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98.Plus d’information
La peur du fou est, sans doute, aussi vieille que le monde. Elle a donné naissance à nos institutions et à nos idéologies. Longtemps on a cru que le fou avait quelque chose de plus que les autres, qu'il était un voyant, un prophète, un possédé. Aujourd'hui, nous avons plutôt tendance à le considérer comme quelqu'un à qui il manque quelque chose, comme la victime d'une déficience de la « fonction symbolique », du « narcissisme », de « l'espace transitionnel », autant de termes savants qui rejoignent une intuition populaire : il lui manque « une vis », « une case ». Mais qu'il soit déficient ou hypertrophié, le fou fait peur. D'où les pratiques d'enfermement et de ségrégation à son égard. J'aimerais m'interroger ici sur les manifestations de cette peur au sein des équipes de psychiatrie communautaire, c'est-à-dire parmi ceux qui essaient de vivre leur rencontre avec le psychotique sans le filet protecteur de la mise à l'écart que constitue toute institution peu ou pro asilaire.
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99.Plus d’information
Dans cet article, je présente une objection non standard à l'impartialisme moral. Ma thèse est que l'impartialisme est douteux lorsqu'il admet un principe que nous avons des raisons de rejeter : le principe de la symétrie soi-autre. Selon la version utilitariste de ce principe, les bienfaits et les torts faits à l'agent sont d'exactement la même importance à l'évaluation globale du bien d'une action que les bienfaits ou les torts faits à tout autre agent. Mais cette théorie s'harmonise mal avec le « principe de non-nuisance » qui insiste sur la différence entre un tort fait à autrui et à soi-même. Selon la version déontologique, nous avons des devoirs moraux envers nousmêmes exactement symétriques à nos devoirs envers autrui. Mais il y a des raisons de croire que l'idée d'un devoir envers soi-même n'est pas cohérente.