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Origine et développement du concept de polyvictimisation[1][Record]

  • Sherry Hamby[2],
  • David Finkelhor and
  • Heather Turner

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  • Sherry Hamby[2]
    Professeure, Life Paths Research Program and Department of Psychology, Sewanee : The University of the South, États-Unis
    sherry.hamby@sewanee.edu

  • David Finkelhor
    Directeur, Crimes against Children Research Center, University of New Hampshire
    david.finkelhor@unh.edu

  • Heather Turner
    Professeure, Crimes against Children Research Center, University of New Hampshire
    heather.turner@unh.edu

L’idée de créer le Juvenile Victimization Questionnaire (JVQ), l’outil utilisé pour mesurer la victimisation multiple dans le cadre de la National Survey of Children’s Exposure to Violence, est venue lorsque David Finkelhor a réalisé qu’il existait plusieurs instruments de mesure complets dans le domaine de la délinquance, permettant ainsi une évaluation globale de la participation des jeunes à divers actes de délinquance. Pourtant, la recherche relative à la victimisation se trouvait plutôt « en vase clos », c’est-à-dire isolée à l’intérieur de domaines spécialisés. Il existait des questionnaires adaptés pour la violence faite aux enfants, pour l’intimidation, et même pour l’exposition à la violence dans la communauté, mais pas un seul questionnaire pouvant saisir réellement le fardeau total d’exposition à la victimisation d’un enfant. Étonnamment, bien que l’on ait déployé des efforts pour faire le suivi complet des crimes contre les adultes et les adolescents aux États-Unis, incluant ceux qui n’avaient pas été rapportés à la police ou à d’autres autorités, il n’y avait pas de surveillance nationale des crimes commis contre les enfants âgés de moins de 12 ans. Conséquemment, en plus de répondre à un besoin en recherche, le JVQ avait aussi le potentiel de répondre à un besoin important tant sur le plan épidémiologique qu’en matière de politiques publiques. C’est donc ainsi que l’idée du JVQ est née. Bien que le principe derrière le concept soit simple, le processus de mise au point d’une telle mesure ne l’est pas. L’élaboration d’une mesure complète et globale supposait un examen exhaustif des instruments de mesure existants, non seulement dans un champ d’étude précis, tel le domaine de la violence faite aux enfants, mais à travers un large éventail de sous-disciplines liées à la violence, ayant chacune ses propres méthodologies et conventions de mesure. Plus d’un an a été consacré à une évaluation approfondie de la littérature sur ce sujet, et à l’élaboration préliminaire d’un ensemble de types de victimisation à considérer. L’étape suivante du processus d’élaboration a été de solliciter la rétroaction de nos collègues du Crimes Against Children Research Center et du Family Research Laboratory, travaillant à l’Université du New Hampshire, ainsi que celle de plusieurs autres collègues d’autres institutions. Cette partie du processus de conception pourrait être qualifiée de phase de « la tour d’ivoire », car elle impliquait principalement des articles de journaux scientifiques et des professeurs. Or, nous étions conscients qu’une mesure efficace devait bien fonctionner avec divers segments de la population et que la compréhension de nombreuses mesures exigeait un niveau d’éducation considérable, voire une formation universitaire. Pour les phases d’élaboration subséquentes, nous avons donc consulté les membres de la communauté, et avons mené neuf groupes focalisés, dont six avec des parents et trois avec des adolescents. Nous leur avons demandé d’évaluer si les concepts définis dans nos questions étaient formulés dans un langage facile à comprendre. Ces groupes ont été une source abondante de commentaires utiles qui ont entraîné de nombreux changements dans le questionnaire. Nous avons ensuite mené 24 entrevues approfondies auprès d’un échantillon de jeunes à haut risque ayant des antécédents de maltraitance documentés. Nous avons effectué un suivi quant à la façon dont ils répondaient aux questions et avons révisé le questionnaire à nouveau afin de nous assurer que leur compréhension correspondait à nos concepts des différents types de victimisation. Suivant cette démarche, que nous croyons être l’un des plus amples processus de mise au point de mesure jamais entrepris dans le domaine de la violence, nous avons obtenu notre premier échantillon représentatif à l’échelle nationale en 2003 : le Developmental Victimization Survey (DVS). Cette enquête nous a permis d’établir …

Appendices