Comptes rendus

Balac, Anne-Marie et François C. Bélanger, dir., avec la collaboration d’Éric Chalifoux, Lumières sous la ville : quand l’archéologie raconte Montréal (Montréal, Recherches amérindiennes au Québec), 2016, 308 p.

  • Reginald Auger

…more information

  • Reginald Auger
    Département des sciences historiques, Université Laval

Access to articles of this journal’s current issues is restricted to subscribers. You may consult the back issues to see all available open access content.

If you hold an individual subscriber account with this journal, log in to your account.

For more information, contact us at client@erudit.org.

The first 600 words of this article will be displayed.

Cover of Volume 72, Number 4, Spring 2019, pp. 5-133, Revue d’histoire de l’Amérique française
Quelle belle publication qu’est Lumières sous la ville : quand l’archéologie raconte Montréal. Je le dis tout de suite : malgré des critiques parfois assez sévères à l’endroit de travaux en archéologie commerciale aussi appelée archéologie appliquée, ce livre rend compte de la pertinence de cette pratique grâce aux résultats obtenus tels qu’exposés dans cet ouvrage dont environ 80 % proviennent d’interventions en archéologie commerciale. Toutefois, j’en profite pour corriger une erreur d’interprétation de ce qu’est l’archéologie préventive, terme faussement utilisé au début de ce livre. L’approche en archéologie préventive, selon ce que j’ai constaté depuis 22 ans de recherche en territoire français, procède par une évaluation du potentiel archéologique de l’endroit qui sera affecté par les travaux d’aménagement. S’ensuit un inventaire sur le terrain de ce qu’a révélé l’analyse de potentiel, suivi de l’analyse des résultats de l’inventaire et du dépôt d’un rapport au ministère de la Culture et des Communications du Québec. L’évaluation du rapport sera effectuée par un comité indépendant constitué de personnes qualifiées qui prescrira ou non si des travaux supplémentaires seront nécessaires avant toute construction. Ce monde idéal tel que nous le connaissons en Europe est malheureusement absent au Québec, faute d’une loi suffisamment cohérente pour empêcher la destruction de nombreux sites archéologiques d’importance se trouvant malheureusement à l’extérieur des zones historiques où les sites archéologiques sont protégés par la loi. Viennent ensuite trois sections constituant le coeur de ce volume avec des titres à saveur historico-culturelle : « Montréal l’amérindienne », « Montréal, la française » et « Montréal, la britannique et l’industrielle ». « L’amérindienne » traite de certains thèmes chers à l’étude de la préhistoire, soit les matières premières que l’on retrouve sur le mont Royal et qui ont servi à la fabrication d’outils préhistoriques, les sépultures amérindiennes qui ont révélé, notamment, une occupation de l’île de Montréal à une période aussi ancienne que 4000 ans avant aujourd’hui. Dans la construction du discours archéologique, cette période se nomme archaïque et est donc bien antérieure à la présence iroquoïenne. Cette section se termine par une analyse du paysage et notamment une superbe étude de tout le réseau hydrographique qui se trouve sous nos rues. Comme on peut s’y attendre, la section « Montréal, la française » couvre plus du tiers de la publication. La richesse de la documentation et la diversité du bâti sous le Régime français sont imposantes ; que ce soit le patrimoine religieux, le patrimoine identitaire de la culture française en Amérique ou encore les fortifications qui ont été érigées pour la protéger. Ce chapitre couvre également la culture matérielle, les habitudes alimentaires et certains aspects du commerce dont l’importante traite des fourrures. En association avec les éléments de la culture française, nous retrouvons régulièrement les traces de la présence autochtone, que l’on observe toujours sur le territoire. Parmi les faits notoires, soulignons la découverte du lieu de fondation de Montréal : le fort de Ville-Marie. Ce lieu mythique souvent cité dans nos petits livres d’Histoire a finalement été identifié sans équivoque par l’archéologie. Cette découverte parmi tant d’autres démontre toute l’importance de l’utilisation des sources documentaires qui, souvent, guident notre démarche de recherche sur la période moderne. « Montréal, la britannique et l’industrielle » nous fait prendre conscience de tout l’intérêt que revêt le XIXe siècle. Cette lecture nous apprend les fondements mêmes de l’urbanisation et de l’industrialisation de Montréal. Les grands travaux ont modelé la trame urbaine actuelle, tout en gardant un ...