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482.Plus d’information
Si l'on remonte aux sources graphiques de ce que Hoberman a appelé le modernisme vulgaire, l'influence du Tristram Shandy de Sterne sur les premiers albums de Cham et Gustave Doré apparaît déterminante à l'âge romantique. Durant les années 1840 et 1850, en effet, ces deux auteurs ont pris le relais des histoires en images de Töpffer en y introduisant des facéties réflexives typiquement sterniennes.Tout en identifiant les facteurs qui ont contribué à inscrire durablement cet esprit de réflexivité ludique dans la tradition de dessin humoristique (jusqu'aux comics du 20e siècle), nous essayerons de comprendre pourquoi l'on ne trouve aucune trace apparente de ce genre de jeux dans les histoires de « l'inventeur de la bande dessinée », alors que Töpffer lui-même était un grand lecteur de Sterne.
Mots-clés : Modernisme vulgaire, Rodolphe Töpffer, Cham, Gustave Doré, Laurence Sterne, Tristram Shandy, Vulgar Modernism, Rodolphe Töpffer, Cham, Gustave Doré, Laurence Sterne, Tristram Shandy
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484.Plus d’information
Depuis leur apparition dans les années 1930, les comic books américains se présentent comme des œuvres collectives sur lesquelles travaillent à relais un nombre variable d’intervenants : le scénariste, le dessinateur, l’encreur, le coloriste, le lettreur et l’éditeur, principalement. Imposée par le rythme de publication (généralement mensuel) de ces imprimés fasciculaires, la création en équipe devient alors un gage de productivité. Ayant prouvé son efficacité, cette méthode de travail est aussi adoptée par la majorité des producteurs québécois qui se lancent dans l’édition de comic books à partir des années 1980. Or, dans ces cas, la collaboration dépasse parfois le partage du travail entre les créateurs à l’emploi d’une même maison d’édition. En effet, le péritexte des œuvres et la correspondance des éditeurs indiquent qu’un esprit de collégialité unit les producteurs rivaux, qui échangent idées et conseils au sujet de leurs séries respectives. Ce faisant, ils contribuent indirectement au contenu des comics publiés par leurs compétiteurs. Cela dit, on peut s’interroger quant aux motifs donnant lieu à cette entraide. De l’amitié entre collègues à l’opportunisme commercial, quels sont les enjeux propres au champ des comics québécois que révèle cette apparente fraternité ? Quelles sont les conditions favorisant les échanges de services entre éditeurs, scénaristes et illustrateurs ? Bref, comment s’explique la collaboration entre producteurs concurrents évoluant au sein d’un même marché? Cet article répondra à ces questions afin de mieux éclairer la dimension sociale liée à la production de comic books sériels au Québec et au Canada. Il révèlera que la collaboration entre agents évoluant dans le champ des comics québécois (et parfois dans les champs canadien-anglais et américain) vise à consolider la place occupée par les éditeurs indépendants dans le milieu restreint qu’ils tentent d’investir. La fraternité qui les réunit est bienvenue et nécessaire dans la mesure où elle encourage des relations d’ordre transactionnel plutôt que conflictuel, transformant des concurrents potentiels en instances publicitaires ou légitimantes, voire en partenaires créatifs. Une alliance se crée, de telle sorte que tous tirent profit d’une collégialité faisant office de défense contre la domination du marché par les géants de l’édition de comic books.
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486.Plus d’information
Cet article s'intéresse aux nombreuses adaptations en bandes dessinées de La divine comédie de Dante Alighieri parues en Italie et dans plusieurs pays (France, Pays-Bas, Allemagne, États-Unis, Japon) aux xxe et xxie siècles. Ce phénomène majeur d'un univers médiatique en pleine expansion – le « Dante pop » – est interprété selon deux approches théoriques complémentaires. D'une part, les critères régissant le détournement parodique selon la pensée structuraliste (Genette, Kristeva, Hutcheon) permettent de saisir les enjeux culturels soulevés par les reprises bédéiques italiennes ; d'autre part, les réflexions menées autour des notions de transculturalité (De Toro) et de transmédialité (Rajewsky) mettent en valeur quelques tendances communes aux bandes dessinées inspirées de L'enfer de Dante et diffusées sur le marché éditorial français, telles que les processus d'actualisation des personnages, les trames narratives promues par l'industrie culturelle, l'évolution transnationale de la signification attribuée à l'adjectif « dantesque ».
Mots-clés : Dante Alighieri, La Divine comédie, L'enfer, adaptations en bande dessinée, intertextualité, intermédialité, transmédialité, Dante Alighieri, Dante's studies, The Divine Comedy, Hell, comic book adaptations, intertextuality, intermedia studies, transmedia studies
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