FR:
Les personnes réfugiées, demandeuses d’asile et sans statut connaissent des conditions de vie précaires, causées en grande partie par des structures et des politiques inadéquates qui les empêchent de réaliser leur potentiel d’intégration dans la société. Afin de réduire les facteurs de vulnérabilité qui affectent ces populations migrantes, les organisations des secteurs public et communautaire déploient des efforts de coordination à travers des initiatives intersectorielles. La mise en oeuvre de ces collaborations repose sur ceux que nous appelons les « intermédiaires de la première ligne » (regroupant des travailleurs sociaux, les intervenants communautaires, etc. – principalement employés ou bénévoles du secteur communautaire). Ces intermédiaires, qu’on peut rapprocher du concept lipskyen de « street-level bureaucrats », agissent au plus près des populations et fournissent des soins holistiques (p. ex. : soutien psychosocial et aide alimentaire) qui s’attaquent aux conditions de vie précaires des personnes réfugiées, demandeuses d’asile et sans statut. Notre article analyse le rôle central des intermédiaires de la première ligne à travers trois défis majeurs relevés par Michael Lipsky : le défi de la marge de manoeuvre, celui de l’imputabilité et celui des ressources. L’article termine sur un plaidoyer pour que le gouvernement québécois valorise les actions de proximité réalisées par le milieu communautaire à leur juste valeur, et qu’il reconnaisse les acteurs de ce milieu non seulement comme « agents de mise en oeuvre », mais aussi comme partenaires dans la formulation des programmes et des politiques d’accès aux services.
EN:
Refugees, asylum seekers, and non-status migrants face precarious living conditions that prevent them from realizing their potential for integration into society. In order to reduce the factors of vulnerability that affect these migrant populations, public and community sector organizations are deploying coordination efforts through cross-sectoral initiatives. The implementation of these collaborations relies on what we call “front-line intermediaries” (i.e., front-line workers mainly employed or volunteering in the community sector). These intermediaries, who can be likened to Michael Lipsky’s concept of street-level bureaucrats, work in close proximity to populations, providing holistic care (such as psychosocial support and food aid) that addresses the precarious living conditions of refugees, asylum seekers, and non-status migrants. Our article analyzes the central role of front-line workers through three major challenges identified by Lipsky, namely the challenges of discretion, accountability, and resources. The article concludes on an advocacy call addressed to the Quebec government to recognize the value of community-based initiatives, not only viewing community actors as “implementing agents,” but also as partners in the design of programs and policies for access to services.