Comptes rendusBook ReviewsReseñas

Bonnemère Pascale, 2018, Acting for Others. Relational Transformations in Papua New Guinea, préface de Marilyn Strathern, traduit du français par Nora Scott. Chicago, HAU Books, 322 p., illustr., tabl., glossaire, bibliogr., index.

  • Mireille Lambert-Harvey

…more information

  • Mireille Lambert-Harvey
    Département d’anthropologie, Université Laval, Québec (Québec), Canada

Access to this article is restricted to subscribers. Only the first 600 words of this article will be displayed.

Access options:

  • Institutional access. If you are a member of one of Érudit's 1,200 library subscribers or partners (university and college libraries, public libraries, research centers, etc.), you can log in through your library's digital resource portal. If your institution is not a subscriber, you can let them know that you are interested in Érudit and this journal by clicking on the "Access options" button.

  • Individual access. Some journals offer individual digital subscriptions. Log in if you already have a subscription or click on the “Access options” button for details about individual subscriptions.

As part of Érudit's commitment to open access, only the most recent issues of this journal are restricted. All of its archives can be freely consulted on the platform.

Access options

Dans cette édition anglaise de son livre Agir pour un autre. La construction de la personne masculine en Papouasie–Nouvelle-Guinée (2015), Pascale Bonnemère remet en question les notions de « genre » et de « personne » à partir de ses travaux ethnographiques en Océanie. Critiquant l’invisibilité des femmes dans la littérature sur les populations de Papouasie–Nouvelle-Guinée, l’auteure s’attache ici à démontrer l’importance de la participation des femmes dans la construction identitaire des hommes lors des rites de passage chez les Ankave-Anga de la vallée de la Suowi. Alors que ses prédécesseurs — tels Maurice Godelier, Pierre Lemonnier et Gilbert Herdt — affirmaient que les femmes devaient être exclues du processus de maturation des jeunes hommes chez les Ankave-Anga, Bonnemère souligne le rôle fondamental de ces dernières en tant que mères, soeurs et épouses des jeunes initiés. Elle propose ainsi une importante réinterprétation des rituels des hommes dans cette région du Pacifique. Par rapport à la publication originale française, cette nouvelle édition présente une plus grande diversité de travaux portant sur des peuples du sud de Papouasie–Nouvelle-Guinée, ce qui permet une plus fine comparaison ethnographique. Cet ouvrage offre ainsi une contribution importante à l’ethnographie de Papouasie–Nouvelle-Guinée ainsi qu’à l’étude anthropologique des rituels. En première partie, Bonnemère recense les écrits ethnographiques traitant des rituels chez les Ankave-Anga, faisant une large place aux travaux des spécialistes de la région précédemment cités. Elle y remet en question l’interprétation selon laquelle les rituels des hommes n’impliquent pas la participation des femmes. Dans les chapitres suivants, en s’appuyant sur la logique relationnelle comme point d’entrée analytique, l’auteure s’attache à mettre en évidence l’importance du rôle des membres de la famille dans la construction de la personne, leur agencéité, leur capacité d’agir sur le devenir de leurs proches. À partir des observations effectuées lors de ses nombreux terrains ethnographiques, Bonnemère décrit et analyse la vie rituelle et sociale des Ankave-Anga, s’intéressant notamment à la naissance d’un premier enfant, aux différentes phases des rituels des hommes et au mariage, révélant que ces rites de passage sont liés les uns aux autres dans le but de permettre la construction identitaire de la personne, où la notion de « genre » est centrale. Dans un univers où l’individu est défini par sa position et ses relations avec les autres, l’auteure démontre que les paroles et les actes de chacun ont une incidence sur les autres, que ce soit par des interdits alimentaires imposés au mari pour veiller au bien-être de sa conjointe enceinte ou encore par des gestes qu’une mère et son fils doivent exécuter au même moment, mais dans des lieux différents, lors de l’initiation des jeunes hommes. Ces relations intimes et complexes, dans lesquelles les proches sont enchevêtrés, permettent à la personne de se transformer, d’acquérir le statut auquel elle souhaite ultimement accéder : père, mère, oncle maternel, soeur, grand-mère, grand-père, etc. Ainsi, les femmes, comme les hommes, contribuent au développement de la masculinité chez les Ankave-Anga. Bonnemère conclut par la mise en dialogue de ses analyses avec les débats actuels autour de la personne relationnelle, particulièrement sur la base des travaux de l’anthropologue Marilyn Strathern au sujet de la notion de « personne » en Mélanésie, une conception fort différente de celle des sociétés occidentales. Le point fort de Acting for Others est sans aucun doute la description détaillée et minutieuse des mondes rituels des Ankave-Anga. En effet, Bonnemère n’hésite pas à présenter de nombreux détails afin de faciliter la compréhension du lecteur, par exemple lorsqu’elle relève chacun des aliments composant un certain type de repas (communautaire, initiatique, etc.). Grâce à ses nombreux séjours auprès des Ankave-Anga, …

Appendices