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Centre Passerelle pour femmes du district de Cochrane et guide d’animation visant la prévention de la violence sexiste à l’intention des filles du secondaire[Record]

  • Ghislaine Sirois

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  • Ghislaine Sirois
    Chercheure communautaire

La violence sexiste — violence conjugale, violence à caractère sexuel, harcèlement — est le résultat des inégalités entre les hommes et les femmes. Il est démontré que les jeunes femmes sont plus vulnérables à la violence sexiste, qu’elle soit sexuelle ou conjugale, que l’ensemble des femmes (Conroy, 2017). Comme la violence est un enjeu de pouvoir où les abuseurs (le plus souvent des hommes) exercent leur domination sur des personnes qu’ils perçoivent comme étant plus vulnérables qu’eux, les filles de par leur âge et leur expérience de vie limitée sont en situation de désavantage. Elles le sont davantage si elles font partie d’un groupe sujet à la discrimination à cause de leur origine ethnique, d’une situation de handicap, de leur orientation ou de leur identité sexuelle, de leur statut économique ou autre. Être mieux informées et outillées pourrait permettre aux filles de mieux percevoir les situations de risque et de développer des stratégies pour s’y échapper. Développer des connaissances et des habiletés à l’adolescence contribuera donc à augmenter la sécurité des femmes comme c’est le cas des participantes aux ateliers de Jeunes femmes en action (JFA) et ce, dans l’immédiat et pour le reste de leur vie. Depuis plusieurs années, le Centre Passerelle pour les femmes du District de Cochrane (CPF) offre les ateliers Filles fantastiques aux étudiantes de niveau secondaire. Originellement appelé GirlSpoken, ce programme a été élaboré par Jessica Stein, Heather Holland, et Carol Kauppi (paru sous forme de livre en 2008). Traduit et adapté par Ginette Demers, Jessica Hein et Heather Holland pour le Centre Victoria pour femmes de Sudbury, il a pour titre Filles fantastiques (FF). Composé de cinq ateliers axés sur les arts, ce programme a remporté un grand succès dans les écoles francophones de la région et les jeunes filles demandaient plus d’ateliers. Pour ce faire, le CPF a obtenu du Gouvernement de l’Ontario les fonds nécessaires à la réalisation d’un programme complémentaire appelé Jeunes femmes en action, dont l’objectif principal est d’augmenter la capacité des filles à se protéger des différentes formes de violences faites aux femmes. Pour donner suite à une consultation auprès des participantes au programme FF et des intervenantes ayant offert le programme, il a été établi que les ateliers auraient pour objectifs de : Les ateliers sont animés par deux intervenantes possédant l’expérience nécessaire d’intervention auprès des jeunes femmes. Les filles désirant participer au groupe doivent rencontrer les intervenantes avant le début des rencontres de groupe, afin de déterminer si elles ont des besoins particuliers et si elles sont prêtes à vivre ce genre d’expérience. Le nombre de participantes est de huit à dix filles en âge de fréquenter l’école secondaire. Le CPF a offert de la formation sur le nouveau programme de Jeunes femmes en action et distribué les outils développés pour celui-ci à l’ensemble des services en français en matière de violence faite aux femmes en Ontario, renforçant ainsi les capacités des organismes. Quant au contenu du guide, on débute avec les principes qui doivent orienter l’intervention auprès des jeunes filles soit, le féminisme, l’approche anti-oppression et antiracisme, l’intersectionnalité, l’interculturalisme, l’accessibilité et la défense des services en français. En ce qui a trait aux ateliers, il était prévu au départ d’en élaborer huit, d’une durée de trois heures chacun. Toutefois, les intervenantes consultées ont indiqué qu’il est difficile d’avoir suffisamment d’heures afin de travailler avec les jeunes filles lorsque le programme est offert dans les écoles secondaires, là où le ...

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