an ethics of care across agroecological projects led by women in the south of Chile.
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Petrophonics
David Janzen and Reuben Martens
pp. 1–17
AbstractEN:
Drawing from sound studies, energy humanities, and anthropology, this essay identifies a critical gap in the academic recognition of “petrophonics”—sonic and vibrational byproducts of fossil fuel dependency that pervade contemporary soundscapes—within sound and soundscape studies as well as the environmental and energy humanities, where such phenomena are often dismissed as “white noise” or background ambience. Through theoretical analysis and empirical observation, we attempt to define petrophonics as both an object of study and a framework for critical engagement. Focusing on traffic noise—the most accessible example of petrophonics—as a cultural and material phenomenon rather than a mere auditory background allows us to explain and propose a speculative definition of petrophonics, characterized by its materialist grounding in fossil fuel infrastructures and its capacity to exist independently of audibility. This essay concludes by emphasizing the political, temporal, and decolonial dimensions of petrophonics, advocating for an ethico-affective approach that foregrounds the relational and infrastructural realities of petromodernity. This framework invites scholars and practitioners to re-attune to the pervasive yet overlooked sounds of fossil fuel dependency and imagine alternative, post-petrocultural phonic worlds.
FR:
S’inspirant des études sonores, des sciences humaines de l’énergie et de l’anthropologie, cet essai identifie une lacune critique dans la reconnaissance académique de la « pétrophonique » – les sous-produits sonores et vibratoires de la dépendance aux combustibles fossiles qui envahissent les paysages sonores contemporains – dans les études et les paysages sonores, ainsi que dans les sciences humaines de l’environnement et de l’énergie, où de tels phénomènes sont souvent rejetés comme du « bruit blanc » ou de l’ambiance de fond. Par l’intermédiaire d’une analyse théorique et une observation empirique, nous tentons de définir la pétrophonie à la fois comme un objet d’étude et comme un cadre d’engagement critique. En nous concentrant sur le bruit de la circulation – l’exemple le plus accessible de la pétrophonie – en tant que phénomènes culturel et matériel plutôt que comme simple fond sonore, nous proposons une définition spéculative de la pétrophonie, caractérisée par son ancrage matérialiste dans les infrastructures de combustibles fossiles et sa capacité à exister indépendamment de l’audibilité. Cet essai conclut en soulignant les dimensions politiques, temporelles et décoloniales de la pétrophonie, en plaidant pour une approche éthico-affective qui met en avant les réalités relationnelles et infrastructurelles de la pétro-modernité. Ce cadre invite les chercheurs et les praticiens à s’intéresser de nouveau aux sons omniprésents mais négligés de la dépendance aux combustibles fossiles et à imaginer des mondes phoniques alternatifs, post-pétroculturels.
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HIV in Madagascar: Cause for Alarm
Snyders Jessico Betombo, Mitsou Raharivelo and Andrew Walsh
pp. 1–12
AbstractEN:
In line with the work of a growing number of concerned researchers, this brief article draws attention to certain features of Madagascar’s looming HIV crisis. Reporting on the findings of a survey conducted with patients of a clinic that has recently hosted a large-scale screening program, we focus especially on what is and is not known about the transmission, effects, and treatment of HIV, and on why an elevated infection rate among the clientele of this clinic (many of whom are involved in artisanal mining) should be of special concern. Anticipating the return of long absent awareness-raising campaigns concerning HIV in Madagascar, we close with some cautious recommendations on what they might cover and how they might be carried out.
FR:
Dans la continuité des travaux d’un nombre croissant de chercheurs impliqués, ce bref article attire l’attention sur certaines caractéristiques de la crise du VIH qui se prof;ile à l’horizon à Madagascar. En nous appuyant sur les données issues d’une enquête menée auprès des patients d’une clinique qui a récemment accueilli un programme de dépistage à grande échelle, nous mettons l’accent sur ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas sur la transmission, les effets et le traitement du VIH, ainsi que sur les raisons pour lesquelles un taux d’infection élevé parmi la clientèle de cette clinique (dont beaucoup est impliquée dans l’exploitation minière artisanale) devrait être une préoccupation majeure. En prévision du retour des campagnes de sensibilisation au VIH longtemps absentes à Madagascar, nous terminons par quelques recommandations prudentes sur ce qu’elles pourraient inclure et sur la manière dont elles pourraient être menées.
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Les artefacts sonnent l’alarme dans un makerspace de Barcelone ! Explorations autour d’une fiction ethnographique illustrée
Sandrine Lambert, Lucie Perron and Oriol Blas Guinovart
pp. 1–33
AbstractFR:
C’est l’histoire d’une anthropologue qui débarque chez les makers à Barcelone et qui y reste 18 mois. Prise dans un tourbillon de rencontres et d’aventures, elle découvre des espaces où la somme des apprentissages collectifs vaut plus que toutes les machines et les artefacts réunis. Y prendre part lui permet de percoler une réflexivité mise en partage. D’ateliers de codage en sessions de soudure, de fabrication de circuits électroniques en réalisation d’un projet de valorisation du patrimoine, les données émergent, le terrain se dessine et le sens se déploie, sans toutefois épuiser l’éternelle question : comment rendre compte au mieux de cette recherche?
L’illustration constitue l’une des réponses possibles pour faire émerger une polyphonie narrative et laisser une trace sensible d’une épopée aussi humaine qu’heuristique. Raconter une histoire révèle la dimension créative et subjective de la restitution de données tout en tentant de donner une plus juste place aux participants de la recherche. Cette fiction ethnographique illustrée est le résultat d’une expérimentation collaborative entre une anthropologue, une dessinatrice et un maker. Vous serez exposé(e)s à des artefacts qui parlent, à des ouvrières qui surgissent du passé pour tisser le fil d’une histoire technique qui continue de s’écrire et de susciter des espoirs sociaux plus grand que nature.
EN:
This is the story about an anthropologist who heads off to spend time with makers in Barcelona and stays there for 18 months. Caught in a whirlwind of encounters and adventures, she explores spaces where the sum of collective learning is worth more than all the machines and artifacts combined. Participating allows her to percolate a shared reflexivity. Coding workshops during soldering sessions, making electronic circuits while carrying out a heritage development project, and data emerges, the terrain takes shape and meaning unfolds, without, however, exhausting the eternal question: how best to give an account of this research?
Illustration represents one of the possible solutions to bring to the foreground a polyphonic narrative and leave a sensitive trace of a journey that is as human as it is heuristic. Telling a story reveals the creative and subjective dimension of rendering data while attempting to give research participants a more rightful place. This illustrated ethnographic fiction is the result of a collaborative experiment between an anthropologist, an illustrator and a maker. You will be exposed to talking artifacts, to workers who emerge from the past to weave the fabric of a technical story that continues to write itself and spark larger-than-life social hope.
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World Literacy in Danger, Revisited
Daria Boltokova
pp. 1–10
AbstractEN:
Last year at the 2153 conference of the Canadian Anthropology Society, a renowned linguist, Leahcim Suark, urged us to document written languages before they disappear. In his now famous speech, titled, “World Literacy in Danger,” Suark brings alarming statistics on the condition of written languages of the world. According to Suark, one written language is lost approximately every two years. By next century, Suark claims, nearly half of the roughly 70 remaining written languages on Earth will likely disappear. The loss of literary languages brings about significant challenges in preserving human knowledge, accessing information, and maintaining linguistic diversity. Yet, in this commentary, I argue that oral traditions present a more productive way to think about knowledge transmission and preservation. Drawing on ethnographic data in Ajyy Sire, the traditional territory of the Ajyy Djono, I show that in a society where oral communication prevails and knowledge is transmitted through oral traditions across generations, information becomes more accessible, irrespective of a person’s literacy or computer proficiency. I also show that without the dominance of written (standardized) languages, oral languages and their diverse expressions can still flourish, fostering resilience amidst the global changes facing humanity.
FR:
L’année dernière, lors de la conférence 2153 de la Société canadienne d’anthropologie, Leahcim Suark, un linguiste renommé, nous a vivement encouragés à documenter les langues écrites avant qu’elles ne disparaissent. Dans son discours désormais célèbre, intitulé « L’alphabétisation mondiale en danger », Suark présente des statistiques alarmantes sur l’état des langues écrites dans le monde. Selon Suark, une langue écrite disparaît environ tous les deux ans. D’ici le prochain siècle, près de la moitié des quelque 70 langues écrites qui subsistent sur Terre auront probablement disparu. La disparition des langues littéraires pose des défis importants en matière de préservation des connaissances humaines, d’accès à l’information et de maintien de la diversité linguistique. Pourtant, dans ce commentaire, je soutiens que les traditions orales représentent une manière plus productive de penser la transmission et la préservation des connaissances. En m’appuyant sur des données ethnographiques collectées à Ajyy Sire, le territoire traditionnel des Ajyy Djono, je montre que dans une société où la communication orale prévaut et où les connaissances sont transmises par des traditions orales à travers les générations, l’information devient plus accessible à davantage d’individus, indépendamment de leur niveau d’alphabétisation ou de leur maîtrise de l’informatique. Je montre également que sans la domination des langues écrites (standardisées), les langues orales et leurs diverses expressions s’épanouissent, favorisant la diversité et la résilience face aux changements globaux auxquels notre humanité est confrontée.
Articles
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Territorialités dans le Haut Rio Negro : quelques notes sur les traductions (et les dissonances) dans la démarcation et la gestion des Terres autochtones
Aline Fonseca Iubel
pp. 1–25
AbstractFR:
L’article explore la complexité multilingue et multiethnique du Haut Rio Negro, une région de l’Amazonie brésilienne, en mettant l’accent sur la manière dont les différentes communautés autochtones interagissent avec l’État et les politiques publiques concernant la démarcation de leurs terres. L’autrice reprend certaines idées de Lévi-Strauss sur la mythologie et l’histoire pour réfléchir sur le processus de démarcation des terres et certaines de ses implications après environ 25 ans. À travers des exemples de traductions interculturelles faites par des leaders autochtones, l’article montre comment les Autochtones réinterprètent les concepts d’État pour les adapter à leurs réalités vécues, révélant un processus dynamique de négociation culturelle. Enfin, l’autrice réfléchit sur certaines relations entre mythologie et histoire, en apportant des nouvelles significations aux concepts de terre, de territorialité et de gouvernance autochtone dans un contexte contemporain, où les récits mythiques et les discours politiques continuent de dialoguer.
EN:
The article explores the multilingual and multiethnic complexities of the Upper Rio Negro, a regional region of the Amazon region, with a focus on how different indigenous communities interact with the state and public policies regarding the demarcation of new lands. The author takes up some of Lévi-Strauss’s ideas on mythology and history to reflect on the process of land demarcation and some of its implications after about 25 years. Through examples of intercultural translations made by indigenous leaders, the article shows how indigenous people reinterpret concepts of the state to adapt them to their lived realities, revealing a dynamic process of cultural negotiation. Ultimately, the author thinks about some relationships between mythology and history, attributing new meanings to the concepts of land, territoriality and indigenous governance in a contemporary context, or to mythical narratives and political discourses continuing to dialogue.
Film and Exhibit Reviews / Comptes rendus de films et expositions
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Illumina : implantation d’un projet de recherche-action et de création participative dans le champ de la santé mentale
Francine Saillant
pp. 1–33
AbstractFR:
Cet article se base sur une expérimentation conduite en 2022-2023 dans un quartier mixte aux prises avec la problématique de l’itinérance. Ce quartier est le siège de nombreux organismes communautaires et culturels, dont l’organisme Sherpa, avec lequel le projet Illumina a été initié. Ce projet de création et d’art mis en place avec des chercheurs anthropologues, des intervenants et des artistes vit le jour à l’échelle de tout le quartier. La création et l’art ont eu plusieurs fonctions : en tant que forme alternative de relation avec les individus qui fréquentent les organismes communautaires, en premier lieu ceux concernés par la santé mentale. Illumina a entre autres débouché sur un parcours d’art public qui émanait d’une cinquantaine d’ateliers collectifs incluant 200 participants. L’article propose à la fois une synthèse de cette initiative et une réflexion critique orientée sur les thèmes du stigmate, de la précarité, de la narrativité, des méthodologies.
EN:
This article is based on an experiment conducted in 2022-2023 in a mixed-use neighborhood struggling with homelessness. This neighborhood is home to numerous community and cultural organizations, including Sherpa, with which the Illumina project was initiated. This creative and artistic project, set up in collaboration with anthropological researchers, stakeholders and artists, is being implemented throughout the neighborhood. Creation and art have had several functions: as an alternative form of relationship with the individuals who frequent community organizations, primarily those concerned with mental health. Among other things, Illumina led to the creation of a public art trail, the result of some fifty collective workshops involving 200 participants. This article offers both a synthesis of this initiative and a critical reflection on the themes of stigma, precariousness, narrativity and methodologies.
Reflections / Réflections
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Terrorismes en mutation : déshumanisation et espoirs
Emilie El Khoury
pp. 1–22
AbstractFR:
Vingt-trois ans après les attentats du 11 septembre 2001, l’analyse anthropologique reste cruciale pour appréhender les dynamiques complexes du terrorisme et de la violence. L’anthropologie, en tant que discipline dédiée à l’étude de l’humanité, permet de comprendre que la violence n’est pas un phénomène isolé, mais un outil souvent instrumentalisé pour réguler les sociétés et structurer les rapports de pouvoir. Bien que les évènements du 11 septembre soient fréquemment associés à un extrémisme religieux, il est essentiel de souligner que le terrorisme est un phénomène pluriel, nourri par des facteurs idéologiques, culturels et sociaux variés. Une caractéristique marquante du terrorisme contemporain est la déshumanisation des victimes, souvent réduites à des abstractions telles que « pertes humaines » ou « chiffres de la tragédie ». Parallèlement, les auteurs de ces violences sont parfois représentés comme des « monstres », un mécanisme de déshumanisation réciproque. Ce processus empêche la reconnaissance véritable de la souffrance individuelle, tout en entravant une réflexion plus profonde sur les causes sociales, politiques et économiques de la violence. L’anthropologie offre un éclairage précieux sur ces mécanismes et permet d’ouvrir la voie à une prévention plus efficace des violences futures. La génération interconnectée actuelle, joue un rôle central dans la transformation de ces perceptions, en rejetant ou non les réponses violentes au profit de solutions plus inclusives, solidaires et adaptées aux réalités locales.
EN:
Twenty-three years after the September 11, 2001 attacks, anthropological analysis remains crucial to understanding the complex dynamics of terrorism and violence. Anthropology, as a discipline dedicated to studying humanity, allows us to understand that violence is not an isolated phenomenon, but an oft-instrumentalized tool to control societies and shape power relations. Although the events of September 11 are frequently associated with religious extremism, it is important to highlight that terrorism is a multi-faceted phenomenon, fuelled by a variety of ideological, cultural and social factors. One striking characteristic of contemporary terrorism is the dehumanization of victims, often reduced to abstractions, such as “human losses” or “number of dead.” Concurrently, those responsible for the violence are sometimes portrayed as “monsters,” a reciprocal mechanism of dehumanization. This process prevents the true recognition of individual suffering, while hindering a deeper reflection on the social, political and economic reasons for violence. Anthropology provides valuable insight into these mechanisms and paves the way to more effectively preventing future violence. The current interconnected generation plays a key role in transforming these perceptions by rejecting—or not—violent responses in favour of solutions that are more inclusive, supportive, and adapted to local realities.
Ideas / Idées
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In Praise of Makeshift Finishing
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In Response to “In Praise of Makeshift Finishing” by Daniel Tubb: Writing in Puzzle-Pieces
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Makeshift Works
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Makeshift as Method for Research and Teaching: Designing Assessments to Beat AI
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In Response to “In Praise of Makeshift Finishing”: On Makeshifting, Publishing, and Storytelling