Comptes rendus : Organisations internationales

BOUTROS-GHALI, Boutros. Unvanquished - a U.S. - U.N. Saga. Random House, New York, 1999, 352 p.[Record]

  • Yves Beigbeder

À ce titre, il est dommage que cet examen de l'autorité privée internationale reste essentiellement confiné aux pratiques de coopération des entreprises. Il existe sur le plan international de nombreuses autres instances qui revêtent une forme ou une autre d'autorité privé (on pense notamment aux forums de décideurs, aux organismes de standardisation, aux chambres de commerce, aux séminaires de formation continue des cadres transnationaux, etc.). De même, les chapitres introductifs et conclusifs du volume développent une conceptualisation de l'autorité privée internationale qui fait une large place aux théories de l'action collective ; on peut douter de l'assertion très « politiquement correcte » selon laquelle les explications utilitaristes, marxistes et réalistes soient « complémentaires plutôt qu'incommensurables»(p. 353). Ces quelques faiblesses n'enlèvent rien au principal mérite de l'ouvrage : il met en chantier et pose les fondations analytiques d'un nouveau champ d'étude des relations internationales devenu incontournable dans le contexte actuel de la mondialisation

Jean-Christophe Graz

Institut Universitaire de Hautes Études Internationales, Genève

ORGANISATIONS INTERNATIONALES

Unvanquished - a U.S. - U.N. Saga.

Boutros-GhaliI Boutross

Random House, New York,

1999,352 p.

Ce récit écrit par le précédent Secrétaire général des Nations Unies,

relate les principales difficultés qu'il a rencontrées dans ses relations avec les États-Unis pendant les cinq années de son mandat (1992-1996), mandat qui n'a pas été renouvelé en raison du veto américain.

L'ouvrage a l'intérêt de l'histoire immédiate, écrite par un de ses acteurs principaux, même si d'autres protagonistes et, plus tard, les historiens pourront contester certaines de ses conclusions : il explique en détail le processus et les raisons de décisions prises par le Conseil de sécurité, ou de l'absence de décisions, pendant des crises dramatiques, dont les conflits en ex-Yougoslavie et le génocide au Rwanda. Il expose les pressions exercées par les représentants diplomatiques américains à son égard, et souligne par là même les atteintes portées par les gouvernements à l'indépendance théorique, inscrite dans la Charte, du Secrétaire général et du secrétariat. La saga de sa non-réélection dévoile les pressions politiques exercées par les États-Unis et les autres membres permanents du Conseil de sécurité, mais révèle également son propre rôle insistant, obstiné pour maintenir sa candidature jusqu'au bout et ses démarches diplomatiques pour étayer cette candidature en violation de son statut de fonctionnaire international. Le livre est également un plaidoyer de M Boutros-Ghali pour sa propre action et pour exonérer I'onu des accusations parfois contradictoires qu'elle a subies concernant la Somalie l'ex-Yougoslavie et le Rwanda Selon lui les véritables responsables sont les États membres et en particulipr les membres perm'anents du Conspil âe sécurité et bien entendu les criminpk

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Etudes internationales, volume xxxi, n° 1, mars 2000

de guerre ou les instigateurs de génocide ou de nettoyage ethnique. Enfin l'intérêt de cet ouvrage réside également dans le style personnel, direct de l'auteur où perce l'amertume de son «renvoi » au terme de son premier et seul mandat.

Boutros-Ghali avait une vision internationaliste ambitieuse pour les Nations Unies. Son Secrétaire général devait jouer un rôle plus effectif dans le domaine de la paix et de la sécurité et l'indépendance de cette fonction devait être renforcée. Ses ambitions pour I'onu ont été exposées dans le rapport qui lui a été demandé par le Conseil de sécurité en janvier 1992, VAgenda pour la paix. Diplomatie préventive, rétablissement de la paix et maintien de la paix (Doc. dpiI1247), présenté en juin 1992. Il s'est félicité que le Conseil ait autorisé la création de la Force de déploiement préventif ...