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1221.Plus d’information
L'autobiographie fictive Les manuscrits de Pauline Archange (1968-1970) de Marie-Claire Blais et la chronique familiale La maison aux esprits (traduction française de La casa de los espíritus , 1982) d'Isabel Allende se situent, malgré leur facture différente, à un point de rupture de l'ordre socio-politique du pays d'origine de leurs auteures respectives. Dans cet article, nous cherchons à distinguer et à mettre en rapport diverses stratégies narratives et discursives adoptées par ces deux femmes écrivains pour inscrire, tout en s'en distançant, le contexte social et politique tel qu'il est ordonné par la famille, l'État, l'Éducation et la Religion, les instances qui, par le discours de la raison, concourent à façonner l'individu social.
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1222.Plus d’information
En s'appuyant sur l'esthétique et l'éthique du normatif (Hamon), c'est-à-dire sur les rapports à la fois génétiques et polémiques entre le poétique et le politique, l'article montre comment le roman africain, par la scénarisation des procès fictifs, entame la forteresse d'une Tradition asservissante et disqualifie le pouvoir politique dictatorial dont l'arme première consiste à " rogner les ailes de la justice " dans toutes ses acceptions (U'Tam'si). Par des revirements spectaculaires où les juges, quand ils ne fuient pas, se retrouvent sur le banc des accusés, les deux romans abordés, Les cancrelats de Tchicaya U'Tam'si et Giambatista Viko ou le viol du discours africain de Mbwil a Mpang Ngal amorcent un projet démocratique dont les contours restent cependant incertains et précaires.
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1223.Plus d’information
RésuméLa prédilection de Sand pour le personnage de sang-froid remonte à son choix, non seulement d'un pseudonyme masculin, mais aussi d'une identité masculine. Maîtriser ses passions, vertu virile à ses yeux, permet de dominer l'autre, et le personnage sandien, surtout s'il est femme, aspire avant tout à dominer. La théorie du désir mimétique élaborée par René Girard s'avère particulièrement appropriée à l'étude de cette figure hautaine, obsédée par l'imitation du modèle aristocratique que lui offre le héros cornélien, jusqu'à ce que la romancière découvre, avec Lélia, que cette rivalité mimétique ne mène qu'à la folie et à la mort. La conversion de Sand au socialisme évangélique l'engage alors à créer, avec Consuelo, un nouveau type de personnage, le personnage bon, au coeur maternel, inspiré par l'imitation du Christ. Mais ce nouveau personnage ne parvient pas à abjurer la volonté de puissance de son prédécesseur, de sorte que le personnage de sang-froid qui, de son côté, refuse de disparaître, pourrait bien être en fin de compte le personnage sandien par excellence, d'autant qu'il incarne les caractéristiques majeures du roman sandien, notamment son intellectualisme et sa facticité.
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1224.Plus d’information
RésuméLes historiens-nes du Québec ont dupuis longtemps reconnu l'importance de la famille patriarchate et du rôle de la femme comme mère au foyer. On a cependant accordé peu d'attention au sort de celles qui défiaient les normes culturelles et convoient en dehors les liens de mariage. Selon l'idéologie religieuse de l'époque, ces personnes minaient l'ordre social et, par leur transgression, jetaient la honte sur elle-même et sur leur famille. Certaines solutions furent adoptées pour faire face au problème des mères célibataires: le recours aux maternités privées, l'exil chez parents ou amis-es éloignés, parfois l'avorlement, ou les oeuvres de charité ou la soumission à leurs soins et à leur contrôle. Au Québec, pendant les années 1930, quelque 20 pour cent des naissances qu'on appelait illégitimes eurent lieu à l'Hôpital de la Miséricorde dont les dossiers détaillés sur les patientes constituent les sources privilégiées du présent article.Les contemporains percevaient la vocation de la femme laique soit comme mère à l'intérieur du mariage, soit comme prostituée. Les mères célibataires n'avaient pas de place dans cette vision polarisée du rôle des femmes. Elles ne pouvaient, par con- séquent, se réintégrer à la société qu'en cachant leur condition. Dans cette perspective, l'Hôpital offrait un service tant à la société, qui cherchait à dissimuler les écarts de comportement, qu aux femmes concernées.Les dossiers révèlent que les candidates à Vadmission étaient presqu'uniquement des Canadiennes-française catholiques. Souvent orphelines, elles étaient généralement jeunes (60 pour cent avaient entre 18 et 20 ans), étaient domestiques (47 pour cent) ou vivaient à la maison (31 pour cent) et souffraient souvent de problèmes de santé. A leur entrée, elles adoptaient une nouvelle identité, leurs pseudonymes reflétant parfois la honte qu'elles devaient subir. Les règlements de l'Hôpital accentuaient leur isolement: on ri encourageait pas les visites, le courrier était censuré, et les patientes étaient largement privées de contact avec le monde extérieur.Si les agences sociales encourageaient les mères célibataires à garder leur enfant, elles ne pouvaient choisir son nom et seulement 14.6 pour cent quittaient l'Hôpital avec leur enfant. Après l'accouchement, les paturiennes jouissaient de deux semaines de con- valescence après quoi, si elles ne pouvaient s'acquitter de leur compte envers l'institution - ce qui était le cas de la majorité de celles qui accouchaient à la Miséricorde - elles entreprenaient six mois de service à l'Hôpital. Pendant cette période de résidence, elles étaient traitées comme des mineures, parfois comme des criminelles, toujours comme des pécheresses repentantes. Certaines poursuivaient l'expiation de leur faute en devenant membre de la communauté religieuse, d'autres demeuraient dans l'institution au- delà de la période prévue.La majorité des enfants demeuraient à la charge des institutions et 37.7 pour cent mourraient avant leur premier anniversaire, le plus souvent de maladies contagieuses. Les religieuses et les mères accueillaient habituellement ces décès comme une bénédiction.Malgré V importance essentielle de trouver un assile pendant leur progresse, certaines patientes se soumettaient difficilement aux conditions qui leur étaient faites. Plusiers réaggissaient soit par une résistance passive soit par des actes de rébellion. Quelques unes épousaient le père de l'enfant mais la plupart devaient subir les conséquences de leur grossesse.
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1225.Plus d’information
L'auteur, après avoir tenté d'établir à quel moment Richard Strauss commence son travail sur Salome, fait un inventaire des sources manuscrites de l'opéra. Puis il se concentre sur un exemplaire de la première édition de la traduction allemande de la pièce d'Oscar Wilde ayant appartenu au compositeur et qui contient de nombreuses annotations musicales. Une classification et une description de celles-ci sont suivies de l'analyse détaillée du premier stade de conception de deux passages clés de Salome.
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1226.Plus d’information
L'acte de kénose décrit dans le Carmen Christi (Ph 2,6-11) a été maintes fois et correctement présenté comme une attitude ou une disposition spirituelle assumée par Jésus Christ quand il a accepté de mourir plutôt que d'avoir recours à la violence. De ces exégètes qui ont récemment attiré l'attention sur le caractère politique du langage de l'hymne, au moins deux (Oakes en 2005 et Heen, en 2004) détectent dans sa formulation une critique implicite du pouvoir violent qui fondait et soutenait l'Empire romain. L'auteur du présent article s'inscrit sur cette même trajectoire : il propose une interprétation de Ph 2,6-11 comme l'expression de la théopolitique qui informait la vie commune des ekklēsiai qui déclaraient que Jésus était seigneur. Dans ce passage, l'Église naissante projette une utopie féconde qui prévoit pour le faible un monde formé à l'image de celui qui renonçait aux honneurs divins si convoités de l'élite romaine. Tout en reconnaissant les implications politiques (sociales et matérielles) du message symbolique véhiculé en Ph 2, l'auteur soutient que l'Église qui chantait cet hymne devait voir son destin non seulement dans un monde (terrestre) plus juste, mais ultimement dans un royaume céleste où le Christ régnerait comme un seigneur au service de tous.
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