Volume 46, Number 3, 2025 Liveable Futures: Radical Imagination as Method // Radical Imagination as Survival
Table of contents (11 articles)
Liveable Futures: Radical Imagination as Method // Radical Imagination as Survival
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Liveable Futures: Radical Imagination as Method // Radical Imagination as Survival
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On Shitheads and Revolutionaries
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"It made you ache to be alive": A Conversation on Coexistence: Stories
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Images, Imaginaries, and Insurgencies: Abolition Feminism and Research-Creation
Helen Yao
pp. 21–31
AbstractEN:
This article explores the relationship between research-creation, abolition feminism, scholar-activism, and emancipatory pedagogy. Research-creation, as a scholarly practice that transgresses disciplinary boundaries and institutional classifications, rejects dispossession and alienation. The abolition feminist notion of a “jailbreak of imagination” (Kaba 2021) is exemplified in the ontological and epistemological foundations of research-creation. Reflecting upon my experiences producing and publishing abolition feminist research-creation projects, I use this article to demonstrate the synergistic potentials between the two bodies of scholarship. As I narrate how abolition feminist scholarship takes form through research-creation, I strive to articulate the possibilities and limits that come with creating an abolition feminist method.
FR:
Cet article explore la relation entre la recherche-création, le féminisme abolitionniste, l’activisme académique et la pédagogie émancipatrice. La recherche-création, étant une pratique universitaire qui transgresse les frontières disciplinaires et les classifications institutionnelles, réprouve la dépossession et l’aliénation. La notion féministe abolitionniste d’une « évasion de l’imagination » (Kaba, 2021) est illustrée dans les fondements ontologiques et épistémologiques de la recherche-création. Dans le cadre d’une réflexion sur mes expériences de production et de publication de projets de recherche-création féministe abolitionniste, j’utilise cet article pour démontrer les synergies potentielles entre ces deux instances de recherche. Au fil de ma narration de la façon dont la recherche féministe abolitionniste prend forme dans le cadre de la recherche-création, je m’efforce d’énoncer les possibilités et les limites qui accompagnent la création d’une méthode féministe abolitionniste.
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It Flows/Runs Wildly/Crazily: Unravelling Settler Legacies on Stolen Mi’kmaq Land
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Living Through the Chaos: Rethinking Ecological Dimensions of Suicide with Young Women and Femmes Facing Housing Injustice
Nicole Santos Dunn and Jeffrey Ansloos
pp. 46–64
AbstractEN:
Suicidality among young women and femmes facing housing injustice is an urgent yet under-explored public health issue in Canada. This study highlights the invisibility of “hidden homelessness” and moves beyond individual risk factors to examine how structural, relational, and political forces shape distress. Using narrative inquiry and life history methods, the research identifies four key themes: 1. When a Non-No is a Yes, 2. Unsavoury People and Other Ruptures, 3. Inconsistency and Bouncing Around, and 4. Organized Abandonment and Chaos, Chaos, Chaos, Chaos. These themes elucidate the intersections of gendered violence, systemic neglect, and organized abandonment in shaping suicide risk and survival strategies. The study advocates for justice-oriented, non-coercive approaches to suicide prevention, and emphasizes relational trust and policies that address housing injustice. Strengths, limitations, and future research directions are also discussed.
FR:
Les tendances suicidaires, chez les jeunes femmes et fems qui subissent une injustice concernant leur logement, constituent une question urgente de santé publique au Canada, ayant cependant fait l’objet de peu d’études. Cette étude met en évidence l’invisibilité de « l’itinérance cachée » et va au-delà des facteurs de risque individuels pour examiner comment les forces structurelles, relationnelles et politiques façonnent la détresse. Ayant recours à la méthodologie de l’enquête narrative et des histoires de vie, cette étude détermine quatre thèmes clés : 1. Quand qui ne dit mot consent; 2. Personnes peu recommandables et autres ruptures; 3. Inconstance et se faire trimbaler dans tous les sens; 4. L’abandon organisé et du chaos, encore du chaos et toujours plus de chaos. Ces thèmes élucident l’entrecroisement de la violence fondée sur le genre, de la négligence systémique et de l’abandon organisé ainsi que son incidence sur le risque de suicide et les stratégies de survie. Cette étude revendique des approches non coercitives et axées sur la justice en matière de prévention du suicide et met en évidence les relations de confiance et les politiques qui s’attaquent à l’injustice relative au logement. Les forces, les limites et de futurs axes de recherche sont également abordés.
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Dreaming Beyond a World on Fire: Radical Imagination as Research Method
Amanda Watson
pp. 65–79
AbstractEN:
Beginning in 2021 after two devastating climate events in British Columbia, The Imagine Kin Project sought to take the temperature of young people living in Metro Vancouver who were concerned about climate futures and economic insecurity as they imagined their future relations in this context. This pilot research involved a series of three focus groups and an arts-based workshop. Presenting original data from the focus groups, I argue for the use of radical imagination as a methodological tool to understand people’s experiences of intersecting precarity, invite reflection on and validation of related anxieties, and foster the conditions for radical hope among participants. Further, I suggest that questions of kinship and critical caring relations are useful prompts for radical imagination as these personal subjects allow insights into intersectional precarity to be collectively politicized in perhaps less intimidating ways than would more direct questions about social movements. Findings from this research show that imagining the future through collective daydreaming can be painfully revealing of one’s fears while simultaneously stirring life-giving visions for relationality and solidarity amid apocalyptic thinking and individualist responses to global crises.
FR:
Ayant débuté en 2021, après deux catastrophes climatiques en Colombie-Britannique, The Imagine Kin Project avait pour objectif de tâter le pouls de jeunes vivant dans la région métropolitaine de Vancouver, qui se préoccupaient des futurs climats et de l’insécurité économique, tandis qu’ils s’imaginaient leurs relations futures dans ce contexte. Ce projet pilote de recherche comprenait une série de trois groupes de discussion ainsi qu’un atelier artistique. En présentant les données initiales des groupes de discussion, je préconise le recours à l’imagination radicale comme outil méthodologique pour comprendre les expériences entrecroisées de précarité des gens, pour susciter la réflexion à propos des inquiétudes connexes et les valider et pour favoriser des conditions propices à l’espoir radical au sein des participant·e·s. De plus, je suggère que les questions relatives aux liens de parenté et aux relations affectueuses déterminantes sont des messages-guides utiles pour l’imagination radicale, puisque ces thématiques personnelles permettent de politiser collectivement l’introspection en matière de précarité entrecroisée par des moyens probablement moins intimidants que le seraient des questions plus directes à propos des mouvements sociaux. Les conclusions de cette recherche révèlent qu’un avenir imaginé dans le cadre d’une rêverie collective peut péniblement dévoiler les craintes d’une personne tout en stimulant simultanément un remue-méninges vivifiant en faveur des relations et de la solidarité dans un contexte de réflexion apocalyptique et d’interventions individualistes en réponse aux crises internationales.
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Moving at their Pace: Activism with Children
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Making Intergenerational Otherwise: Kids Enacting Decolonial, Queer, Crip Futures
May Chazan and Megan Hill
pp. 87–102
AbstractEN:
In this paper, we reflect upon the lessons learned in an intergenerational arts-based research workshop held in 2023 on Michi Saagiig Anishinaabe territory. The workshop brought together activists ages ten to one hundred, meaningfully including children and older adults as equal participants. Bridging writing on queer, crip, decolonial futures with scholarship on critical aging studies and childhood studies, we argue that radical intergenerationality is central to reworlding, or to imagining and making livable, liberatory futures. Centered around three vignettes from the workshop, this article explores how the presence of children and their intergenerational interactions offered teachings about accountability, joy, and honouring diverse body-minds. We conclude that, in a process of radical imagination, the youth offered us a glimpse of the intergenerational, decolonial, queer, crip futures we dream of and helped to create them in the space we shared.
FR:
Dans cet article, nous réfléchissons aux enseignements tirés d’un atelier de recherche artistique intergénérationnel organisé en 2023, sur les terres des Michi Saagiig (Anishinaabeg de Mississauga). L’atelier rassemblait des activistes âgés de 10 à 100 ans, intégrant concrètement la participation équitable d’enfants et de personnes plus âgées. En rapprochant les écrits relatifs à l’avenir décolonisé, queer, et crip avec l’érudition des études primordiales portant sur le vieillissement et l’enfance, nous soutenons que l’intergénérationnalité radicale est indispensable pour reconstruire le monde ou pour s’imaginer et concrétiser un avenir viable et libératoire. Centré sur trois vignettes abordées dans l’atelier, cet article explore la façon dont la présence d’enfants et leurs interactions intergénérationnelles ont proposé des enseignements relatifs à la responsabilisation ainsi qu’à la joie et rendent hommage à la diversité de corps-esprit. Nous concluons que, dans un processus d’imagination radicale, les jeunes nous ont fourni un aperçu de l’avenir intergénérationnel, décolonisé, queer, et crip dont nous rêvons et nous ont aidés à le concrétiser dans l’espace que nous avons partagé.
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"Where the Computer Cannot Reach—Is Dreaming”: The Imaginary & (In)visible Worlds
Amy Foley
pp. 103–114
AbstractEN:
This article explores the work of Janelle Monáe through, and with, the words and images offered by Ruha Benjamin in Imagination: A Manifesto, arguing that these and other Afrofuturist texts provide us with tools for reconceptualizing the visible world as dense, textured, and never wholly legible, consumable, or commodifiable. This essay asks us to dwell, to practice a temporary suspension, in the visualizations offered by these artists, as they invent new fictions for us to inhabit – fictions that work against the dominant narrative of visibility that says we can be made fully readable and comprehensible to power through proliferating mechanisms of technological surveillance. This false but enduring narrative, which often feels deceptively natural and inescapable, works to infantilize and depoliticize imagination, to thwart creative disruption, and to produce collective despair. While this essay acknowledges the very real, violent power entwined within this fiction – and the need to, at times, use this very narrative as a shield for survival in the present – it also argues that we must simultaneously recognize this as fiction and create new fictions so as to open ourselves to a future in which survival and flourishing are not contingent on complicity in the constrictive narratives that frame us today. As we are shaped in both the real and the imaginary, this essay contends, projecting new fictions is a crucial practice for making more liveable futures.
FR:
Cet article explore l’oeuvre de Janelle Monáe par l’entremise et au moyen des mots et des images proposés par Ruha Benjamin dans son livre, intitulé Imagination: A Manifesto, en soutenant que ces récits ainsi que d’autres textes afrofuturistes nous fournissent les outils pour conceptualiser le monde visible de nouveau, sous une forme opaque, texturée et qu’on ne peut jamais lire, ni consommer, ni commercialiser dans son intégralité. Cet essai nous demande de nous attarder sur les visualisations offertes par ces artistes, de nous arrêter temporairement pour ce faire, tandis qu’elles conçoivent de nouvelles fictions que nous pourrons vivre, des fictions allant à l’encontre du discours dominant de visibilité qui stipule qu’on doit nous rendre lisibles et compréhensibles de façon intégrale pour alimenter les mécanismes de surveillance technologique qui se multiplient. Ce récit inexact, mais immuable, qui nous semble souvent naturel, de façon trompeuse, et inévitable, s’efforce d’infantiliser et de dépolitiser l’imagination, d’entraver les perturbations créatives et de générer une impuissance collective. Bien que cet essai reconnaisse le pouvoir bien réel et violent, qui est inextricablement lié à cette fiction, et la nécessité, par moments, d’avoir recours à ce même récit comme bouclier pour survivre à la situation actuelle, il soutient également que nous devons simultanément reconnaître qu’il s’agit d’une fiction et créer de nouvelles fictions afin de nous ouvrir à un avenir dans lequel la survie et la prospérité ne sont pas conditionnelles à la complicité dans les récits contraignants qui nous encadrent aujourd’hui. Puisque la réalité et l’imaginaire nous forment de façon conjointe, cet essai soutient que prévoir de nouvelles fictions est une pratique primordiale pour concrétiser un avenir où il fait mieux vivre.
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Seeds of Change: Sketching a Black Feminist Afrofuturism for the New Space Age
Nevandria Page
pp. 115–127
AbstractEN:
The rapid advancement of human knowledge and technology has positioned us to realize a new colonialism in outer space. Those with a concern for the future cannot afford to refuse outer space altogether, but must actively devise alternatives to the colonial or capitalistic, imagining a just and peaceful future for humanity beyond the Earth. In this paper, I present Afrofuturism, specifically a Black feminist Afrofuturism, as not merely an aesthetic, but a scholarly methodology capable of disrupting the supposedly inevitable and damned futures awaiting humanity in a colonized outer space. I propose three practices comprising a methodology of Black feminist Afrofuturism. Countermemory involves a willful act of refusing dominant colonial, patriarchal, or white supremacist myths, challenging their hegemony and excavating Black knowledge and experiences from beneath their desolate surface. Interdisciplinarity refuses the practice of knowledge generation in isolation and demands direct collaboration—knowledge created in community—to derive new insights and perspectives from the convergence of disparate practices of countermemory. The third practice, worldbuilding, is a speculative exercise undertaken through the deliberate action of imagining or engaging with new visions of the future through a Black feminist or similar critical lens. These imagined worlds of Black feminist Afrofuturism reveal themselves as the muse for the acts of creation which might influence the trajectory of humanity’s future in outer space, whether in the arts, academic research, public policy, or community organization.
FR:
Les progrès rapides des connaissances humaines et des technologies nous ont permis de concrétiser un nouveau colonialisme dans l’espace. Les personnes préoccupées par l’avenir ne peuvent pas se permettre de refuser catégoriquement tout ce qui concerne l’espace, mais doivent activement concevoir d’autres solutions à celles de nature coloniale ou capitaliste, en imaginant un avenir équitable et paisible pour l’humanité au-delà de la Terre. Dans cet article, je présente l’afrofuturisme et, plus précisément, un afrofuturisme afroféministe, comme une méthodologie ne se limitant pas seulement à l’esthétisme, mais comportant un aspect académique également capable de perturber les avenirs prétendument inévitables et condamnés qui attendent l’humanité dans l’espace colonisé. Je propose trois pratiques constituant une méthodologie afrofuturiste afroféministe. La contre-mémoire implique un acte volontaire de refus à l’égard de mythes coloniaux, patriarcaux ou suprémacistes blancs dominants, en remettant en question leur hégémonie et en mettant au jour les connaissances et les expériences de personnes noires qui étaient enfouies sous leur surface désolée. L’interdisciplinarité réfute la pratique de la création isolée du savoir et exige une collaboration directe, soit une création collective de savoir, afin de dégager de nouveaux points de vue et perspectives de la convergence de différentes pratiques de contre-mémoire. La troisième pratique, la construction d’un univers, est un exercice d’ordre spéculatif qu’on entreprend en agissant de façon délibérée pour s’imaginer ou discuter de nouvelles conceptions de l’avenir dans une optique afroféministe ou selon une approche analytique semblable. Ces univers imaginaires issus de l’afrofuturisme afroféministe s’avèrent une source d’inspiration pour les actes de création qui pourraient avoir une incidence sur la trajectoire que prendra l’avenir de l’humanité dans l’espace, que ce soit dans les arts, dans la recherche universitaire, dans les politiques publiques ou dans les organisations communautaires.