Cinéma et technologiePrésentationCinema and TechnologyPresentation[Record]

  • André Gaudreault and
  • Martin Lefebvre

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  • André Gaudreault
    Université de Montréal

  • Martin Lefebvre
    Université Concordia

Le cinéma est une technologie qui anime des images et qui peut leur accoler des sons. En quoi cela concerne-t-il la sémiotique? En quoi les problèmes liés à la technologie du cinéma et à l’histoire de cette technologie relèvent-ils du domaine de la théorie des signes? La réponse a quelque chose de simple, d’évident même : appareils de prise de vues, tables de montage, microphones, projecteurs, etc., c’est-à-dire toute la panoplie technique du dispositif cinématographique, sont ce à travers quoi le cinéma fait signe et se constitue en discours. Tous ces “moyens” participent aux effets de sens du cinéma et des textes filmiques. Autrement dit, la réflexion sémiotique sur le cinéma, et ce, quelle que soit la tradition sémiotique adoptée, saussurienne ou peircéenne, structuraliste ou pragmaticiste, ne saurait faire l’économie du fait technologique. Bien sûr, d’une tradition sémiotique à l’autre le rapport à la technologie ne sera pas le même, comme en témoignent les textes rassemblés ici. Pourtant tous les auteurs réunis dans ce volume s’entendent sur l’importance de passer par la technologie pour aborder la question générale de la représentation au cinéma, et c’est pourquoi nous avons jugé utile pour les lecteurs de RS/SI d’accueillir ici leurs travaux. À l’origine de ce volume, il y a eu un colloque que nous avons organisé à Montréal, en 2011, sous le titre “Impact des innovations technologiques sur l’historiographie et la théorie du cinéma”. Pendant les six jours de cet événement, il nous est apparu que le volet “théorie du cinéma” de la programmation tournait autour de questions importantes pour la sémiotique du cinéma : problèmes liés au réalisme et à l’effet de réalité, à la spécificité du médium, à la convergence des plateformes de diffusion et des médias, à l’esthétique, mais surtout à tout ce qui concerne le dispositif. Nous avons donc voulu donner une suite et une nouvelle vie à cet événement en demandant à certains auteurs de faire un retour sur les sujets abordés lors du colloque, mais au moyen d’arguments plus étoffés que ne le permet une communication. Du coup, les douze articles produits pour RS/SI se trouvent enrichis des nombreux échanges, débats et discussions souvent passionnés auxquels cet événement mémorable a donné lieu. Parmi les sujets les plus chaudement débattus lors du colloque, on trouve la question du dispositif. Il était donc normal d’y revenir ici, d’y insister même. Plus de la moitié des articles réunis se penchent donc sur cette notion pas toujours facile à saisir, d’autant qu’elle engage des traditions de recherche et de pensée différentes selon qu’on l’envisage depuis l’Europe continentale ou depuis les terres anglo-saxonnes. Afin de bien cerner les problèmes de définition qui concernent le “dispositif”, le volume s’ouvre sur un important travail philologique de Frank Kessler, qui expose les difficultés de traduction du terme avant d’examiner deux sources de son usage en études cinématographiques, soit l’oeuvre de Michel Foucault et celle du tel-quellien Jean-Louis Baudry. Cet examen conduit Kessler à vouloir remettre la notion de dispositif sur la ligne du temps, en “historicis[ant] la relation qui se tisse entre une technologie, une forme filmique avec son mode d’adresse et le positionnement du spectateur qui en résulte” (23), et à adopter à son égard une perspective pragmatique qui l’amène à se demander : “que se produit-il lorsqu’on considère la configuration x comme un dispositif?”. L’auteur évalue dans la suite de l’article les conséquences de cette perspective sur les discussions concernant les transformations ...

Appendices

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