Comptes rendus : Économie internationale

Villemeur, Alain, La divergence économique États-Unis/Europe, coll. Approfondissement de la connaissance économique, Paris, Économica, 2004, 350 p.[Record]

  • Michel Lelart

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  • Michel Lelart
    CNRS, Université d’Orléans, France

Cet ouvrage est le résultat d’une thèse de sciences économiques dirigée par Jean-Hervé Lorenzi et soutenue à l’Université de Paris-Dauphine en novembre 2002. Comme ce dernier le mentionne dans sa préface, la thèse est née d’une interrogation : pourquoi les pays, en particulier les États-Unis, l’Europe et le Japon, connaissent-ils des croissances qui divergent ? De la fin de la guerre à 1980 (les Trente glorieuses), l’Europe a connu de meilleures performances que les États-Unis. Depuis 1980 c’est plutôt l’inverse. La question est importante, et elle est très bien posée par l’auteur qui cherche une réponse dans la révolution que constitue l’explosion des technologies de l’information et de la communication (tic), laquelle constituerait une nouvelle forme de révolution industrielle. Tous les pays sont concernés, mais tous ne réagissent pas de la même façon lorsqu’ils investissent dans le savoir ou lorsqu’ils privilégient certaines innovations ou certains types d’innovations. L’auteur explore les transformations que ces nouvelles technologies entraînent pour l’économie, et leurs conséquences sur les mécanismes de la production, de l’emploi, de la croissance... Il compare ensuite les modèles de la croissance qu’ont connue les États-Unis, le Japon et la France, et il s’interroge sur l’impact qu’ont pu avoir ces « investissements immatériels » liés à ces nouvelles technologies. La thèse était une thèse d’économie. L’ouvrage est un ouvrage d’économiste. La plupart des économistes aujourd’hui, surtout parmi les plus jeunes, ne font plus de l’économie, que nous appelions autrefois politique, mais ils ambitionnent de faire de la « science » économique. Ils font du général et pour faire du général ils font de l’abstrait. Tout ceci pour dire que cette thèse, qui a été très bonne de toute évidence, puisqu’elle a mérité d’être publiée, est quasiment incompréhensible pour un non-initié. Combien de lecteurs habituels de notre revue, intéressés par le titre de l’ouvrage, apprécieront des formules mathématiques, parfois d’un solide niveau, pendant des pages et des pages... ?