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93.Plus d’information
Cet article se propose de définir formellement l'« hétéroréflexivité », notion issue de la nécessité de repenser la réflexivité dans le livre auto-illustré dont il s'agit de tester le caractère opératoire en l'appliquant à la bande dessinée et au roman graphique. Au-delà des seuls phénomènes d'intermédialité, et loin de répondre à l'apparente redondance de l'« autoréflexivité », ces supports mixtes ne donnent pas toujours lieu à un geste réflexif unifié, mais à une série de retours sur soi et sur l'oeuvre qui manifestent une discontinuité réflexive, l'oeuvre mixte étant modélisée à partir d'un système qui lui est hétérogène bien qu'elle en fasse partie ou qu'il fasse partie d'elle.
Mots-clés : Réflexivité, intermédialité, illustration, bande dessinée, roman graphique, Reflexivity, Intermediality, Illustrated Book, Comic Book, Graphic Novel
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94.Plus d’information
Cet article a pour objectif de réfléchir au rôle que peut jouer la constitution d'un corpus numérique dans le processus de patrimonialisation de la bande dessinée québécoise (BDQ), et ce, sur les plans littéraire, culturel et linguistique. Nous considérons que la BD québécoise mérite une double réflexion concernant sa valeur patrimoniale. D'une part, compte tenu de la place qu'elle s'est taillée dans le domaine littéraire québécois, la BD québécoise nécessite un regard critique sur les pratiques de conservation qui faciliteront la recherche sur ce genre littéraire ; d'autre part, la BDQ possède une mémoire dont l'étendue dépasse les frontières du médium pour atteindre des lieux, des objets culturels, des pratiques sociales, des usages langagiers d'intérêt pour l'histoire du Québec. Autrement dit, la bande dessinée québécoise se souvient d'autre chose que d'elle-même. Ce sont ces deux rapports au patrimoine – la bande dessinée en tant qu'objet patrimonial, d'une part, et comme agent de patrimonialisation, d'autre part – que nous explorerons. Nous prendrons à témoin quelques albums qui ont été versés au corpus Ébullition, actuellement en préparation à l'Université de Sherbrooke dans le but de faciliter la recherche sur la production bédéique québécoise.
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99.Plus d’information
Les Atikamekw Nehirowisiwok transmettent de génération en génération leurs récits de création, les kitci atisokan. Transcrits, ceux-ci trouvent de nouveaux lectorats, souvent universitaires, parfois grand public, mais aussi parmi les membres de la nation dont ils sont issus. Cet article s'intéresse à un cas particulier, celui du conteur Basile Awashish d'Opitciwan. Le Centre d'amitié autochtone de La Tuque a inclus des récits d'Awashish dans quelques fascicules au début des années 1980, participant ainsi à une réappropriation par les Atikamekw d'éléments de culture qui peuvent circuler tantôt entre nations autochtones, tantôt, en fragments, dans la culture coloniale. Parallèlement, une maison d'édition montréalaise publie en 1982, dans une logique de diffusion des cultures autochtones, une bande dessinée attribuée à Awashish sous le titre de Carcajou, le glouton fripon. Le travail de réappropriation des récits traditionnels prend ainsi différentes formes, réappropriation de récits colligés par les ethnologues et réappropriation de la langue coloniale comme espace de dissémination culturelle.
Mots-clés : Publications communautaires, récits traditionnels, bande dessinée, Autochtones, décolonisation, Community publications, traditional stories, comic book, Indigenous peoples, decolonization