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Recensions

Amouzou, E. (2008). Les handicaps à la scolarisation de la jeune fille en Afrique noire. Paris, France : L’Harmattan

  • Jean Windsor Vincent

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  • Jean Windsor Vincent
    Université du Québec à Montréal

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Cet ouvrage d’environ 200 pages prend l’allure d’un véritable plaidoyer en faveur du respect du principe de l’équité de genre en matière d’éducation dans les pays de l’Afrique subsaharienne, notamment le Togo, le Bénin et le Tchad, où ce principe semble encore bafoué, malgré les efforts des organismes internationaux oeuvrant dans le domaine de l’éducation et des instances éducatives nationales en vue de changer la donne. L’auteur y souligne les immenses avantages en termes de développement intégré d’une éducation nationale basée sur le respect de l’égalité des sexes.

Pour expliquer ces énormes disparités qu’il a observées dans l’accès à la scolarisation des garçons et des filles dans ces trois pays, il pointe du doigt les traditions, les us et coutumes de ces pays, les représentations sociales faisant de l’enfant mâle la continuité de la famille et ravalant la fille au rang de simple exécutrice des tâches domestiques au foyer, et enfin, l’extrême précarité des conditions socioéconomiques et sanitaires. Cette dernière explique, dit-il, les taux élevés d’abandon scolaire des filles en comparaison de ceux des garçons.

L’auteur s’efforce également de dresser un panorama de la situation internationale, qui montre la dimension universelle de ce problème sévissant dans ces pays d’Afrique noire. Citant un rapport de l’UNICEF datant de 1996, il rappelle que les deux tiers des enfants non scolarisés sont des filles, et que les deux tiers des analphabètes sont des femmes.

Au demeurant, ce texte articule une réflexion très pertinente autour d’une problématique socioéducative actuelle, celle de la non-scolarisation et de la déscolarisation des filles dans les pays d’Afrique subsaharienne, en particulier le Togo, le Bénin et le Tchad. Mettant à contribution ses connaissances approfondies des réalités éducatives et socioculturelles propres à ces trois pays, l’auteur réussit à mener une analyse très pénétrante des multiples paramètres qui jouent dans la détermination de l’ampleur que prend ce phénomène en Afrique, et produire, au bout du compte, une oeuvre de grande qualité.

Toutefois, certains aspects de cet ouvrage suscitent certaines réserves et mériteraient certains amendements. C’est le cas par exemple de son assise théorique et de son armature conceptuelle, qui gagneraient à être mieux définies. On déplore aussi un manque de transparence dans les choix méthodologiques. Ainsi, on perçoit mal les différentes étapes opératoires de cette recherche. Cette absence de cadre méthodologique explicite contribue quelque peu à fragiliser le statut scientifique d’un travail de très grande valeur.